Les caprices du dollar canadien

Publié le 02/02/2009 à 00:00

Les caprices du dollar canadien

Publié le 02/02/2009 à 00:00

Partant de 79 cents américains en milieu de semaine dernière, le dollar canadien s’est vu pousser des ailes qui l’ont mené à 82,30 cents américains mercredi dernier.

Signe d’un changement de tendance ? Non. Quand l’euphorie des financières s’est calmée, le dollar canadien est redescendu sur terre de concert avec le pétrole et les indices boursiers.

Ce n’est pas tant sur la devise canadienne mais sur la devise américaine que l’on constate des mouvements brusques, font remarquer les experts. Ainsi la grande volatilité du dollar canadien est le reflet inverse du sentiment du marché pour le dollar américain.

«Les investisseurs internationaux sont d’humeur changeante. Ils sont attirés par le dollar américain pour son attribut de valeur refuge, mais s’en méfient aussi au vu du niveau de dette et de l’inflation possible qui pourrait intervenir quand la reprise se produira», explique Guy Phaneuf, directeur des Instruments de dettes à la BMO.

Ces mouvements s’opposent et sont la source des caprices du marché, qui induisent une très grande volatilité dans les taux de change.

Quand la conjoncture aux États-Unis inquiète, le dollar américain s’affaiblit et le dollar canadien remonte. À l’inverse, quand c’est la conjoncture en Europe ou au Japon qui inquiète, les investisseurs tablent sur une reprise plus rapide aux États-Unis, où les mesures d’urgence sont prises plus tôt, dotant le pays d’une plus grande flexibilité.

Et cette volatilité semble là pour durer. Pour Dominique Brodeur, directeur principal du pupitre des devises à la Banque Nationale, le dollar canadien souffre de l’aversion au risque qui demeure présent sur les marchés.

«Le climat se prête davantage à vendre sur un rebond qu’à acheter sur une faiblesse», souligne-t-il.

Il n’exclut pas que la devise connaisse une nouvelle période de faiblesse qui la ramènerait aux alentours de 77 cents américains, ou encore une nouvelle hausse la portant au maximum à 83 cents américains.

À la BMO, on pense aussi que des baisses allant jusqu’à 77 cents pourraient intervenir en cours d’année, mais que le dollar canadien se transigera dans une fourchette de 80 à 83 cents américains au cours du mois prochain.

À surveiller bientôt.

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