Zoetis vole de ses propres ailes


Édition du 22 Février 2014

Zoetis vole de ses propres ailes


Édition du 22 Février 2014

Par Suzanne Dansereau

BONNUS WEB - En janvier 2013, le géant pharmaceutique Pfizer s’est séparé de sa division de santé animale et a créé Zoetis. Un an plus tard, le nouveau-né apprend à voler de ses propres ailes. Les Affaires s’est entretenu avec le président de sa division canadienne, Jair Garcia.

LES AFFAIRES – Quel a été l’élément le plus difficile de la transition ?

Jair Garcia – Créer à partir de zéro toutes les autres fonctions d’une entreprise : ressources humaines, comptabilité, logistique, distribution, contrôle de qualité, informatique... La clé était la planification. Nous avons mis un an à préparer cette séparation. En plus du soutien de Pfizer, nous sommes allés chercher de l’aide à l’extérieur. Lorsque la séparation a été annoncée, il ne restait qu’à exécuter le plan. Le grand défi consistait à éviter tout dérangement dans notre service à la clientèle. Ce qui a été le plus difficile, c’est le nombre d’heures qu’il a fallu y consacrer. C’était comme si on avait deux jobs en même temps ! Mais au Canada, nous avons réussi à augmenter notre chiffre d’affaires de 4 % malgré la transition, tandis que le marché n’a crû que de 2 %.

L.A. – Quels sont les avantages de ne plus être rattaché à Pfizer ?

J.G. – Nous n’avons qu’une mission : la santé animale. Notre prise de décision est plus rapide, de même que notre capacité d’adaptation aux besoins des clients. Les services que nous offrons sont plus personnalisés, car nous sommes plus proches de nos clients et nous formons mieux nos employés. Nos processus ont été simplifiés. Notre capacité de veille est aussi plus forte. Bref, nous sommes plus agiles et plus concentrés sur notre mission.

L.A. – D’où viendra la croissance de votre marché ?

J.G. – Des régions urbaines qui se développent. En ville, les gens ont des animaux de compagnie, surtout des chats. Partout où émerge une classe moyenne, le potentiel augmente pour nous. Au Brésil, en Inde et en Chine, le marché croît en moyenne de 15 % par année. Quant au marché aux bestiaux, il est aussi en croissance parce que la demande de viande augmente dans le monde. Nos produits permettent de rehausser la productivité animale. Cela dit, même si les pays émergents risquent d’offrir un meilleur potentiel de croissance, des marchés à maturité comme le Canada sont importants pour nous, car ils sont stables et le taux de médicalisation des animaux y est très élevé.

L.A. – Quelle est votre stratégie de croissance pour la division canadienne ?

J.G. – Ici, nos activités sont commerciales et nous faisons des tests cliniques avec les universités. Nous voulons approfondir nos relations avec les vétérinaires et continuer d’étendre notre offre. Notre médicament Apoquel, un traitement anti-démangeaisons pour les animaux de compagnie approuvé aux États-Unis, est en voie d’approbation au Canada. Nous croyons que cela peut être un blockbuster.

PROFIL

Nom de l’entreprise : Zoetis

Siège social : New Jersey, États-Unis

Nombre d’employés : 9 500, dont 165 au Canada

Chiffre d’affaires : 4,2 G$ US en 2012

Marché : 120 pays. On compte 440 millions d’animaux de compagnie dans le monde (220 M de chiens et autant de chats)

Sources : Zoetis, Pet Owners Association, Vetnosis, Freedonia Group

 

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