La Banque Royale lève le voile sur son plan de développement au Québec


Édition du 14 Janvier 2017

La Banque Royale lève le voile sur son plan de développement au Québec


Édition du 14 Janvier 2017

Par Stéphane Rolland

Martin Thibodeau, président de la Direction du Québec chez RBC. [Photo : Alain Décarie]

Les employés de la Banque RBC peuvent pousser un soupir de soulagement. La première banque du pays remet à jour son modèle d'entreprise pour suivre les épargnants, qui délaissent les succursales traditionnelles. Ce changement ne passera pas par des licenciements massifs comme cela s'est fait chez ses concurrentes, assure Martin Thibodeau, qui dirige les activités de la Royale au Québec.

«On ne voit pas ça [NDLR : la nécessité de recourir aux mises à pied] à court terme, affirme le président de la Direction du Québec chez RBC. Quand je parle de court terme, je veux dire un horizon de trois ans. Les choses changent vite. Je n'ai pas une boule de cristal pour vous dire ce qu'il en sera dans 10 ans, mais nous sommes en bonne posture pour les années à venir.»

Cet optimisme tranche avec les stratégies mises en avant par d'autres institutions financières qui ont congédié des centaines d'employés afin de rediriger leurs dépenses vers les investissements technologiques. En septembre, la Banque Laurentienne a annoncé qu'elle abolirait 300 postes et fusionnerait 50 succursales. Le mois suivant, la Banque Nationale a annoncé l'abolition de près de 600 emplois et des changements de postes pour 300 autres employés (mutations et départs anticipés à la retraite).

La Royale peut-elle vraiment échapper aux décisions difficiles prises par ses concurrentes ? «Pour l'instant, nous avons été capables d'y échapper, répond M. Thibodeau. Nous voyons encore des perspectives de croissance suffisante pour changer le modèle grâce à l'attrition. Nous avons été prévoyants. Les institutions financières qui ont tardé à améliorer leur ratio d'efficacité n'ont pas eu le choix de faire des gestes plus extrêmes.»

Refonte du modèle

Les changements entrepris par M. Thibodeau depuis son entrée en poste en 2012 s'articulent autour de deux préoccupations : le service à la clientèle et le conseil pour réagir à la baisse d'achalandage de ses clients qui ont migré vers les services en ligne. Le dirigeant a supervisé l'implantation d'un nouveau concept de succursale où les conseillers n'ont plus de bureau attitré. Il a développé une équipe de représentants hypothécaires et de planificateurs financiers mobiles, qui rencontrent les clients à leur domicile.

En ce qui concerne les services aux petites et moyennes entreprises, la RBC mise sur la spécialisation de ses directeurs de compte. Dernièrement, elle a d'ailleurs fait une embauche dans le secteur agricole. «Quand vous avez un directeur de compte qui est spécialisé dans le secteur manufacturier ou le commerce de détail, par exemple, celui-ci comprend rapidement l'écosystème dans lequel évoluent ses clients. Il apporte une valeur ajoutée que les généralistes n'ont pas.»

La stratégie porte ses fruits, affirme le banquier. La Royale s'est donné l'objectif d'atteindre un actif de 100 milliards de dollars au Québec d'ici 2017. Au 31 octobre, celui-ci était de 96 G$. La cible est en voie d'être atteinte, selon lui. La banque est également plus productive. À 48 % lorsqu'il est entré en poste, le ratio d'efficacité s'est amélioré à 43,5 %. Autrement dit, il coûte 43,5 cents à RBC pour générer 1 $ de revenus au Québec plutôt que 48 cents.

Pas de fusion, mais...

La prochaine étape de la refonte est la création d'un nouvweau type de dirigeant au sein de la banque : le directeur de marchés locaux. Ce professionnel de niveau senior supervisera les directeurs de «trois à cinq» succursales dans le «voisinage». Ce changement hiérarchique ne veut pas dire qu'il y aura des fusions de succursales. Martin Thibodeau dit ne pas avoir de tel plan dans les cartons.

Le changement permettra cependant à ses boutiques de partager peut-être leurs employés, ou encore, même, de leur «donner plus d'heures». Ils pourront aussi développer une stratégie promotionnelle et philanthropique commune. «En regroupant, on se rendra compte qu'on peut être plus efficaces», prévoit-il.

La RBC veut embaucher une trentaine de directeurs de marchés locaux. Le projet de refonte commencera sur l'île de Montréal où les changements devraient être terminés d'ici la fin de 2017. En 2018, le projet s'étendra aux autres régions du Québec. Suivront les régions éloignées en 2019. «C'est sûr qu'à Rouyn-Noranda, Val-d'Or, Amos et La Sarre, il y a une grande distance entre chaque ville. On ne pourra pas faire les mêmes synergies. Mais à Montréal, on a plusieurs voisinages où il y a des synergies à réaliser.»

MARTIN THIBODEAU SUR... 

Les nouvelles règles hypothécaires

Ottawa a resserré les critères liés à l’endettement hypothécaire en octobre. Afin de s’assurer que les emprunteurs sont solvables, ils doivent désormais se qualifier à un taux plus élevé que le taux inscrit à leur contrat. Au moment d’écrire ces lignes, le taux pour le test de résistance (stress test) est de 4,64 %. Au même moment, le taux pour le prêt de cinq ans fixe, pour sa part, est de 2,44 %, selon les données du courtier hypothécaire Multi-Prêts. « C’est une bonne chose de s’assurer de limiter l’accès au crédit au cas où il y aurait une hausse des taux, ce qu’on ne voit pas à court terme, commente M. Thibodeau. Je pense que ce sont des règles prudentes, mais ça réduit le nombre d’occasions. »

Les risques que représente une hausse des taux

« Présentement, ce n’est pas significatif. Les taux hypothécaires varient de 2,5 % à 2,6 %. Nous sommes encore à un seuil historiquement bas. L’accès à la propriété au Québec et à Montréal, quand on le compare avec celui de Toronto, Vancouver ou Calgary, est encore très abordable. Nous avons encore beaucoup de place pour nous adapter à une hausse modeste des taux à long terme. »

L’endettement des ménages «

L’endettement des ménages est élevé, mais les revenus et la valeur des propriétés suivent en conséquence. Je regarde toujours le service de la dette et il est dans la norme. Au Québec, il n’y a pas eu de détérioration des pertes sur prêts cette année. Ça ne m’inquiète pas. C’est sûr qu’il faut donner les bons conseils aux clients pour les aider à épargner davantage en vue de leur retraite ou des études de leurs enfants. Dans une société où l’on surconsomme, rappeler la nécessité d’épargner est important. » 

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