Bruno Rodi veut faire de Bixi une Bombardier sur deux roues


Édition du 06 Septembre 2014

Bruno Rodi veut faire de Bixi une Bombardier sur deux roues


Édition du 06 Septembre 2014

« Nous sommes présentement sur quatre continents et, d’ici deux ans, nous serons aussi en Asie », prévoit Bruno Rodi, de PBSC Urban Solutions.

Il y a des entrepreneurs qui hésitent à dévoiler leurs objectifs à moyen ou à long terme, de peur de ne pas pouvoir les atteindre. Ce n'est certainement pas le cas de Bruno Rodi, qui voit grand pour les activités internationales de Bixi, qu'il a rachetées du syndic en avril dernier pour la somme de 4 millions de dollars.

«Si je comprends bien, vous voulez faire de Bixi une petite Bombardier sur deux roues», lui avons-nous demandé, alors que notre entrevue à ses bureaux de Longueuil était déjà bien entamée. «Petite ?» réplique le chaleureux homme d'affaires.

Ce printemps, Bruno Rodi a acquis tous les droits de Bixi à l'international, réunis sous le vocable PBSC Urban Solutions (Public Bike System Company), qui emploie actuellement 25 personnes.

Quand la transaction a été rendue publique, des médias ont présenté l'entrepreneur comme le redresseur de Bixi, un qualificatif que le principal intéressé réfute. «Ces activités ont toujours été très rentables», assure-t-il.

Alors, pourquoi la Ville de Montréal, aux prises avec un important déficit de ses activités de vélo en libre-service, a-t-elle vendu le seul volet de ses activités qui soit rentable ? «Parce que la loi interdit à une municipalité de gérer une activité commerciale.»

Quant à savoir si la Ville de Montréal réussira à rentabiliser ses activités vélo, il est catégorique. «Jamais de la vie ! Aucune ville dans le monde ne réussira à rentabiliser cette activité. Pas plus que le métro ou le service d'autobus ne peut être rentable. Ce sont des services publics, ils ne sont pas faits pour générer des profits.»

Pourquoi est-il convaincu que lui réussira à rentabiliser ces activités ? «Ça n'a rien à voir : les métros ne font pas de profits, mais Bombardier, elle, en fait en vendant des voitures de métro. Je vends des vélos, je n'offre pas un service à la population. Et je peux vous dire qu'il y a une demande phénoménale pour mes vélos ; je reçois des appels de partout.»

Ce vélo est conçu par le designer industriel Michel Dallaire, qui vient d'ailleurs d'entrer au Musée de la civilisation de Québec, et fabriqué par Cycles Devinci, de Saguenay. Une véritable merveille, semble-t-il. «C'est la Rolls Royce des bicyclettes. Un des fleurons de l'ingéniosité québécoise», affirme M. Rodi.

PBSC a présentement 36 000 vélos en circulation : à New York, San Francisco, Toronto, Londres, Melbourne et dans plusieurs autres villes. En novembre prochain, 122 stations pour 1 276 vélos seront installées à Guadalajara, au Mexique.

En plus des stations, des vélos et de la technologie pour gérer le service, il y a un bon marché pour les pièces, un repeat business comme disent les Américains. «La ville de Londres m'a déjà commandé pour 3 M$ à 5 M$ de pièces pour 2015», précise M. Rodi.

Sans compter que Londres, qui compte 11 000 vélos en libre-service, en veut 25 000 en tout d'ici trois à cinq ans. San Francisco et Toronto souhaitent aussi agrandir leur parc de vélos.

«Nous sommes présentement sur quatre continents et, d'ici deux ans, nous serons aussi en Asie», prévoit M. Rodi. PBSC est présente au Canada, aux États-Unis, en Australie, au Royaume-Uni et bientôt au Mexique.

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