Création d'un programme d’entrepreneuriat inédit pour les détenteurs de doctorat

Publié le 19/05/2021 à 07:30

Création d'un programme d’entrepreneuriat inédit pour les détenteurs de doctorat

Publié le 19/05/2021 à 07:30

Par Emmanuel Martinez

«Certains vivent beaucoup d’instabilité économique et ils ont peur de sauter dans un projet, donc c’est pour cette raison qu’on offre une allocation», a détaillé  la directrice du Studio V1 Diana Horqque Ratto. (Photo: courtoisie)

Un programme d’entrepreneuriat unique au pays destiné aux détenteurs de doctorat en science voit le jour à Montréal, a appris Les Affaires.

Né d’une collaboration entre l’Université Concordia, le centre d’innovation District 3 et le Studio V1, le Programme de création d’entreprise scientifique fournira une allocation financière, des ressources matérielles et du mentorat aux docteurs qui veulent établir une start-up de haute technologie.

«C’est le premier programme du genre au Canada. On s’est inspiré d’un projet similaire à l’Université Cornell aux États-Unis», a expliqué la vice-présidente intérimaire pour la recherche et les études supérieures de l’Université Concordia, Paula Wood-Adams, en entrevue téléphonique.

De la théorie à la pratique

Cette initiative vise à faire mousser ici des idées innovantes. Le directeur général de District 3 Xavier-Henri Hervé déplore que pour un nombre similaire de détenteurs de doctorat à Boston, Montréal en ait dix fois moins qui choisissent de fonder leur entreprise pour commercialiser leurs idées.

«Au Québec, les scientifiques n’étaient pas programmés pour l’entrepreneuriat. Ils allaient soit en recherche, soit en entreprise. On s’est dit qu’il fallait répondre à leurs besoins pour qu’ils puissent se lancer», a-t-il précisé en entrevue.

Le patron de District 3 cite le manque de temps, de compétences et d’encadrement pour expliquer la frilosité des chercheurs à tenter l’aventure entrepreneuriale.

«Certains vivent beaucoup d’instabilité économique et ils ont peur de sauter dans un projet, donc c’est pour cette raison qu’on offre une allocation», a détaillé  la directrice du Studio V1 Diana Horqque Ratto.

«Ces docteurs ont aussi besoin d’accès à des installations comme un laboratoire et à des ressources académiques qui peuvent être offertes par Concordia, a-t-elle ajouté. Au niveau humain, ils ont besoin d’acquérir du leadership et d’être guidés par des gens qui connaissent les affaires. District 3 peut donc leur fournir du mentorat et des formations dont ils ont besoin. Des contacts avec des investisseurs sont également possibles.»

Ailleurs au Canada

Ces titulaires de doctorat depuis moins de cinq ans peuvent postuler pour ce programme montréalais. Ils doivent venir s’installer ici et avoir l’intention d’incorporer leur entreprise au Québec.

Les candidats retenus pourront ainsi être épaulés durant deux ans. Un des critères importants pour être choisi, c’est d’avoir des idées qui sont assez mures pour faire l’objet de prototype et qui peuvent être commercialisées dans un futur pas trop lointain.

À noter, les participants conserveront tous leurs droits sur la propriété intellectuelle touchant leur produit ou leur processus.

L’objectif du programme qui commence ce mois-ci est de s’étendre partout au pays pour créer de nouveaux ponts entre l’université et le milieu des affaires.

«On transforme la culture universitaire avec ce projet. On va pousser nos chercheurs à se lancer dans la recherche de solution, ce qui est le domaine de l’entreprise. On passe de la publication à l’action», a précisé Xavier-Henri Hervé.

D’ici un an, une dizaine de scientifiques souhaitant devenir entrepreneurs devraient avoir été recrutés dans le cadre de cette initiative et l’objectif est d’avoir réussi à tripler ce nombre en 2024.

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