Les espoirs déçus du boom minier sur la Côte-Nord


Édition du 23 Août 2014

Les espoirs déçus du boom minier sur la Côte-Nord


Édition du 23 Août 2014

Par Suzanne Dansereau

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C'est à Fermont, avec la mine de fer du Mont-Wright en arrière-plan, que le gouvernement Charest a donné le coup d'envoi du Plan Nord, en mai 2011. Cette ville minière de la Côte-Nord de même que les villes plus au sud comme Sept-Îles et Port-Cartier ont été les premières à goûter au boom minier, qui suivait celui du chantier hydroélectrique de la Romaine. Mais moins de deux ans plus tard, alors que le prix du fer s'est mis à descendre, le boom a fait place à un sérieux ralentissement économique. Comment la région, à qui on a beaucoup promis et demandé, s'en tire-t-elle ? À l'aube d'une relance du Plan Nord par le gouvernement de Philippe Couillard, quelles leçons peut-on tirer de l'expérience ?

Sept-Îles, centre-ville, rue Arnaud. La cure de rajeunissement du bord de l'eau est à moitié terminée. À côté de la Cage aux Sports, Yany Bélanger nous fait visiter son nouveau bébé, le Château Arnaud. Classé 4 étoiles, offrant de très grandes chambres modernes avec vue sur le fleuve Saint-Laurent, l'établissement est une coche au-dessus de ce qui est offert dans le coin, où rien de neuf n'avait été bâti depuis 30 ans. Les patrons de la FTQ et d'Investissement Québec y ont pris leurs habitudes : ce sont eux qui ont soutenu sa construction.

Mais, déjà propriétaire de deux autres hôtels et de trois restaurants à Sept-Îles, Yany Bélanger est loin de pavoiser.«En 2011, le besoin était là. Aujourd'hui, est-ce que je le regrette ? Disons ceci : il ne faudrait pas que le ralentissement se poursuive une autre année.»

La manne, pas pour les entrepreneurs locaux

Huit millions de dollars. C'est le montant que Steve Guillemette a investi dans l'expansion des locaux du Groupe G7, une PME qu'il a fondée en 2004 et dont le chiffre d'affaires a grimpé à 40 M$ pour répondre aux besoins du boom : usinage, soudure, laminage, mécanique et maintenance industrielle, etc. Mais la fermeture de l'usine de bouletage de Cliffs en 2012 et le cycle minier baissier l'ont forcé à réduire son effectif de moitié, de 200 à 100 employés. En pleine expansion.

À l'instar de Steve Guillemette et d'autres entrepreurs locaux, Michel Lessard a pris de grands risques dans l'espoir de profiter du boom minier. C'est son entreprise, Équipements Nordiques qui, en 2008, a bâti une route d'été en hiver à - 40 °C à la future mine du Lac Bloom, près de Fermont, pour faire gagner du temps au promoteur.

Mais plutôt que le Klondike, les PME locale ont récolté un méchant mal de tête. Car, devant les acteurs de plus grande taille venus de l'extérieur de la région avec leurs propres sous-traitants et employés et offrant aux donneurs d'ordres des soumissions au rabais, elles ont dû réduire leurs prix.

«Certaines d'entre elles ont perdu leur chemise», raconte François Turmel, président de Construction BLH et membre de la Table régionale sur la main-d'oeuvre dans les secteurs industriel et de la construction. Ces entreprises ont essayé de concurrencer les firmes extérieures, mais n'avaient pas une structure financière assez solide.

«Vous connaissez la suite, ajoute Manon Langlois, présidente de la Chambre de commerce de Sept-Îles et dirigeante de la Banque Royale. Quand le ralentissement est survenu et que les donneurs d'ordres ont été moins rapides à payer, les comptes à recevoir se sont mis à dépasser les 90 jours. Les marges de crédit ont été retirées, les prêts réduits...»

Ce n'est pas arrivé à Équipements Nordiques, qui est passée de 60 à 200 employés de 2008 à 2011, puis à 125 cette année. «Je n'ai pas voulu jouer à la grenouille qui essaie de se faire grosse comme le boeuf, raconte M. Lessard. Toutefois, mes marges sont aussi minces que si je faisais du volume, dit-il. Or, je n'en fais pas.» Aujourd'hui, poursuit-il, ceux qui l'ont concurrencé durant le boom ne sont plus là pour donner du service après-vente. «Et c'est à moi que les donneurs d'ordres font appel pour réparer les travaux que j'ai perdus en soumission !»

«Ce sont surtout des gens de l'extérieur de la région qui ont profité du boom sur la Côte-Nord», affirme l'entrepreneur Steve Guillemette.

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