La FIQ dénonce les «déplacements obligatoires»

Publié le 15/02/2024 à 11:27, mis à jour le 15/02/2024 à 14:03

La FIQ dénonce les «déplacements obligatoires»

Publié le 15/02/2024 à 11:27, mis à jour le 15/02/2024 à 14:03

Par La Presse Canadienne

Québec affirme que les employeurs ont besoin de combler des quarts de travail pour dispenser les soins. Mais pour la FIQ, déplacer ainsi des infirmières équivaut à nier leur expertise et leur expérience. (Photo: La Presse Canadienne)

Derrière les demandes de «flexibilité» adressées à la FIQ par Québec se cachent des demandes de déplacements forcés d’infirmières, qu’on réaffecte de la psychiatrie à la chirurgie, de soins à domicile à l’unité des naissances. 

Ce sont deux exemples qu’a fait connaître la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), jeudi, au cours d’une conférence de presse à Montréal.

Le gouvernement du Québec dit vouloir obtenir plus de «flexibilité» de la part des infirmières, c’est−à−dire de pouvoir les déplacer d’unité de soins, voire d’établissement, selon les besoins.

Pour les infirmières, cela équivaut à les traiter comme des pions interchangeables, à ne pas reconnaître leur expertise et leur expérience.

Annabelle Beaudry, une infirmière qui travaille normalement dans une unité de psychiatrie, s’est fait demander d’aller faire un remplacement à l’unité de débordement en chirurgie, alors qu’il manquait déjà du personnel dans son unité en psychiatrie.

Elle a refusé, en affirmant qu’elle ne s’en sentait pas capable, qu’elle n’avait pas la formation suffisante pour ce faire, puisque la majorité de ses stages en chirurgie, durant la pandémie, avaient été annulés. Son employeur a insisté, a-t-elle relaté. Elle a réitéré son refus, en invoquant ses obligations face à son ordre professionnel. La direction a obligé une personne du quart de jour à demeurer sur place.

Une autre infirmière, Tracey Beaudoin, travaille en milieu communautaire, en petite enfance, en CLSC. L’an dernier, son employeur lui a demandé d’aller occasionnellement en néonatalogie pour prendre en charge des nouveau−nés de quelques heures et les mères qui viennent d’accoucher.

«Si cette patiente−là, elle complique, je ne sais pas quoi faire. Si cette patiente−là en vient à une hémorragie, je ne saurai pas quoi faire avec elle. Si on me dit: “fais le massage utérin”, j’ai vu ça en technique voilà bien des années, mais je ne saurai pas comment faire. Quand ça va mal, c’est pas le temps que ton infirmière soit là à chercher ses affaires et qu’elle ait l’air perdue» a illustré Mme Beaudoin.

«On ne verrait pas ça un chirurgien cardiaque aller faire un accouchement dans la salle d’à côté», a lancé la présidente de la FIQ, Julie Bouchard, à leurs côtés.

De tels cas ne sont pas rares, a soutenu Mme Bouchard. Et cela entraîne du stress, de l’anxiété, voire des retraites hâtives ou des démissions chez les infirmières, qui ne se sentent pas habilitées à exécuter les tâches demandées dans l’unité de soins désignée par l’employeur.

Lorsque des infirmières refusent de tels déplacements contre leur gré, elles peuvent être victimes d’avis disciplinaires, de suspensions d’un ou deux jours, rapporte Mme Bouchard. «Souvent les menaces sont mises à exécution.»

Mme Bouchard rapporte qu’au CIUSSS de la Maurice−Centre−du−Québec, où la pratique a été implantée en premier, il y a eu 200 démissions.

Cette question des déplacements obligatoires est au cœur du litige qui persiste entre la FIQ et le gouvernement du Québec, dans le cadre des négociations pour le renouvellement de la convention collective.

Publiquement, Québec affirme que ces déplacements seraient «volontaires» et que ce sont les syndicats qui s’y opposent. Mais Mme Bouchard répète que les déplacements volontaires sont déjà permis par les conventions collectives actuelles. C’est aux déplacements forcés que les infirmières s’opposent, insiste-t-elle.

La FIQ est toujours en conciliation et elle n’envisage pas de tenir d’autres journées de grève. Mais Mme Bouchard est catégorique: «si le déplacement obligatoire demeure sur la table, l’entente de principe, il n’y en aura pas».

Lia Lévesque, La Presse Canadienne

 

 

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