Un traitement du cancer financé aux États-Unis


Édition du 18 Juin 2016

Un traitement du cancer financé aux États-Unis


Édition du 18 Juin 2016

Par Benoîte Labrosse

[Photo : Shutterstock]

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Angiochem : la société de biotechnologie montréalaise doit rencontrer des représentants de la U.S. Food and Drug Administration (FDA) afin d'obtenir son feu vert pour entreprendre la troisième phase des essais cliniques de son ANG1005. L'objectif est de recevoir l'homologation de vente pour ce médicament destiné à traiter les femmes atteintes d'une forme de cancer du sein avec métastases au cerveau.

«L'ANG1005 est la combinaison de la molécule la plus utilisée dans le monde dans les chimiothérapies pour le cancer du sein - le paclitaxel - et de l'Angiopep, un peptide découvert par le professeur Richard Béliveau de l'UQAM, qui permet au produit de traverser la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau et empêche 95 % des médicaments qui sont aujourd'hui sur le marché d'y entrer», résume John Huss, président exécutif d'Angiochem depuis avril.

L'entreprise fondée en 2003 a démontré statistiquement que son médicament fonctionne. Elle a maintenant bon espoir de recevoir une réponse positive de la FDA d'ici la fin juillet, puis d'amorcer la phase 3 de son étude clinique au début de 2017. «La production du médicament et la manutention commerciale prendront au moins trois ans, donc nous pourrions être sur le marché aux États-Unis en 2020», estime M. Huss. Une course contre la montre. L'espérance de vie des femmes atteintes de ce type de tumeur est en moyenne de trois mois, et le traitement d'Angiochem pourrait la prolonger de façon substantielle.

«Neuf entreprises sur dix au Canada font faire leurs essais cliniques en passant par le processus américain, car la FDA est la norme partout dans le monde, note Martin Godbout, président du conseil d'administration de BIOQuébec. Il est possible de commencer au Canada, mais après la phase 2, je recommanderai d'aller aux États-Unis et de s'y chercher des partenaires.»

C'est ce qu'entend faire sous peu John Huss, même si cela le désole. «À Montréal, nous avons tout : des hôpitaux de pointe, des chercheurs et des étudiants, des organismes de recherche clinique, des experts de la propriété intellectuelle... Sauf qu'il nous manque la partie de la chaîne de financement nécessaire pour subventionner une phase 3, qui coûte très cher. C'est difficile d'aller chercher cet argent ici.»

Pour l'heure, la petite «société virtuelle» de cinq employés et de son président compte, entre autres, sur le financement de VIMAC Milestone Medica Fund - une société de capital-risque de Boston spécialisée dans les sciences de la vie -, de la société de valorisation de la recherche universitaire québécoise Aligo Innovation et d'une bonne dizaine d'anges québécois.

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