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Davantage de Canadiens délaissent la télévision traditionnelle

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Davantage de Canadiens délaissent la télévision traditionnelle

De plus en plus de Canadiens délaissent la télévision traditionnelle pour s'abonner aux services de diffusion en continu, suggère un nouveau rapport. (Photo: La Presse Canadienne)

De plus en plus de Canadiens délaissent la télévision traditionnelle pour s’abonner aux services de diffusion en continu, suggère un nouveau rapport qui est publié au moment où le régulateur fédéral des télécommunications envisage d’imposer de nouvelles règles pour aider à uniformiser les règles du jeu dans ce secteur.

Dans son rapport annuel intitulé «Couch Potato», publié lundi, le groupe de recherche Convergence révèle que 42% des foyers canadiens n’avaient pas d’abonnement à la télévision auprès d’un fournisseur traditionnel à la fin de l’année dernière. Il prévoit que d’ici fin 2026, la moitié des ménages ne regarderont plus la télévision traditionnelle.

Parallèlement, le rapport indique que plus de 80% des foyers canadiens sont abonnés à un service de diffusion en continu, tandis que 70% des ménages sont abonnés à la fois à la télévision et à au moins une plateforme de diffusion en continu. 

L’an dernier, 2,6 % des abonnés à la télévision ont mis fin à leur contrat, ce qui a contribué au fait que les revenus générés par les fournisseurs de télévision ont diminué de 3% pour atteindre 7,2 milliards de dollars (G$) — une tendance qui, selon le rapport, se poursuivra jusqu’en 2026. 

Pendant ce temps, les revenus des plateformes de diffusion en continu liés aux abonnements canadiens ont augmenté de 14% en 2023 pour atteindre 3,73G$. Ils devraient atteindre 4,25G$ cette année.

«C’est certain que les plateformes comme Netflix, Amazon ou Apple sont et vont continuer d’être l’option de rechange pour les gens qui veulent se désabonner de la télévision traditionnelle», a souligné le président du groupe Convergence, Brahm Eiley.

«Ce sont vers elles que le contenu se déplace, ce sont elles qui attirent les gros investissements. Au bout du compte, elles sont en train de gagner la bataille.» 

Les services de diffusion en continu ont continué de gagner de terrain l’an dernier au Canada, même si leurs prix ont en moyenne augmenté de 12%, si l’on prend en compte les 10 plateformes les plus populaires.

Brahm Eiley a soulevé qu’il n’est pas surprenant de voir que la popularité de la diffusion en continu de croître, notant qu’il existe des dizaines d’options disponibles pour les Canadiens, si l’on tient compte des nombreux petits services qui offrent une programmation plus nichée. 

«Il ne faut pas penser seulement aux grands joueurs, il y a plein de plateformes qui se spécialisent dans un certain secteur: le sport, l’horreur, les films… il y a de tout», a-t-il rappelé.

 

Moins prononcé qu’aux États-Unis

L’an dernier, plusieurs plateformes ont ajouté à leur offre un forfait avec publicités, moins cher que leurs autres forfaits. Les Canadiens ont constaté qu’ils ont pu faire des économies «importantes» grâce à ces forfaits avec publicités, peut-on lire dans le rapport. En moyenne, les forfaits avec publicités coûtent 42 % moins cher. 

Par ailleurs, les ménages qui misent sur les services de diffusion en continu paient en moyenne pour 2,5 plateformes par foyer. 

Le groupe de recherche estime que seulement quatre ménages canadiens sur dix disposaient d’un abonnement à un fournisseur de télévision à la fin de 2023 — un chiffre qui, selon ses prévisions, diminuera à un quart d’ici 2026. 

Selon Brahm Eiley, l’abandon de la télévision traditionnelle au profit des plateformes de diffusion en continu se fait malgré tout moins rapidement au Canada qu’aux États-Unis.

Il a ajouté que l’immigration est l’une des raisons pour lesquelles le déclin a été moins prononcé au Canada.

«Ça a vraiment fait en sorte que tout ne s’est pas encore effondré pour la télévision», a-t-il affirmé.

 

Le CRTC interpellé 

Dans la foulée des difficultés vécues par les médias canadiens et de la plus grande place occupée par les services de diffusion en continu, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a été appelé à intervenir rapidement.

Le régulateur fédéral des télécommunications a tenu une audience de 15 jours à la fin de l’année dernière axée sur la modernisation du cadre réglementaire des radiodiffuseurs. 

Ces audiences se sont tenues en marge d’une consultation publique plus large qui donnait suite à l’adoption de la Loi sur la diffusion continue en ligne, qui a reçu la sanction royale en avril dernier. Cette loi vise à mettre à jour la législation fédérale pour obliger les plateformes numériques à contribuer et à promouvoir le contenu canadien.

L’une des options étudiées par le CRTC est d’imposer aux diffuseurs étrangers une contribution initiale au système de contenu canadien. Le régulateur a plaidé que cela pourrait créer un meilleur équilibre entre les plateformes de diffusion en continu et les médias canadiens qui, eux, ont déjà des obligations en matière de contenu canadien.

Les principaux diffuseurs canadiens, comme Rogers, Bell, Telus et Québecor, avaient exhorté le CRTC à modifier le cadre réglementaire pour tenir compte des abonnés et des revenus transférés vers les services de diffusion en continu étrangers.

De leur côté, les grandes plateformes ont fortement encouragé le régulateur fédéral à ne pas imposer de telles conditions. Netflix a par exemple soutenu que le CRTC devrait reconnaître le rôle qu’il joue déjà dans le financement de l’industrie canadienne de la radiodiffusion et rejeter les appels visant à exiger qu’il verse un paiement supplémentaire.

Le CRTC vise à rédiger et à mettre en œuvre son nouveau cadre réglementaire d’ici la fin de cette année.