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Filière batterie: Pas besoin d’imposer du contenu québécois

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Filière batterie: Pas besoin d’imposer du contenu québécois

«On ne peut pas avoir meilleure intégration. Toutes les composantes qui vont faire les cellules, les cathodes, viennent toutes du terroir québécois», a assuré Pierre Fitzgibbon en point de presse mercredi matin à l’Assemblée nationale. (Photo: La Presse Canadienne/Jacques Boissinot)

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, soutient qu’il aurait été superflu que son gouvernement oblige les entreprises de la filière batterie à s’approvisionner chez des fournisseurs québécois, car cela se «fait naturellement».

«On ne peut pas avoir meilleure intégration. Toutes les composantes qui vont faire les cellules, les cathodes, viennent toutes du terroir québécois», a assuré le ministre en point de presse mercredi matin à l’Assemblée nationale.

Radio-Canada rapportait mercredi que le gouvernement du Québec avait pensé à exiger un minimum de contenu québécois aux entreprises de la filière batterie — Northvolt, GM et Ford —, pour finalement changer d’idée. Toujours selon la société d’État, le gouvernement a reculé de crainte de perdre le projet ou de se faire poursuivre.

Questionné par des journalistes en mêlée de presse, le ministre Fitzgibbon n’était visiblement pas ébranlé par ce que rapportait Radio-Canada. 

«Il faut comprendre comment fonctionnent les projets industriels avant de dire n’importe quoi. […] Une plante, on est mieux de l’arroser pour qu’elle pousse que de tirer dessus», a illustré Pierre Fitzgibbon.

 

«Nationalisme homéopathique» 

Le Parti québécois (PQ) affirme que c’est «honteux» que le gouvernement n’ait pas exigé que les entreprises de la filière batterie s’approvisionnent au Québec.

«C’est vraiment une manifestation du nationalisme homéopathique de la CAQ. Il n’en demande pas trop. Puis, si tu n’en demandes pas, tu n’en auras pas», a lancé le péquiste Pascal Bérubé.

«M. Fitzgibbon doit se regarder dans le miroir. Ce ministre a tous les pouvoirs. […] Et il n’est même pas capable d’exiger du contenu québécois. Bien, c’est un mauvais négociateur», a affirmé le libéral Monsef Derraji. 

«Concrètement, ce qu’on a sur la table, c’est une compagnie qui vient, à qui on donne des milliards, qui décide de nos normes, qui peut décider d’acheter n’importe quelle composante à l’extérieur du Québec pour faire ces batteries-là et les vendre ailleurs, et, elles, garder tout l’argent», a pour sa part soutenu le solidaire Haroun Bouazzi.

Québec solidaire a d’ailleurs déposé une motion sur le sujet mercredi qui a été bloquée par le gouvernement. Le libellé était le suivant: «Que l’Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de rendre conditionnel le prêt pardonnable de 436 millions de dollars à l’entreprise Northvolt, à l’approvisionnement auprès de fournisseurs québécois pour sa production au Québec, particulièrement dans le secteur des minerais.»