Une Québécoise à Koniambo, en Nouvelle-Calédonie


Édition du 19 Juillet 2014

Une Québécoise à Koniambo, en Nouvelle-Calédonie


Édition du 19 Juillet 2014

Par Suzanne Dansereau

Chantal Francoeur s'est inspirée de son expérience québécoise pour conclure un «pacte social» avec les salariés de Koniambo, qui ont droit de grève à tout moment.

À entendre Chantal Francoeur parler de la Nouvelle-Calédonie, on n'a qu'une envie : prendre le premier vol en direction de cet archipel paradisiaque de l'océan Pacifique, et tant pis si le voyage dure 36 heures.

Elle-même n'a pas hésité longtemps lorsque son employeur, la minière Glencore, lui a offert d'y gérer les ressources humaines pour un vaste projet de ferronickel dont la production commencera en 2015. Le projet Koniambo, un investissement de 7 milliards de dollars (G $), comprend la mine, l'usine de métallurgie, une centrale électrique et un port de mer.

C'est ainsi qu'en janvier 2010, à 53 ans, accompagnée de son conjoint, elle a quitté le Canada «à - 32 °C» pour arriver en Nouvelle-Calédonie «à + 34 °C».

«À partir du site, on est à 15 minutes en auto de la plage, et à 10 minutes à peine de la montagne», raconte-t-elle.

La langue commune est le français, et le système de santé y est aussi bon, sinon meilleur, qu'en France. «On n'attend même pas trois jours pour une opération à coeur ouvert, dit-elle. En revanche, c'est plus difficile de trouver un bon coiffeur...»

Transfert de compétences

Mme Francoeur était récemment de passage au Québec dans le cadre d'une tournée visant à recruter des cadres, des ingénieurs et des techniciens expérimentés pour participer à la mise en production.

Sa tournée l'a aussi menée en Belgique, en France et au Maghreb. Koniambo cherche à recruter 150 personnes. Le complexe compte plus de 1 200 employés permanents et 500 sous-traitants.

Près de 80 % de la main-d'oeuvre est local et très jeune. Elle manque d'expérience sur le terrain. Koniambo a repéré 80 leaders potentiels qu'elle veut jumeler avec des expatriés expérimentés.

«Le démarrage d'un projet diffère de beaucoup d'une entreprise qui ronronne, explique Mme Francoeur. Tout va vite, et il faut être capable de se repositionner tout de suite, de revoir sa routine, et ce, dans un contexte de faible productivité.»

Le manque d'expérience et la culture locale - là-bas, c'est le chef de la tribu qui décide de tout - font en sorte que les employés autochtones n'ont pas l'habitude de prendre des initiatives et des décisions rapides, explique-t-elle.

S'adapter à la culture locale

Cependant, pour l'expatrié, le paradis peut rapidement se transformer en cauchemar - s'il n'arrive pas à s'adapter à la culture locale, prévient-elle.

«Le peuple de la Nouvelle-Calédonie est très humble. Si vous n'avez pas l'humilité nécessaire pour créer des liens avec eux et pour les respecter en tout temps, ils vont dire oui, mais ils ne feront pas ce que vous leur demandez. Ou encore ils le feront, mais pas de la bonne façon. Et ils vous excluront.»

Réussir dans son rôle de gestionnaire dans ce contexte exige, selon Chantal Francoeur : «patience, pédagogie et humilité. Il ne faut pas arriver en conquérant».

La réalité des relations de travail est elle aussi différente : les quatre syndicats de la mine ne fonctionnent pas avec des conventions collectives. Les employés ont le droit de grève en tout temps. Afin de composer avec cette situation, Chantal Francoeur et son équipe ont rédigé ce qu'elle appelle un «pacte social». Mme Francoeur dit s'être inspirée de son expérience québécoise : en 2003, alors qu'elle était directrice des ressources humaines à la Fonderie Horn",elle avait eu recours à médiation préventive du service de médiation du gouvernement du Québec à la suite de la grève à la fonderie. «Cela nous avait amenés à définir un modèle de gestion et de négociation basé sur les intérêts communs, qu'on applique maintenant en Nouvelle- Calédonie», indique-t-elle. La gestionnaire est fière de dire que le taux d'absentéisme à Koniambo s'élève à 4 %, alors que dans certaines mines, il peut grimper jusqu'à 20 %. Sous sa direction, un autre changement social s'est produit : le pourcentage d'employés féminins s'élève maintenant à 35 %.

«Nous avons envoyé des recruteurs dans les écoles des villages, pour trouver les meilleures élèves, plutôt que d'attendre que ces dernières postulent - ce qu'elles n'auraient pas fait.»

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