Le quai multiusager de Sept-Îles sera bientôt en service


Édition du 18 Juin 2016

Le quai multiusager de Sept-Îles sera bientôt en service


Édition du 18 Juin 2016

Par François Normand

Le quai en eau profonde, qui a coûté 220 millions de dollars, n’a pas encore servi depuis sa livraison en octobre 2015.

Malgré la morosité du marché du fer, les décideurs de Sept-Îles sont optimistes. Le quai multiusager devrait y entreprendre bientôt ses activités, un signe que la conjoncture s'améliore.

«On va commencer à utiliser le quai dans les prochains mois», affirme le pdg du Port de Sept-Îles, Pierre D. Gagnon, en entretien avec Les Affaires. Nous l'interrogeons sur le fait que ce quai, qui a coûté 220 millions de dollars, n'avait jamais servi depuis sa livraison en octobre 2015, la chute du prix du fer ayant fait mal à plusieurs producteurs qui ont ralenti leurs activités.

Ce nouveau quai en eau profonde est un partenariat public-privé. Ottawa et le Port de Sept-Îles ont investi chacun 55 M$. Le reste des fonds vient de cinq futurs utilisateurs du quai : New Millennium Iron (38,4 M$), Champion Iron Ore (25,6 M$), Alderon Iron Ore (20,5 M$), Labrador Iron Mines (12,8 M$) et Tata Steel (12,8 M$). Doté d'une capacité annuelle de 50 millions de tonnes, ce quai permet d'accueillir de plus grands navires, les Chinamax. Ceux-ci peuvent transporter jusqu'à 300 000 tonnes de minerai de fer, ce qui améliorera la compétitivité du fer canadien sur les marchés mondiaux.

Selon M. Gagnon, Tata Steel sera la première société minière à utiliser le quai. Au moment de mettre sous presse, il n'a pas été possible de confirmer cette information auprès de l'entreprise.

Construit à une époque où le prix du minerai de fer était très élevé (il a atteint un sommet de 187 $ US la tonne en février 2011), le quai multiusager a été terminé l'an dernier dans un creux de cycle. En mai 2016, le fer s'échangeait à environ 55 $ US la tonne.

Or, cette infrastructure a été conçue principalement pour exporter le fer extrait de la fosse du Labrador. Et même si les prix ont remonté ces derniers mois, il ne faut pas s'attendre à ce que les cours explosent à moyen terme, selon Yves Martin, directeur général, groupe solutions de gestion des risques, à la Financière Banque Nationale.

La croissance mondiale a ralenti, notamment en Chine. De plus, pour maintenir leur rentabilité, plusieurs minières dans le monde ont augmenté leur production de fer, ce qui accroît l'offre et empêche les prix de rebondir.

Un éléphant blanc ?

Dans ce contexte, la question se pose : le quai multiusager de Sept-Îles servira-t-il un jour au maximum de sa capacité ? Risque-t-il de devenir un éléphant blanc ?

Marc-Urbain Proulx, professeur d'économie à l'Université du Québec à Chicoutimi, salue la décision d'avoir construit cette infrastructure. «C'est une bonne stratégie de réfléchir aux infrastructures de demain», dit-il.

Cependant, il rappelle que le Québec s'est déjà doté d'infrastructures qui sont devenues des «éléphants blancs», comme l'aéroport de Mirabel, le parc industriel et portuaire de Bécancour (occupé à environ 40 %) et le port en eau profonde de Cacouna, qui est peu utilisé.

«Non, nous ne sommes pas inquiets, dit Marc Brouillette, président de la Chambre de commerce de Sept-Îles. Mais c'est sûr que ce n'est pas le portrait [les conditions du marché] qu'on aimerait voir.»

Selon lui, la Côte-Nord n'a pas le choix de se doter d'infrastructures pour assurer sa prospérité à long terme. «Il faut des infrastructures pour attirer des entreprises d'envergure.»

Il rappelle que la région de Sept-Îles a appris de son échec à attirer l'aciériste autrichien Voestalpine, il y a quelques années. Comme la Côte-Nord n'est pas approvisionnée en gaz naturel, la société a finalement implanté son projet de transformation de minerai de fer au Texas.

Marc Brouillette souligne aussi que la région de Sept-Îles a été visionnaire en réalisant le quai de La Relance, à Pointe-Noire, en 1985. «C'est cette infrastructure qui a permis l'implantation d'Aluminerie Alouette», dit-il. Son implantation a été annoncée en 1989, et la production a commencé en 1992.

Sylvain Larivière, directeur général de Développpement économique Sept-Îles, est optimiste, anticipant même une remontée des prix dans les prochaines années. «La situation devrait s'améliorer en 2017-2018. Nous serons prêts !» affirme-t-il.

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