En attente du Plan Nord 2


Édition du 23 Août 2014

En attente du Plan Nord 2


Édition du 23 Août 2014

Par Suzanne Dansereau

Source: Les Affaires

À Sept-Îles, les entrepreneurs sont nombreux à avoir les yeux tournés vers le projet d'apatite de Mine Arnaud. Un projet de 750 millions de dollars qui créerait 800 emplois dans sa phase de construction et 300 postes permanents pour la durée de vie de la mine. «Il nous le faut, ce projet, s'exclame Steve Guillemette du Groupe G7. Il va diversifier notre économie, basée sur le fer.»

La décision finale revient au gouvernement du Québec et on l'attend en octobre. Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, dans son rapport déposé au printemps, a jugé le projet minier inacceptable à moins qu'il ne subisse plusieurs correctifs, ce à quoi s'emploient les promoteurs (Investissement Québec et la norvégienne Yara). La population est divisée, car les enjeux délicats sont liés à la qualité de l'air et de l'eau et à la santé humaine. De plus, on n'est pas certain que le projet soit maintenant rentable.

L'économie de la région souffre de la multiplication des mauvaises nouvelles depuis 2012. À la fermeture de l'usine de bouletage de Cliffs Natural Resources à Sept-Îles (165 emplois) se sont ajoutés :

> la fermeture de la mine Scully à Wabush (400 employés, dont une centaine à Sept-Îles), appartenant elle aussi à Cliffs ;

> la suspension des activités à la mine Labrador Iron Mines près de Schefferville ;

> le gel des travaux de mise en valeur du projet Kami.

La chute du prix du fer, sous la barre des 100 $ la tonne cet été, est à l'origine de ces décisions difficiles. En outre, un autre gros nuage noir plane sur la mine du Lac Bloom, près de Fermont, encore une autre propriété de Cliffs : achetée à fort prix en 2011, elle n'est pas rentable. Pour le devenir, il faudrait que l'entreprise investisse 900 M$ dans une seconde phase d'expansion, ce qui lui permettrait de diminuer ses coûts de production par tonne. Or, cet été, le conseil d'administration de Cliffs a été pris d'assaut par un fonds privé qui préfère vendre ces actifs.

Cliffs est aussi engagée dans un litige avec le port de Sept-Îles, une autre menace à l'essor économique de la région, car ce litige bloque les éventuelles expéditions de fer à partir du nouveau quai multiusager du port. Le gouvernement s'en est mêlé cet été, et Cliffs vient de lui soumettre une solution de compromis, laquelle n'a pas été rendue publique.

L'annonce plus tôt cet été d'un nouveau projet de transformation à Port-Cartier fait donc l'effet d'un baume pour les Nord-Côtiers : il s'agit d'une usine de silicium qui créerait 345 emplois et nécessiterait des investissements totalisant 382 M$. Le promoteur, l'espagnole FerroAtlantica, a arrêté son choix sur Port-Cartier en raison de son quai municipal en eau profonde.

La relance du Plan Nord ?

De plus, la Côte-Nord croit faire partie du «Plan Nord II» que promet le gouvernement Couillard pour cet automne. On ne sait pas encore de quoi il retourne, mais ce qu'on sait, c'est qu'il englobe une stratégie maritime, une stratégie ferroviaire et une stratégie énergétique.

Si les acteurs économiques de la région se font bien entendre à Québec, le salut de la Côte-Nord passera par le gaz naturel liquéfié, qui pourrait être expédié par bateau sur le fleuve et alimenter les usines de la Côte-Nord, de même que les projets miniers éloignés de la côte, à condition que le lien ferroviaire - autre pièce manquante du Plan Nord I - se concrétise. Un comité gouvernemental a repris les travaux abandonnés par le Canadien National et la Caisse de dépôt. La construction du lien ferroviaire pourrait, espère-t-on, rallumer l'intérêt des investisseurs dans des projets miniers qui sont présentement gelés faute de financement.

L'automne 2014 pourrait bien réserver à la Côte-Nord d'agréables surprises, entre quelques mauvaises nouvelles.

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