"Comment j'ai financé mon entreprise par le Web"

Publié le 24/09/2011 à 00:00, mis à jour le 30/09/2011 à 14:52

"Comment j'ai financé mon entreprise par le Web"

Publié le 24/09/2011 à 00:00, mis à jour le 30/09/2011 à 14:52

Par Les Affaires

Alexandre Masse, président fondateur et designer d'Erlik, une entreprise de lunettes qui vient tout juste de fusionner avec le distributeur Prisme Optique, de Blainville, a utilisé ce printemps Kickstarter.com. Il s'agit d'une plateforme de financement en ligne par la foule, une pionnière dans le genre. Le produit mis en ligne doit être innovateur et créatif. Les contributions se font en échange d'un produit, d'un service ou d'un don.

"J'avais besoin de financement pour lancer une collection de lunettes d'ordonnance et j'ai eu l'idée de tenter le coup sur Kickstarter. Je suis en affaires depuis 2005 dans le volet R-D, et j'ai commencé à vendre mes produits il y a quatre ans. Mais jusqu'à maintenant, je ne fabriquais que des lunettes de soleil.

J'évolue dans une industrie de pointe, qui utilise une technologie dernier cri, et ça engendre des coûts importants. C'est un marché de fou ! Nous avons mis au point une technologie de charnière brevetée qui utilise un élastomère, une sorte de caoutchouc synthétique... Les branches sont interchangeables et pratiquement incassables. Mais nos coûts sont importants : nos lunettes sont conçues à Montréal et fabriquées dans le nord de l'Italie, dans une usine familiale à Varèse, à une heure de Milan, qui compte parmi les meilleurs fabricants. Tout comme le fabricant allemand de lentilles Carl Zeiss, reconnu mondialement, avec qui on a signé une entente en février pour qu'ils livrent leurs lentilles à l'usine italienne.

Je suis dans le haut de gamme, mais encore petit. Kickstarter me permettait donc d'aller chercher des fonds pour continuer de peaufiner ma technologie.

Les contributions reçues ont varié de 5 à 600 $. À 5 $, c'était carrément un don. À 75 $, j'offrais en retour une paire de lunettes en plastique d'une valeur de 250 $ en magasin. Les offres se bonifiaient à mesure que les montants augmentaient et, à 600 $, j'offrais un lot qui valait 1 250 $ et comprenait deux paires de lunettes.

Pour les trois mois alloués aux campagnes sur Kickstarter, je comptais recueillir 18 000 $. J'ai terminé avec 25 000 $. Il m'en reste environ la moitié dans les poches. Je suis très content. Parmi les projets, à peine 5 % réussissent à dépasser la somme de 15 000 $. La grande majorité récolte de 2 000 à 3 000 $.

Au-delà de la somme amassée, la plateforme permet de faire connaître son produit par l'intermédiaire d'une vidéo promotionnelle. La nôtre a été vue par des milliers de personnes partout dans le monde qui, même si elles n'ont pas acheté sur le coup, connaissent maintenant la marque Erlik. On a aussi beaucoup utilisé les médias sociaux dans le cadre de cette campagne, notamment Twitter et Facebook. La vidéo n'y a pas été assez vue à mon goût, mais on a quand même obtenu 900 "j'aime" sur Facebook...

Cela dit, avant de se lancer dans l'aventure Kickstarter, il faut vraiment bien ficeler son projet et travailler fort pour le pousser. Il faut savoir se démarquer, car il y a plus d'un millier de projets à la fois. Kickstarter offre la plateforme, mais ne t'aide pas. Il faut avoir un plan. Pour moi, ce que j'allais faire là était très clair dans ma tête..."

Propos recueillis par Martine Turenne


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