Montréal bat des records touristiques


Édition du 22 Juillet 2017

Montréal bat des records touristiques


Édition du 22 Juillet 2017

Par Laura O'Laughlin

Vous n'avez pas la berlue. Il y a beaucoup plus de touristes à Montréal qu'il n'y en avait auparavant. Au cours des 15 dernières années, la métropole québécoise a compté en moyenne deux visiteurs pour chaque résident du Grand Montréal.

Tout récemment, en 2016, l'achalandage a beaucoup crû, atteignant 2,49 visiteurs pour chaque Montréalais. Avec l'effet double du 375e anniversaire de Montréal et du 150e anniversaire du Canada, il y a fort à parier que Montréal connaîtra, en matière de tourisme, une année record en 2017.

Montréal n'est plus un secret bien gardé - sur la base de la métrique visites touristiques par habitant, nous sommes presque à égalité avec la ville de New York (2,52 visites touristiques par résident) et nous venons de dépasser Londres (2,32 visites touristiques par résident). Il suffit de faire une promenade rapide dans le Vieux-Port à n'importe quelle heure de la journée pour confirmer ce constat quantitatif avec une impression qualitative. Ainsi, il ne serait pas trop surprenant que Montréal prenne la première place parmi les grandes régions métropolitaines nord-américaines pour les visites touristiques en 2017.

Plus important encore, bien que la contribution du tourisme au PIB du Québec (2,5 %) soit à peu près similaire à celle des États-Unis, il y a beaucoup de place pour la croissance, sans toutefois devoir craindre une affluence étouffante à Montréal comme à Paris (4,1 visites touristiques par habitant en 2016) ou à Venise (7,7 visites touristiques par habitant en 2016). En revanche, le tourisme contribue pour 10 % au PIB de la France (numéro un mondial). Peut-être n'est-il pas fou de vouloir un peu plus pour notre ville...

Dans l'ensemble, la métropole fait bien les choses, en favorisant des interactions «intelligentes» qui répartissent les 3,3 milliards de bénéfices liés au tourisme à Montréal et un peu partout au Québec. La ville met également l'accent sur des événements hors saison qui augmentent les visites hors de la période estivale. Les nouvelles chambres d'hôtel - plus de 2 000 sont prévues pour la fin de 2018 - accroîtront le nombre de nuitées, encourageant ainsi une plus grande interaction avec l'économie locale. Les contrôles de loyers et les règlements sur les séjours de courte durée dans les maisons privées garantissent que l'engouement pour la métropole ne forcera pas les Montréalais à se déplacer. Les améliorations apportées au transport en commun et aux infrastructures devraient également être priorisées, ce qui permettrait à la ville de mieux gérer les tensions saisonnières liées au tourisme et de s'assurer que Montréal reste habitable tout au long de l'année pour ceux qui l'aiment.

Afin de contribuer positivement à l'expérience touristique, les Montréalais ne devraient pas se contenter de «partager» leur ville. Nous devrions faire plus, parce que la contribution économique du tourisme nous aide à construire du future-proofing pour l'économie. L'expérience du voyage ne peut pas être automatisée : une expérience touristique authentique repose sur les interactions humaines et les échanges culturels. Alors, pendant cette saison estivale, même si une touriste vous attaque avec un selfie-stick ou tente de vous écraser avec un BIXI sur le trottoir, pensez-y à deux fois avant de pousser un gros soupir. C'est beaucoup plus rentable à long terme d'accueillir les gens avec un «bonjour-hi !» prononcé d'une voix enjouée.

EXPERTE INVITÉE

Laura O'Laughlin est économiste principale au cabinet de consultation Groupe d'analyse. Elle est aussi fondatrice de l'Institut des générations, un organisme sans but lucratif qui s'intéresse à l'équité entre les générations.

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