Batterie du futur: Hydro-Québec dans la course


Édition du 21 Mars 2015

Batterie du futur: Hydro-Québec dans la course


Édition du 21 Mars 2015

[Photo: Bloomberg]

Près du quart du poids de l'iPhone 6 est attribuable à sa batterie, une composante qui, contrairement à toutes les autres, n'a pas beaucoup évolué depuis l'époque du Walkman. Commercialisée par Sony à partir de 1991, la batterie rechargeable lithium-ion, qu'on retrouve aussi bien dans l'iPhone que dans les voitures de Tesla, évolue en effet à pas de souris. Pourtant, Hydro-Québec, qui a entrepris ses recherches en matière de stockage d'énergie dans les années 1960, croit pouvoir mettre fin à l'impasse.

«Chez Hydro-Québec, on ne parle pas beaucoup, mais on travaille très fort ; et je vous dis que, dans cinq ans, on devrait arriver avec une nouvelle technologie [...] qui permettrait à une voiture électrique de faire 500 km sur une seule charge», soutient Karim Zaghib, directeur du stockage d'énergie de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ).

Karim Zaghib l'a promis la semaine dernière, alors qu'il était en France pour officialiser la mise sur pied de SCE France, une filiale d'Hydro-Québec dont il est directeur. Financée à hauteur de deux millions d'euros par la région Aquitaine, la filiale est un laboratoire de recherche en matière de technologies de batteries.

Le laboratoire est l'un des éléments d'un plan qui devrait inclure la construction d'une usine de batteries pour les voitures électriques, dont les premiers bâtiments devraient voir le jour dès 2016. À terme, le projet d'usine, qui ne sera pas financé par Hydro-Québec, devrait coûter quelque 545 millions d'euros. Les batteries qu'on y construira ont été présentées comme les batteries du futur par les journaux français. Néanmoins, la capacité des batteries au phosphate de fer lithié est moins élevée que celles des autres batteries au lithium-ion. Dans les faits, la batterie du futur de Karim Zaghib est encore au stade expérimental.

Le chercheur tient à garder secrète la chimie de cette batterie, qui n'est pas basée sur la technologie lithium-ion. Il soutient qu'elle devrait être trois fois plus légère (à autonomie égale) que la batterie au lithium-ion de Tesla. «En France, ils vont commencer à fabriquer des batteries avec une technologie mature [le phosphate de fer lithié], et plus tard, s'il y a une technologie qui émerge, ils vont prendre des licences [auprès d'Hydro-Québec] pour fabriquer des batteries plus performantes», résume-t-il.

Déjà, le modèle S de Tesla affiche une autonomie de 426 km, mais sa batterie au dioxyde de cobalt et de lithium de 85 kilowattheures (kWh) pèserait 544 kilos. En supposant un coût de production réaliste de 300 $ par kWh, elle coûterait aujourd'hui 25 200 $ à produire. La méga-usine de batteries de Tesla, un projet de 5 milliards de dollars, devrait permettre de faire baisser leur coût de 30 % dès 2017. Karim Zaghib, pour sa part, croit que sa batterie du futur serait concurrentielle - son coût varierait de 150 $ à 250 $ du kWh. On parle toutefois d'une technologie expérimentale dont on ne sait rien encore, alors que le projet de Tesla mise sur une technologie mature.

Stockage d'énergie en gros

Hydro-Québec s'intéresse aussi au stockage d'énergie en gros, un créneau indissociable de l'émergence des sources d'énergie renouvelables comme les éoliennes et les panneaux solaires. «Les fournisseurs d'électricité ont introduit toutes ces sources intermittentes, ce qui explique la demande grandissante de technologies capables de rendre constantes ces sources d'énergie», dit Anissa Dehamna, analyste chez Navigant Research, une firme de recherche spécialisée dans l'énergie.

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