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Ukraine: l’ONU met en garde contre «un ouragan de famines»

AFP et La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Ukraine: l’ONU met en garde contre «un ouragan de famines»

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. (Photo: 123RF)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l’invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 14 mars 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c’est ici. 

14h36 | New York — Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde lundi contre le risque d’une guerre russe en Ukraine qui pourrait entraîner «un ouragan de famines» dans de nombreux pays, l’Organisation débloquant en urgence 40 millions de dollars américains pour venir en aide aux Ukrainiens les plus vulnérables.

«L’Ukraine est en feu» et «le pays est en train d’être décimé sous les yeux du monde». «Nous devons faire tout notre possible pour éviter un ouragan de famines et un effondrement du système alimentaire mondial», a-t-il déclaré à des médias à New York.

En raison du blocage de productions agricoles en Ukraine et Russie, la guerre devrait, dans ses répercussions, frapper «le plus durement les plus pauvres et semer les germes de l’instabilité politique et de troubles dans le monde entier», a souligné Antonio Guterres.

«Cette guerre dépasse largement l’Ukraine», a-t-il aussi dit.

«Les prix des céréales ont déjà dépassé ceux du début du printemps arabe et des émeutes de la faim de 2007-2008». «L’indice mondial des prix des denrées alimentaires de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture basée à Rome) est à son plus haut niveau jamais enregistré», a-t-il précisé.

Au total, «45 pays africains et pays les moins avancés importent au moins un tiers de leur blé d’Ukraine ou de Russie — 18 de ces pays en importent au moins 50%. Cela comprend des pays comme le Burkina Faso, l’Égypte, la République démocratique du Congo, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen», a indiqué le chef de l’ONU, en réclamant à nouveau un arrêt au plus vite des hostilités. 

Alors que les besoins humanitaires «augmentent rapidement» en Ukraine, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths, a annoncé débloquer 40 M$US du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) des Nations Unies afin d’«atteindre les personnes les plus vulnérables» en Ukraine.

«Près de 2 millions de personnes sont déplacées de force en l’Ukraine. Beaucoup sont incapables de quitter leur domicile en raison des violents combats dans des villes telles que Marioupol, Kharkiv et Kiev», explique un communiqué de ses services, qui ont recensé «24 attaques contre des établissements de santé» à ce jour.

«Face à cette crise sinistre et qui s’aggrave, nous mobilisons un effort de secours massif», a déclaré M. Griffiths, cité dans le communiqué. «Ces fonds sont essentiels pour lancer immédiatement les opérations. Dans les premiers jours de notre réponse, un financement rapide et flexible peut faire toute la différence», a-t-il estimé.

 

Fonds d’aide à l’Ukraine créé avec les actifs russes confisqués

10h00 | Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a proposé lundi à Varsovie que les actifs de l’État et des oligarques russes gelés en Occident soient confisqués définitivement et destinés à un fonds pour la reconstruction de l’Ukraine.

«L’agresseur brutal ayant attaqué un pays doit payer le prix le plus élevé qu’on puisse imposer en démocratie et dans le cadre de la coexistence pacifique des nations», a dit Mateusz Morawiecki à l’issue d’une rencontre avec ses homologues lituanienne Ingrida Simonyte et ukrainien Denys Chmygal.

Il a appelé la communauté internationale à donner aux Ukrainiens «un espoir de reconstruction, l’espoir d’un avenir» qui doit s’appuyer «sur un grand fonds basé sur les actifs russes» saisis.   

«Gelez les actifs de l’État russe complètement, confisquez-le. Gelez les actifs des oligarques russes, grands et petits, hommes d’affaires et politiciens. Qu’ils servent aux gens, aux victimes désarmées du régime de Poutine. Qu’ils servent à la reconstruction de l’État qui défend héroïquement son indépendance et sa souveraineté», a-t-il dit.

Ingrida Simonyte et Denys Chmygal se sont eux aussi prononcés pour le renforcement des sanctions.

Denys Chmygal, qui a qualifié la Russie d’«État terroriste», a renouvelé l’appel ukrainien à l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de son pays pour «sauver des milliers de vies des Ukrainiens tués par des bombardements aériens» russes.

Cette demande a déjà été écartée par les pays occidentaux, qui estiment que cette mesure pourrait être considérée comme un acte de guerre.

Le premier ministre ukrainien a remercié ses partenaires pour leur appui à l’aspiration de son pays à rejoindre l’Union européenne. «Les Ukrainiens veulent voir la perspective de l’adhésion de leur pays à l’UE», a-t-il dit.

La première ministre lituanienne, qui a estimé que «l’impact complet des sanctions serait ressenti seulement au bout d’un certain temps», a affirmé que ces mesures devraient viser aussi le Bélarus parce que ce pays «a prêté son territoire pour cette invasion méprisable de l’Ukraine».

6h20 | Londres — Le gouvernement britannique fait pression sur les entreprises pour qu’elles cessent d’investir en Russie et sur certaines organisations publiques pour mettre un terme à des contrats conclus avec des groupes russes, d’après un communiqué et la presse britannique.

Le Chancelier de l’Échiquier Rishi Sunak appelle à «réfléchir attentivement» avant de faire des investissements en Russie «qui pourraient soutenir le régime barbare de (Vladimir) Poutine», dans un communiqué du Trésor britannique publié dimanche.

Il n’y a «aucune raison» pour faire de nouveaux investissements en Russie et davantage de mesures doivent être prises «pour infliger collectivement les plus gros dégâts économiques» à Moscou en réaction à son invasion de l’Ukraine, ajoute-t-il.

Des entreprises britanniques importantes, comme BP, Shell, Unilever, Aviva et Centrica ont annoncé leur intention de couper leurs liens avec la Russie à cause de la guerre en Ukraine. M. Sunak a rencontré la semaine dernière des dirigeants d’entreprises à ce sujet.

D’après la presse britannique, le sidérurgiste nationalisé Sheffield Forgemasters a reçu par ailleurs pour instruction du gouvernement britannique de mettre fin à un contrat d’approvisionnement en énergie du géant russe Gazprom.

Selon l’agence de presse PA, le ministre de la Santé britannique Sajid Javid a également demandé à ce que le service public de santé, le NHS, cesse d’avoir recours à Gazprom pour son énergie.

Londres a annoncé la semaine dernière un embargo sur les importations de produits pétroliers russes en réaction à l’offensive de Moscou en Ukraine.

Le gouvernement britannique a également imposé des sanctions sur 400 députés de la Douma ayant soutenu l’invasion de l’Ukraine et sur une vingtaine d’oligarques.

L’examen d’un projet de loi sur la criminalité économique a aussi été accéléré pour permettre de sanctionner plus facilement l’argent d’origine douteuse.

 

La Russie aurait demandé l’aide de la Chine

5h15 | Paris — La Russie a demandé l’aide économique et militaire de la Chine pour mener la guerre en Ukraine et contourner les sanctions occidentales, a affirmé dimanche le New York Times, au moment où Washington a mis en garde Pékin contre toute assistance à Moscou.

Pékin a réagi avec colère à ces informations, sans toutefois les démentir spécifiquement. «Ces derniers temps, les États-Unis propagent constamment de fausses nouvelles à l’encontre de la Chine», s’est borné à déclarer devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.