Une autre mine est possible grâce à la voiture électrique


Édition du 09 Décembre 2017

Une autre mine est possible grâce à la voiture électrique


Édition du 09 Décembre 2017

Par François Normand

L'explosion de la demande pour les voitures électriques partout sur la planète donne des ailes au projet de mine Rose lithium-tantale de Corporation éléments critiques (CEC), à la Baie-James.

«Au cours des 10 prochaines années, il faudra au moins un projet de lithium comme le nôtre par année dans le monde afin de répondre à la demande», affirme Jean-Sébastien Lavallée, chef de la direction de l'entreprise québécoise fondée en 2006.

CEC est inscrite à la Bourse de Toronto (CRE, 1,62 $). La direction détient 9 % des actions, tandis que J.P. Morgan Assett Management est le deuxième plus important actionnaire, détenant 7,5 % du capital.

Au début de l'automne, CEC a publié l'étude de faisabilité de son projet. Si tout se passe comme prévu, l'entreprise commencera la construction des infrastructures et de la fosse à l'automne 2018. La mise en service de la mine est prévue pour 2020.

Ce projet s'ajoute à deux autres mines de lithium actuellement en exploitation au Québec, soit celle de Lithium Amérique du Nord, en Abitibi-Témiscamingue, et celle de Nemaska Lithium, à la Baie-James.

Le projet Rose comprend deux phases : la première (production de concentrés de lithium et de tantale) est évaluée à 341 millions de dollars, tandis que la seconde (production de carbonate de lithium) est estimée pour l'instant à 150 M $. On parle donc ici d'un investissement totalisant près de 500 M $.

La première phase consiste à produire deux types de concentrés de lithium à compter de 2020 : l'un de qualité chimique, l'autre de qualité technique. Le premier concentré (75 % de la production) sert notamment à produire du carbonate de lithium utilisé dans les batteries des voitures électriques. L'autre sert à fabriquer des plats, des creusets ou des fours en céramique.

Un partenaire stratégique allemand

La totalité de la production de la première phase sera vendue à la multinationale allemande Helm, qui distribue des produits chimiques. L'entreprise vendra le concentré de qualité chimique à des producteurs de carbonate de lithium qui vendront ensuite leur production aux constructeurs de véhicules automobiles électriques comme Tesla, Ford ou Mercedes.

«C'est grâce aux revenus générés par la vente de concentrés de lithium que nous pourrons financer la construction de notre usine qui produira du carbonate de lithium dans la deuxième phase», explique Jean-Sébastien Lavallée.

Cette stratégie commerciale en deux étapes permet à la minière québécoise de réduire son risque financier.

La production de carbonate de lithium à la Baie-James sera aussi vendue totalement à l'allemande Helm. «Le marché cible pour la deuxième phase est l'Europe et l'Amérique du Nord. Cependant, l'Asie occupera une part importante dans la demande future», précise le chef de la direction de CEC.

À terme, cette usine produira de 20 000 à 25 000 tonnes de carbonate de lithium par année.

Pour l'heure, CEC est toujours en processus pour financer la première phase du projet Rose, évalué à 341 M $. La minière envisage une structure en capital composée à 40 % de fonds propres et à 60 % de dettes.

Il est possible que Helm injecte 85 M $ dans le projet, précise Jean-Sébastien Lavallée. L'entreprise allemande fera connaître ses intentions d'ici la fin de l'année. Actuellement, CEC ne génère aucun revenu à partir de son exploitation. Elle en aura quand sa mine sera mise en service en 2020.

Depuis un an, la valeur de l'action de CEC a presque triplé à 1,64 $.

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