Logo - Les Affaires
Logo - Les Affaires

Ukraine: pourparlers en suspens, menace nucléaire de Poutine

AFP et La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Ukraine: pourparlers en suspens, menace nucléaire de Poutine

Des dommages aux étages supérieurs d'un immeuble à Kiev touché par une roquette russe, le 26 février 2022. (Photo: AFP pour Getty Images)

Ce texte regroupe tous les derniers développements à propos de l’invasion de la Russie en Ukraine le 26 février. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c’est ici.

 

16h53 | Ukraine: pourparlers en suspens, haro mondial sur la menace nucléaire de Poutine

16h03 Le Canada annonce une nouvelle aide à l’Ukraine
Ottawa — Ottawa a annoncé dimanche qu’il acheminera pour 25 millions $ d’équipements de protection de combats à l’Ukraine. 
«Et qu’il soit bien clair que nous allons en envoyer plus», a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, en conférence de presse. 
Mme Joly a indiqué que le gouvernement ukrainien a demandé l’aide du Canada pour des équipements comme des masques à gaz et des casques de combat afin de protéger ses soldats. 
Elle a mentionné avoir travaillé avec son homologue polonais pour s’assurer que les équipements puissent emprunter des routes de transport jusqu’à la frontière ukrainienne afin qu’ils arrivent à destination le plus tôt possible. 
Plus tôt dimanche, le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra a aussi annoncé que l’espace aérien du Canada était fermé aux avions russes.
La mesure est en vigueur dès maintenant.
«Le Canada tout entier ressent la même indignation devant l’agression du président Poutine contre l’Ukraine. En réponse à cela, nous avons fermé l’espace aérien canadien aux aéronefs détenus ou exploités par des intérêts russes, a déclaré M. Alghabra, par voie de communiqué. Le gouvernement du Canada condamne les actions agressives de la Russie et continuera de prendre des mesures pour rester solidaire de l’Ukraine.»
Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la Pologne, la Bulgarie et la République tchèque ont suspendu le permis d’exploitant d’Aeroflot.
Par mesure de représailles, la Russie a interdit les vols commerciaux en provenance de ces pays.
La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, n’a pas de vol direct avec le Canada. Toutefois, elle utilise l’espace aérien canadien pour de nombreux vols en direction des États-Unis et d’au-delà. Selon des experts, cette interdiction pourrait lui nuire grandement.
Cette décision s’ajoute aux nombreuses sanctions imposées à la Russie depuis qu’elle a attaqué l’Ukraine, jeudi. Ces mesures ont aussi touché personnellement le président russe Vladimir Poutine, plusieurs dizaines de politiciens, d’oligarques et des entreprises.
Samedi, le premier ministre Justin Trudeau, le président américain Joe Biden et plusieurs autres dirigeants européens ont indiqué que les pays alliés se préparaient à exclure plusieurs banques russes du système financier international. Le Japon a annoncé son intention de suivre le mouvement.
Ils veulent aussi imposer des mesures restrictives à la Banque centrale russe afin de l’empêcher de déployer ses réserves internationales d’une manière susceptible d’amoindrir l’effet de ces sanctions.
«Alors que les forces russes déchaînent leurs assauts sur Kiev et d’autres villes ukrainiennes, nous sommes résolus à continuer d’en faire payer le prix fort à la Russie, afin de l’isoler davantage encore du système financier international et de nos économies», ont déclaré les leaders.

Kharkiv — La mise en alerte par Vladimir Poutine des forces de dissuasion nucléaire de son pays a suscité dimanche un haro mondial et jusqu’à la promesse de l’UE de fournir des avions de chasse à l’Ukraine, qui résiste avec acharnement au quatrième jour d’une invasion russe.

Des combats intenses notamment à Kharkiv (1,4 million d’habitants), deuxième ville d’Ukraine dans le nord-est du pays, dont les forces ukrainiennes ont déclaré avoir repris le contrôle dimanche après l’entrée de blindés russes dans la nuit. L’espoir fragile d’une trêve était né après l’annonce de pourparlers russo-ukrainiens à la frontière bélarusse.

Mais Vladimir Poutine, dont les forces se sont heurtées depuis jeudi à la résistance des Ukrainiens et à la mobilisation des Occidentaux, a ordonné dans une réunion filmée avec son ministre de la Défense Sergueï Choïgou de «mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte», ce qui concerne les forces nucléaires, invoquant «les déclarations belliqueuses de l’OTAN» et les sanctions «illégitimes» imposées à la Russie.

(Photo: 123RF)

Les États-Unis ont aussitôt dénoncé une escalade «inacceptable», accusant Vladimir Poutine de «fabriquer des menaces qui n’existent pas afin de justifier la poursuite d’une agression». Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a dénoncé une attitude «irresponsable» de Moscou.

La ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, a accusé le chef de l’État russe d’avoir «franchi un cap supplémentaire» parce que «l’invasion rapide de l’Ukraine a été stoppée par des actions courageuses et déterminées de l’Ukraine». 

«Ce qui se passe vraiment, c’est qu’ils se défendent peut-être avec plus d’effet, plus de résistance, que ce que s’imaginait le Kremlin», a abondé le premier ministre britannique Boris Johnson.

En réponse, les pays du G7 ont intimé dimanche soir à la Russie de «mettre un terme immédiatement aux attaques contre l’Ukraine», la menaçant de nouvelles sanctions après celles, déjà considérables, qui ont été adoptées cette semaine. 

L’UE a annoncé dimanche fermer l’ensemble de son espace aérien aux avions russes, débloquer 450 millions d’euros pour financer des livraisons d’armes à l’Ukraine, et bannir les médias russes RT et Sputnik et leurs « mensonges ».

Quant à la Suisse, son président Ignazio Cassis a déclaré dimanche « probable » qu’elle décide de geler à son tour les milliards d’avoirs russes qu’elle détient.

 

Fournir des avions de chasse

Mais aussi, évolution considérable et source potentielle d’escalade avec Moscou qui a menacé tout pays venant en aide à l’Ukraine, l’UE a annoncé dimanche soir avoir l’intention de fournir des avions de combat aux forces ukrainiennes.

«Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a dit avoir besoin d’avions que les Ukrainiens peuvent piloter. Certains états membres disposent de ce genre d’avions et nous allons les fournir avec d’autres armements nécessaires à une guerre», a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à l’issue d’une réunion en visio-conférence avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE.

Concernant les hypothétiques pourparlers, la présidence ukrainienne n’en a pas précisé la date, la Russie affirmant initialement qu’ils auraient lieu dès dimanche.

Selon Kiev, la rencontre devait avoir lieu à la frontière ukraino-bélarusse, «dans la région de la rivière Pripiat», près de Tchernobyl.

Moscou a évoqué la région de Gomel, de l’autre côté de la frontière du Bélarus, pays qui sert de base arrière pour ses militaires.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a cependant averti que son pays ne «capitulera pas».

«Je ne crois pas trop à un résultat», mais «il faut qu’on essaie», a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo.

Sur le terrain, le flot de réfugiés fuyant l’Ukraine enfle. Depuis jeudi, quelque 368 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins et leur nombre «continue à augmenter», a annoncé le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés.

L’UE a dit s’attendre à plus de 7 millions de personnes délacées.

 

Objectif pas atteint

«Vassylkiv, Kiev, Cherniguiv, Soumi, Kharkiv et beaucoup d’autres villes vivent dans des conditions qu’on n’avait pas vues sur nos terres (…) depuis la Seconde Guerre mondiale», a déclaré de son côté dimanche le président ukrainien Zelensky, accusant la Russie de considérer les zones habitées «comme une cible légitime».

L’Ukraine a fait état de quelque 200 civils tués et de dizaines de militaires morts au combat, mais n’a pas publié de bilan précis dimanche.

L’ONU recensait samedi au moins 64 morts parmi les civils et des centaines de milliers de personnes sans eau ou électricité.

Selon l’état-major ukrainien, l’armée russe «n’a pas atteint» son «principal objectif (qui) est de verrouiller Kiev» et a recours «au sabotage» avec «des groupes de reconnaissance qui détruisent l’infrastructure civile».

À Kiev, sous couvre-feu jusqu’à lundi (6h GMT), la journée a été calme après des affrontements durant la nuit «avec des groupes subversifs» selon le bureau du maire.

 

Deux villes encerclées

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir encerclé deux grandes villes du Sud, Kherson et Berdiansk, qui comptent respectivement 290 000 et 110 000 habitants.

Il revendique également des gains territoriaux pour les séparatistes prorusses dans l’Est, soutenus par l’armée russe.

L’armée russe a pour la première fois dimanche reconnu des pertes humaines, sans les chiffrer. L’Ukraine affirme que plus de 4 300 soldats russes ont été tués. 

Kiev accuse par ailleurs la Russie devant la Cour internationale de justice (CIJ) de planifier un génocide en Ukraine, a annoncé dimanche la Cour, organe judiciaire principal des Nations unies.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté dimanche, à la demande des Occidentaux, une résolution convoquant lundi « en session extraordinaire d’urgence » l’Assemblée générale des Nations unies pour que ses 193 membres se prononcent sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

 

Nouvelles sanctions de l’UE

Face à la violence de l’invasion russe, l’Union européenne a confirmé dimanche qu’elle s’était entendue avec les puissances du G7 pour bloquer les transactions de la Banque centrale russe.

Quant à l’éviction de banques russes du système international de messagerie interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale, annoncée samedi, le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell a annoncé que l’UE «continuera à y travailler» avec ses partenaires dans le monde.

M. Zelensky a salué la formation d’une «coalition anti-guerre» internationale pour soutenir l’Ukraine et appelé les étrangers à venir se battre «contre les criminels de guerre russes» dans une «Légion internationale» en formation.

Premier pays à réagir à cet appel, le Danemark a dit ne pas y voir d’«obstacle juridique». «C’est un choix que tout un chacun peut faire», a déclaré la première ministre Mette Frederiksen.

Bruxelles va proposer d’utiliser une ligne de financement d’urgence de l’UE «pour fournir aux forces ukrainiennes des armes létales, ainsi que du carburant, des équipements de protection et des fournitures médicales», a dit le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L’UE va également fermer son espace aérien à tous les avions russes, y compris les «jets privés des oligarques», a annoncé dimanche la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Le Canada a pris la même décision.

Le russe Aeroflot a en conséquence annoncé annuler tous ses vols vers l’Europe.

 

Un oligarque contre la guerre

Bruxelles va aussi interdire dans l’UE les médias d’État russes en langues étrangères RT et Sputnik, qui « ne pourront plus diffuser leurs mensonges pour justifier la guerre de Poutine et semer la division dans notre Union », a déclaré Mme von der Leyen.

Enfin l’UE va prendre de nouvelles sanctions contre le Bélarus en interdisant les exportations des « plus importants secteurs économiques » du régime de Minsk, «complice» de l’invasion russe.

Première décision frappant le secteur pétrolier, la major britannique BP a annoncé dimanche sortir du capital du géant russe Rosneft dont elle détient une participation de 19,75%, malgré la perte financière importante engendrée.

Le milliardaire russe Mikhaïl Fridman a quant à lui dénoncé la guerre en Ukraine, devenant le premier oligarque russe à s’exprimer contre le conflit, une «tragédie» qui va selon lui «ravager» les deux pays. 

 

«Stoppez la guerre! Stoppez Poutine!»

Au moins 100 000 personnes manifestaient dimanche à Berlin en solidarité avec l’Ukraine, et 70 000 à Prague, 40 000 à Madrid, 15 000 à Amsterdam ou encore 10 000 à Copenhague. 

Le monde sportif met aussi la Russie à l’écart. La Fédération internationale de judo a annoncé la «suspension» du statut de président honoraire de Vladimir Poutine. 

Les boycotts de la Russie dans le sport se multiplient. La Fédération tchèque de football refusera d’affronter la Russie en vue du Mondial-2022, à l’instar de la Pologne et la Suède, la Fédération française «penche pour une exclusion de la Russie».

 

16h03 | Le Canada annonce une nouvelle aide à l’Ukraine


16h03 | Le Canada annonce une nouvelle aide à l’Ukraine

Ottawa — Ottawa a annoncé dimanche qu’il acheminera pour 25 millions de dollars (M$) d’équipements de protection de combats à l’Ukraine. 

«Et qu’il soit bien clair que nous allons en envoyer plus», a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, en conférence de presse. 

Mélanie Joly a indiqué que le gouvernement ukrainien a demandé l’aide du Canada pour des équipements comme des masques à gaz et des casques de combat afin de protéger ses soldats. 

Elle a mentionné avoir travaillé avec son homologue polonais pour s’assurer que les équipements puissent emprunter des routes de transport jusqu’à la frontière ukrainienne afin qu’ils arrivent à destination le plus tôt possible. 

Plus tôt dimanche, le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra a aussi annoncé que l’espace aérien du Canada était fermé aux avions russes.

La mesure est en vigueur dès maintenant.

«Le Canada tout entier ressent la même indignation devant l’agression du président Poutine contre l’Ukraine. En réponse à cela, nous avons fermé l’espace aérien canadien aux aéronefs détenus ou exploités par des intérêts russes, a déclaré M. Alghabra, par voie de communiqué. Le gouvernement du Canada condamne les actions agressives de la Russie et continuera de prendre des mesures pour rester solidaire de l’Ukraine.»

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la Pologne, la Bulgarie et la République tchèque ont suspendu le permis d’exploitant d’Aeroflot.

Par mesure de représailles, la Russie a interdit les vols commerciaux en provenance de ces pays.

La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, n’a pas de vol direct avec le Canada. Toutefois, elle utilise l’espace aérien canadien pour de nombreux vols en direction des États-Unis et d’au-delà. Selon des experts, cette interdiction pourrait lui nuire grandement.

Cette décision s’ajoute aux nombreuses sanctions imposées à la Russie depuis qu’elle a attaqué l’Ukraine, jeudi. Ces mesures ont aussi touché personnellement le président russe Vladimir Poutine, plusieurs dizaines de politiciens, d’oligarques et des entreprises.

Samedi, le premier ministre Justin Trudeau, le président américain Joe Biden et plusieurs autres dirigeants européens ont indiqué que les pays alliés se préparaient à exclure plusieurs banques russes du système financier international. Le Japon a annoncé son intention de suivre le mouvement.

Ils veulent aussi imposer des mesures restrictives à la Banque centrale russe afin de l’empêcher de déployer ses réserves internationales d’une manière susceptible d’amoindrir l’effet de ces sanctions.

«Alors que les forces russes déchaînent leurs assauts sur Kiev et d’autres villes ukrainiennes, nous sommes résolus à continuer d’en faire payer le prix fort à la Russie, afin de l’isoler davantage encore du système financier international et de nos économies», ont déclaré les leaders.

 

10h58 | Dissuasion nucléaire russe: Washington dénonce une escalade «inacceptable»

 


10h58 | Dissuasion nucléaire russe: Washington dénonce une escalade «inacceptable»

Washington — La mise en alerte de la « force de dissuasion » nucléaire russe représente une escalade « inacceptable », ont dénoncé dimanche les États-Unis, accusant Vladimir Poutine de « fabriquer des menaces qui n’existent pas ». 

« Il s’agit d’un schéma répété que nous avons observé de la part du président Poutine durant ce conflit, qui est de fabriquer des menaces qui n’existent pas afin de justifier la poursuite d’une agression », a dénoncé la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki.

« À aucun moment la Russie n’a été menacée par l’OTAN ou l’Ukraine (…) Nous allons résister à cela. Nous avons la capacité de nous défendre », a-t-elle ajouté, interrogée sur ABC. 

Cette annonce de Moscou « signifie que le président Poutine continue l’escalade dans cette guerre, d’une manière qui est totalement inacceptable », a pour sa part déclaré sur CBS l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.

« Nous devons continuer à dénoncer ses actions de la façon la plus sévère qu’il soit », a-t-elle ajouté.

Les forces de dissuasion russes sont un ensemble d’unités dont le but est de décourager une attaque contre la Russie, « y compris en cas de guerre impliquant l’utilisation d’armes nucléaires », selon le ministère de la Défense russe.

Vladimir Poutine a justifié cette décision par les « déclarations belliqueuses de l’OTAN » envers la Russie.

La mesure russe est propice à « l’escalade », a dénoncé un responsable de la Défense américain, parlant sous couvert d’anonymat. Elle « fait clairement entrer en jeu des forces qui, s’il y a une erreur de calcul, pourraient rendre les choses beaucoup, beaucoup plus dangereuses », a-t-il averti.

Il a également qualifié cette mise en alerte d’« inutile », la Russie n’ayant « jamais été sous une menace de l’Ouest ».

Questionné par des journalistes, il n’a pas voulu dire si les États-Unis prévoyaient une réponse impliquant un changement de position concernant leurs propres forces nucléaires.

« Nous restons confiants dans notre capacité à nous défendre et à défendre nos alliés et partenaires. Et cela implique le domaine de la dissuasion stratégique », a-t-il simplement commenté.

 

10h53 | La Russie suspendue, le Conseil de l’Europe appelle ses membres à la « solidarité » financière

 


10h53 | La Russie suspendue, le Conseil de l’Europe appelle ses membres à la « solidarité » financière

Strasbourg — Le Conseil de l’Europe, qui vient de suspendre Moscou après l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, a appelé dimanche ses États membres à la « solidarité » financière afin de pallier d’éventuelles pertes de financement si Moscou venait à ne plus payer ses contributions. 

« Je salue de tout cœur l’initiative qui vient d’être votée (dimanche) au Bundestag », la chambre basse du Parlement allemand, « visant à garantir que le Conseil de l’Europe ne subisse aucun préjudice financier à moyen ou long terme » après la suspension des droits de représentation de la Russie, décidée vendredi, a déclaré dans un communiqué Tiny Kox, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

« J’appelle les parlements des 46 autres États membres du Conseil de l’Europe (…) à faire pression pour obtenir un financement accru de leurs gouvernements afin de couvrir toute perte éventuelle des contributions russes à l’organisation », a-t-il poursuivi, se disant « convaincu qu’il y aura un soutien écrasant pour cela ».

« La Russie reste tenue de respecter ses obligations financières vis-à-vis du Conseil de l’Europe », a-t-il toutefois insisté, alors que Moscou avait déjà suspendu dans le passé ses cotisations, en rétorsion à la suspension du droit de vote de la délégation russe au sein de l’APCE après l’annexion de la Crimée, en 2014.

La pérennité de l’institution paneuropéenne avait alors été menacée.

« Il est clair, en ces temps sombres, que les valeurs que défend le Conseil de l’Europe sont plus nécessaires que jamais, et l’organisation doit rester financièrement viable à long terme », a insisté Tiny Kox.

« Nous avons adopté ensemble une position de principe face à l’attaque totalement injustifiée de la Russie contre l’Ukraine. Agir maintenant, en solidarité, garantira que notre travail n’aura pas à souffrir à cause de cette position », a-t-il conclu.

 

10h53 | Le Canada ferme son espace aérien «à tous les exploitants d’aéronefs russes»

 


10h53 | Le Canada ferme son espace aérien «à tous les exploitants d’aéronefs russes»

 

Ottawa — Le Canada ferme son espace aérien «à tous les exploitants d’aéronefs russes» en réaction à l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Vladimir Poutine, a annoncé dimanche sur Twitter le ministre canadien des Transports Omar Alghabra.

Le Canada rejoint ainsi la grande majorité des États européens qui ont tour à tour fermé leur ciel aux compagnies russes.

«Nous tiendrons la Russie responsable de ses attaques non provoquées contre l’Ukraine», a annoncé M. Alghabra.

Il n’existe actuellement aucune liaison directe entre les aéroports canadiens et russes, mais cette décision risque de compliquer grandement les vols opérés par la compagnie russe Aeroflot entre la Russie et les Etats-Unis, et d’autres pays américains, via le ciel canadien.

«Le gouvernement du Canada interdit l’exploitation dans l’espace aérien canadien d’un aéronef qui est détenu, nolisé (affrété, NDLR) ou exploité par des intérêts russes», a précisé à l’AFP la directrice des communications du ministre des Transports, Valérie Glazer.

«Les avions privés exploités par des intérêts russes sont bannis», a-t-elle insisté dans un courriel à l’AFP. 

De l’Allemagne à la Suède, en passant par la France, l’Espagne et l’Italie, les pays européens ont décidé de fermer leur espace aérien aux compagnies russes, en représailles à l’invasion de l’Ukraine par Moscou.

Même décision de l’Irlande, de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Italie, de l’Autriche et de la Macédoine du Nord.

 

10h10 | L’Ukraine confirme des pourparlers avec Moscou, la « force de dissuasion » russe en alerte

 


10h10 | L’Ukraine confirme des pourparlers avec Moscou, la « force de dissuasion » russe en alerte

Kharkiv — L’Ukraine a confirmé dimanche, au quatrième jour de l’invasion russe, des pourparlers avec Moscou à la frontière ukraino-bélarusse tandis que Vladimir Poutine a annoncé mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire de l’armée russe.

La présidence ukrainienne n’a pas précisé la date de ces pourparlers, mais la Russie a indiqué qu’ils auraient lieu dès dimanche.

Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans « conditions préalables » à la frontière ukraino-bélarusse, « dans la région de la rivière Pripiat », près de Tchernobyl.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne « capitulera pas » face à Moscou.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a affirmé que la rencontre aura lieu dans la région de Gomel au Bélarus. Cette région est frontalière notamment de celle de Pripiat.

Le président russe, qui a appelé l’armée ukrainienne à renverser le pouvoir à Kiev, s’était dit favorable à des discussions, à condition qu’elles se tiennent au Bélarus, pays allié qui sert de base arrière à l’invasion russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était dit prêt à négocier mais pas depuis ce pays.

 

Près de 400 000 réfugiés

Le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko a assuré à Volodymyr Zelensky que « les avions, hélicoptères et missiles (russes) déployés sur le territoire du Bélarus resteraient au sol pendant l’arrivée, les négociations et le départ de la délégation ukrainienne », selon la présidence ukrainienne.

Parallèlement, Vladimir Poutine a ordonné de « mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat ». Il a invoqué « les déclarations belliqueuses de l’OTAN » et critiqué les sanctions « illégitimes » prises contre la Russie par les Occidentaux qui accroissent leur pression sur Moscou. 

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a estimé que l’annonce visait « à faire pression sur la délégation ukrainienne » avant les pourparlers.

Sur le terrain, le flot de réfugiés fuyant l’Ukraine enfle. Depuis jeudi, quelque 368 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins et leur nombre « continue à augmenter », a annoncé le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. La Pologne en a accueilli plus de la moitié et l’Allemagne a rendu gratuits les trains pour tous les Ukrainiens venant de ce pays. 

Le pape François a appelé à l’ouverture « urgente » de couloirs humanitaires et demandé « que les armes se taisent » en Ukraine.

 

«Forces du mal»

Les forces ukrainiennes ont repris le plein contrôle de Kharkiv (1,4 million d’habitants), deuxième ville d’Ukraine dans le Nord-Est à la frontière russe, selon le gouverneur local Oleg Sinegoubov.

Dans son sermon dominical, le patriarche orthodoxe russe Kirill a qualifié les opposants à Moscou en Ukraine de « forces du mal ».

« Vassylkiv, Kiev, Cherniguiv, Soumi, Kharkiv et beaucoup d’autres villes vivent dans des conditions qu’on n’avait pas vues sur nos terres (…) depuis la Seconde guerre mondiale », a lancé tôt dimanche Volodymyr Zelensky, accusant la Russie de considérer les zones habitées « comme une cible légitime ».

Volodymyr Zelensky, qui a saisi la Cour internationale de justice de La Haye, a salué la formation d’une « coalition anti-guerre » internationale pour soutenir l’Ukraine et appelé les étrangers à venir se battre « contre les criminels de guerre russes » dans une « Légion internationale » en formation.

Selon l’état-major ukrainien, l’armée russe « n’a pas atteint » son « principal objectif (qui) est de verrouiller Kiev » et a recours « au sabotage » avec « des groupes de reconnaissance qui détruisent l’infrastructure civile ».

A Kiev, sous couvre-feu jusqu’à lundi 8 h (6 h GMT), la matinée a été calme après des affrontements durant la nuit « avec des groupes subversifs » selon le bureau du maire.

 

Deux villes encerclées

De son côté, le ministère russe de la Défense qui n’a pas fait état jusqu’à présent d’offensive sur Kiev a affirmé avoir encerclé deux grandes villes du Sud, Kherson et Berdiansk, qui comptent respectivement 290 000 et 110 000 habitants. « La ville de Guenitchesk et l’aérodrome de Tchernobaïevka près de Kherson ont également été pris sous contrôle », selon un communiqué.

Il revendique également des gains territoriaux pour les séparatistes prorusses dans l’Est, soutenus par l’armée russe et qui ont avancé, selon Moscou, de 52 km depuis le début de l’offensive.

Au total, l’armée russe assure avoir détruit 975 installations militaires ukrainiennes.

L’ONU recensait samedi au moins 64 morts parmi les civils et des centaines de milliers de personnes sans eau ou électricité.

Selon le ministère ukrainien de la Santé, au moins 198 civils, dont trois enfants, ont été tués et 1115 personnes blessées depuis jeudi.

Des dizaines de militaires ukrainiens ont perdu la vie dans les combats. Kiev, selon qui l’armée ukrainienne a tué plus de 4 300 soldats russes, a lancé un site internet permettant aux proches des soldats russes tués de connaître leur sort. Moscou garde le silence sur ses pertes.

 

Nouvelles sanctions

Plusieurs pays dont la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, les pays scandinaves et la Belgique ont annoncé à leur tour la fermeture de leur espace aérien aux avions russes. 

Au moins 100 000 personnes manifestaient dimanche à Berlin en solidarité avec l’Ukraine.

La veille, les Occidentaux ont exclu des banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale – une décision à laquelle s’est associé dimanche le Japon.

Ils ont aussi promis davantage d’armes à l’Ukraine, l’Allemagne notamment rompant avec sa politique traditionnelle de refus d’exporter des armes létales en zone de conflit. Dimanche, les Etats-Unis et l’Italie ont annoncé des aides humanitaires.

Et les Occidentaux se réservent « le droit d’imposer » de nouvelles sanctions à Moscou, a averti le chancelier allemand Olaf Scholz tout en se disant toujours ouvert à des discussions. « Le monde d’après ne sera plus le même que le monde d’avant », a-t-il insisté.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a aussi annoncé de nouvelles sanctions à venir contre les oligarques, estimant que le conflit pourrait durer « plusieurs années ».

Le monde sportif met aussi la Russie à l’écart. La Fédération internationale de judo a annoncé la « suspension » du statut de président honoraire de Vladimir Poutine. 

Les boycotts de la Russie dans le sport se multiplient. La Fédération tchèque de football refusera d’affronter la Russie en vue du Mondial-2022, à l’instar de la Pologne et la Suède, la Fédération française « penche pour une exclusion de la Russie ».

« Bien sûr que c’est mauvais pour le sport, et c’est un gros coup porté à la Russie. Mais je pense que c’est nécessaire, autrement notre gouvernement ne comprendra pas qu’il doit agir différemment », a commenté Guéorgui Andreevn un étudiant de 22 ans.

Le géant américain de l’internet Google a lui « suspendu » la possibilité pour les médias financés par l’Etat russe de générer de l’argent sur ses plateformes.