Des règles d'Hydro-Québec freinent l'autoproduction d’énergie renouvelable, selon BDQ

Publié le 31/01/2024 à 14:01

Des règles d'Hydro-Québec freinent l'autoproduction d’énergie renouvelable, selon BDQ

Publié le 31/01/2024 à 14:01

Par La Presse Canadienne

(Photo: La Presse Canadienne/Frank Gunn)

Le programme «mesurage net» d’Hydro-Québec est un frein à l'autoproduction d’énergie renouvelable selon Bâtiment durable Québec, qui recommande au gouvernement d'encourager la production d’énergie solaire par les citoyens et les entreprises. 

Bâtiment durable Québec (BDQ), un regroupement formé notamment d’ingénieurs, d’architectes, de gestionnaires immobiliers et d’entrepreneurs, a participé mercredi à la consultation menée sur le projet de loi 41, qui prévoit un vaste chantier pour décarboner les bâtiments. 

BDQ appelle le gouvernement à moderniser le cadre réglementaire qui régit la production d’énergie solaire et éolienne pour les particuliers et les entreprises. 

Actuellement, des citoyens et des entreprises du Québec réduisent leur facture d’électricité en produisant leur propre énergie éolienne ou solaire. Ainsi, les clients d’Hydro-Québec qui adhèrent au programme « mesurage net » échangent leurs surplus d’énergie à la société d’État. 

Il y a toutefois «des freins» importants dans le programme «mesurage net» selon BDQ.

«La capacité est énorme sur les toits», a indiqué l’ingénieur de BDQ Martin Roy, «mais ce qui ralentit l'autoproduction ou la production d'électricité sur des toits, c'est les règles, c'est la tarification et le mesurage net qui sont seulement disponibles pour les bâtiments qui vont produire moins de 50 kilowatts (kW) au tarif soit résidentiel ou au tarif de petit commercial». 

La limite d’admissibilité au programme d’Hydro-Québec qui est fixée à une puissance de 50 kilowatts (kW) découragerait donc plusieurs organisations qui souhaiteraient produire de grandes quantités d’énergie renouvelable. 

Martin Roy a donné l’exemple de la bibliothèque de Varennes, qui est munie de panneaux photovoltaïques de 110 kW, et qui n’est donc pas admissible au programme d’Hydro-Québec, car sa puissance dépasse 50 kilowatts.

«Le bâtiment produit plus qu'il consomme une bonne partie de l'été (...) mais il est obligé d'acheter de l'électricité d'Hydro-Québec parce qu’Hydro-Québec ne crédite pas l'électricité produite».

La province est donc en retard sur d’autres juridictions selon l’ingénieur, qui a donné l’exemple de «l'Alberta qui fait à peu près 130 fois plus de production d'énergies renouvelables sur les bâtiments» que le Québec.

«Hydro-Québec a déjà mentionné qu'elle atteindrait une limite de production et qu’on aura besoin de produire de l’énergie supplémentaire. Or, selon plusieurs études, on pourrait facilement combler plus de 25 % de cette demande supplémentaire dans les dix prochaines années. Cette production-là est relativement peu chère», a-t-il expliqué en faisant référence au potentiel de l’autoproduction d’énergie photovoltaïque.

Les consultations et auditions publiques sur le projet de loi n°41 continuent jusqu’à jeudi.

Ce projet de loi prévoit que les nouveaux bâtiments respectent un certain nombre de critères relatifs à l’efficacité énergétique, à l’empreinte carbone, à la réduction de la demande de pointe et à l’intégration d’infrastructures pour favoriser la mobilité durable. 

Les bâtiments existants qui doivent être rénovés seront aussi assujettis à certains critères liés à l’efficacité énergétique.

La loi prévoit également un registre public de la performance environnementale des bâtiments ainsi qu’une « obligation d’affichage et de divulgation de la cote obtenue par un bâtiment dans certaines circonstances ».

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