Ces ingénieurs qui scrutent notre cerveau


Édition du 15 Mars 2014

Ces ingénieurs qui scrutent notre cerveau


Édition du 15 Mars 2014

«En combinant différentes technologies d'imagerie, mon travail au sein du groupe d'épilepsie de l'Institut neurologique de Montréal consiste à améliorer la prise en charge des personnes épileptiques pour lesquelles la chirurgie peut être envisagée lorsque

De l'espoir pour les personnes épileptiques

Christophe Grova est titulaire d'un doctorat en génie biomédical de l'Université de Rennes 1 (France). Il est professeur au Département de génie biomédical ainsi qu'au Département de neurologie et de neurochirurgie de l'Université McGill. Il est lui aussi affilié à l'Institut et Hôpital neurologiques de Montréal et dirige un laboratoire de cinq étudiants au doctorat et d'un postdoctorant. Ses recherches en imagerie médicale se concentrent sur l'épilepsie.

«En combinant différentes technologies d'imagerie, mon travail au sein du groupe d'épilepsie de l'Institut neurologique de Montréal consiste à améliorer la prise en charge des personnes épileptiques pour lesquelles la chirurgie peut être envisagée lorsque les traitements médicamenteux ne fonctionnent plus», explique Christophe Grova.

Le but est toujours le même : délimiter avec le plus de précision possible la zone du cerveau à enlever, afin de stopper ou diminuer l'apparition des crises d'épilepsie, tout en veillant à ne pas créer d'autres déficits graves et permanents. Le traitement chirurgical de l'épilepsie est une méthode qui a été développée par le célèbre neurochirurgien montréalais Wilder Penfield.

La technique de référence lors de la préparation d'un patient pour la chirurgie consiste à placer des électrodes dans le cerveau.

Là encore, la difficulté est de repérer la région du cerveau touchée. Et l'imagerie médicale est un précieux atout, car elle permet de guider cette délicate intervention de façon non invasive (sans ouvrir le cerveau).

La particularité de la recherche de M. Grova est de combiner différentes technologies d'imagerie. La première est l'électroencéphalographie (EEG), qui enregistre les décharges électriques anormales se produisant de façon inconsciente chez la personne épileptique. Le but est de repérer les régions du cerveau d'où proviennent ces décharges.

La deuxième technologie est la magnétoencéphalographie, qui enregistre l'activité magnétique du cerveau. «Je développe des modèles mathématiques pour reconstruire les sources cérébrales associées à cette activité magnétique», explique M. Grova.

La troisième technologie conjugue l'EEG et l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, ce qui permet de générer une image en 3D de l'afflux sanguin au cerveau associé à l'activité épileptique.

Enfin, M. Grova utilise ensemble l'EEG et l'imagerie optique proche infrarouge. En plaçant des sources lasers, des détecteurs de lumière et des électrodes EEG sur la tête du patient (système développé par la société montréalaise Rogue Research), il est possible de suivre la quantité d'oxygène dans le sang qui circule dans le cerveau au moment des décharges épileptiques.

«Il existe déjà à l'École Polytechnique un prototype d'appareil portable et sans fil qui permettra éventuellement d'enregistrer ces données pendant toute une semaine au lieu de le faire assis sur une chaise, pendant seulement une heure», affirme M. Grova.

En somme, l'imagerie médicale, en rendant le corps transparent, fournit plus d'informations au neurochirurgien, l'aide à travailler avec plus de précision et réduit considérablement le risque d'erreur.

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