Boucler la boucle grâce aux microalgues


Édition du 27 Août 2015

Boucler la boucle grâce aux microalgues


Édition du 27 Août 2015

Par Benoîte Labrosse

Sani Marc veut récupérer les eaux usées d’usines pour y faire croître des microalgues capables de produire des matières de base.

L'association entre industrie chimique, quartier industriel et biotechnologie environnementale n'est pas évidente à première vue. Sani Marc, qui fabrique entre autres des produits de nettoyage et de désinfection, veut travailler à changer cette perception en synthétisant l'un des composants les plus utilisés dans ses produits à partir des eaux usées du parc industriel Paul-André-Poirier de Victoriaville, où le siège social de l'entreprise est établi.

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«Nous voulons boucler la boucle, explique Patrick Marchand, directeur de l'innovation et du développement de Sani Marc. Nous voulons récupérer les eaux usées de certaines usines du parc industriel pour y faire croître des microalgues capables de produire des matières de base permettant la synthèse de surfactants.»

Les surfactants sont des molécules, principalement issues de produits pétroliers, qui permettent de dissoudre les graisses.

«Sani Marc en utilise des centaines de milliers de kilogrammes par année, de 30 à 50 types différents, précise le chimiste. Nous avons ciblé le type que nous utilisons le plus et notre but est d'être capable d'en produire une version "bio" à partir des microalgues.» Celles-ci pousseront dans des bassins remplis des eaux usées provenant de diverses entreprises, selon un ratio destiné à «maximiser la production des molécules d'intérêt» nécessaire à la fabrication de biosurfactants.

Selon Guy Viel, directeur général du Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM), ce projet s'inscrit dans une tendance mondiale : «Compte tenu des mesures incitatives réglementaires et de l'instabilité économique liée à l'exploitation du pétrole, les industries commencent à voir les microalgues comme un outil permettant d'arriver au rejet zéro tout en obtenant des produits à valeur ajoutée.»

Des ressources mises en commun

Depuis deux ans, Sani Marc collabore entres autres avec la Ville de Victoriaville et la Chaire de recherche industrielle en environnement et biotechnologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). La première a lancé l'idée d'un projet pour diminuer les eaux usées, et la seconde travaille à la sélection des microalgues ainsi qu'à l'optimisation de leur croissance. Les recherches de l'UQTR se concentrent sur «un consortium microalgues-bactéries dominé par une espèce de chlorelle», une variété très commune de microalgues d'eau douce.

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