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Ukraine: l’offensive russe s’intensifie malgré des pourparlers

AFP et La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Ukraine: l’offensive russe s’intensifie malgré des pourparlers

À quasiment chaque seconde qui passe, un enfant en Ukraine devient un réfugié, a relevé mardi l'Unicef, commentant le flot continu de personnes fuyant le pays depuis le 24 février et l'invasion russe. (Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe tous les derniers développements à propos de l’invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 15 mars. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c’est ici. NDLR. Certains contenus sont explicites et peuvent être difficiles à lire.    

 

13h30 | L’offensive russe en Ukraine s’est intensifiée mardi, avec une série de frappes sur Kyiv placée sous couvre-feu, malgré une reprise des pourparlers visant à arriver à un cessez-le-feu et une concession importante du président ukrainien, qui s’est dit prêt à renoncer à une adhésion à l’OTAN. 

Au moins quatre personnes ont été retirées mortes et une quarantaine d’autres dégagées vivantes d’un immeuble d’habitation d’un quartier ouest de Kyiv, Sviatochine, après une frappe russe qui y a provoqué un incendie, selon un bilan des autorités locales. 

Un autre bâtiment a été touché dans le quartier nord-ouest de Podil, plus proche du centre-ville, faisant un blessé. 

«L’explosion a été énorme», a raconté à l’AFP Alla Rahulina, une femme de 64 ans, en sanglots. «Les gens dormaient et des éclats de verre ont volé dans tous les sens. J’ai littéralement été projetée contre le mur : c’est vraiment un miracle que personne n’ait été tué».

La veille, à la limite nord-ouest de la capitale, Pierre Zakrzewski, un cameraman rôdé aux zones de guerre qui travaillait pour Fox News, a été tué et son collègue Benjamin Hall blessé, a annoncé mardi cette chaîne de télévision américaine. Le journaliste américain Brent Renaud avait péri dimanche dans la banlieue nord-ouest.

Kyiv vit «un moment dangereux et difficile», a estimé mardi son maire, Vitali Klitschko, décrétant un couvre-feu de mardi 20h à jeudi 7h.

Pour «renforcer la défense de Kyiv», le président ukrainien Volodymyr Zelensky a nommé à la tête de la région militaire de la capitale Olexandre Pavliouk, qui commandait jusqu’ici les opérations militaires dans l’est de l’Ukraine.

Cette ville, que les forces russes tentent d’encercler, s’est vidée d’au moins la moitié de ses 3,5 millions d’habitants depuis le début du conflit le 24 février.

 

«Négociations en cours» 

La capitale désertée attend néanmoins la visite des premiers ministres polonais Mateusz Morawiecki, tchèque Petr Fiala et slovène Janez Jansa, partis de Pologne mardi, en train, pour rencontrer le président Zelensky et le premier ministre Denys Chmygal. 

Ils entendent « réaffirmer le soutien sans équivoque de l’ensemble de l’Union européenne » à l’Ukraine et présenter « un vaste ensemble de mesures de soutien », selon Varsovie.

On ignorait quand ils arriveraient. Peu après 11 h GMT, ils avaient passé Lviv, à 550 km à l’ouest de Kyiv, selon le cabinet du chef du gouvernement polonais.

Ce déplacement intervient sur fond de reprise mardi après-midi des pourparlers russo-ukrainiens, après 24 heures de pause.

«Les négociations sont en cours», a déclaré sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, le négociateur-en-chef côté ukrainien. Au menu des discussions figurent notamment « un cessez-le-feu et le retrait des troupes » russes du territoire ukrainien.

Ces négociations se déroulent par visioconférence, après trois sessions en présentiel au Bélarus voisin, puis une rencontre jeudi en Turquie des chefs des diplomaties russe et ukrainienne.

Le Kremlin a estimé mardi prématuré tout « pronostic », tandis qu’un conseiller de la présidence ukrainienne jugeait possible un accord de paix d’ici à « fin mai ».

Le président Zelensky a néanmoins semblé faire une concession importante, en reconnaissant que son pays n’adhèrerait pas à l’OTAN.  

«Nous avons entendu pendant des années que les portes étaient ouvertes, mais nous avons aussi entendu que nous ne pourrions pas adhérer. C’est la vérité et il faut le reconnaître», a-t-il déclaré au cours d’une réunion avec des responsables occidentaux.

Il avait déjà récemment dit avoir « tempéré sa position » sur cette question.

Vladimir Poutine a justifié en partie l’invasion de l’Ukraine par la crainte de voir l’Ukraine, une ex-république soviétique, rejoindre l’alliance militaire occidentale, qu’il considère comme une menace existentielle pour la Russie. 

 

Trois millions de réfugiés

En attendant l’issue des discussions, la Russie élargit néanmoins son offensive à l’ensemble du territoire ukrainien, après avoir évoqué lundi «la possibilité de prendre sous contrôle total (les) grandes villes qui sont déjà encerclées».

L’offensive vise désormais aussi l’ouest de l’Ukraine. Après des frappes sur une base militaire proche de la Pologne dimanche, une frappe lundi contre une tour de télévision près de Rivne a fait 19 morts, selon le dernier bilan mardi des autorités locales.

Les combats se rapprochent aussi de la grande ville de Dnipro, stratégiquement située au centre du pays, sur le Dniepr. Son aéroport a été bombardé et largement détruit dans la nuit de lundi à mardi, a souligné son maire.

Dans le sud, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, une ville portuaire stratégique sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours, a fait savoir l’état-major ukrainien. 

Quelque 2 000 véhicules ont pu la quitter mardi en direction de Zaporojie via un couloir humanitaire, selon la municipalité. Mais jusqu’à 300 000 personnes restent coincées, terrées dans des caves et privées de tout.

Plus à l’ouest, Mykolaïv, le dernier verrou sur la route d’Odessa, sur la mer Noire, est aussi régulièrement bombardé. 

Dans une maternité de la ville, les femmes, à chaque alerte, descendent au sous-sol, où une salle d’accouchement a été aménagée, a constaté l’AFP.

«En temps de paix, c’était un lieu utilisé par les plombiers, les techniciens. Il y a quatre ou cinq jours, nous avons eu deux femmes qui ont accouché simultanément dans cette pièce», raconte le médecin-chef, Andriy Hrybanov.

En près de trois semaines de conflit, plus de trois millions de personnes ont fui l’Ukraine, majoritairement vers la Pologne, a annoncé mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dont 1,4 million d’enfants, soit «pratiquement un enfant par seconde», selon l’Unicef. 

 

Irruption télévisée

En Russie, dans un rare moment de protestation publique, une femme, Marina Ovsiannikova, a fait irruption lundi soir sur le plateau d’une grande chaîne de télévision russe pour laquelle elle travaillait avec une pancarte critiquant l’offensive en Ukraine.

«Non à la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment ici», pouvait-on y lire. 

La vidéo de l’incident a inondé les réseaux sociaux, de nombreux internautes saluant un «courage extraordinaire».

La protestataire a été arrêtée, le Kremlin dénonçant un acte de «hooliganisme». 

Devant un juge mardi, au cours d’une audience pas directement liée à son action à la télévision, mais à une vidéo qu’elle avait diffusée sur internet, elle a rejeté toute culpabilité.

«Je reste convaincue que la Russie commet un crime (…) et qu’elle est l’agresseur de l’Ukraine», a-t-elle calmement affirmé.

Elle a été condamnée à 30 000 roubles d’amende (environ 250 euros au taux actuel), puis libérée. 

Le président français Emmanuel Macron avait déclaré, avant ce jugement, que la France allait «lancer des démarches» pour lui accorder «une protection consulaire» soit l’asile.

L’utilisation du mot «guerre» par des médias ou des particuliers pour décrire l’intervention russe en Ukraine est passible de poursuites et de lourdes peines. Les autorités russes parlent d’«opération militaire spéciale».

 

Nouvelles sanctions

Parallèlement, les Occidentaux continuent à durcir leurs sanctions contre la Russie. 

Un quatrième train de mesures punitives de l’Union européenne devait entrer en vigueur mardi, portant sur l’accès aux marchés, les exportations de biens de luxe comme le champagne ou l’appartenance à des institutions financières internationales.

Londres a aussi annoncé de nouvelles sanctions, dont des droits de douane plus élevés sur la vodka et une interdiction d’exporter des produits de luxe vers la Russie.

Le Trésor américain a annoncé quant à lui de nouvelles sanctions visant le président bélarusse Alexandre Loukachenko et son épouse, ainsi que des personnes et une entité russes, pour corruption et atteinte aux droits humains.

La Russie a pour sa part adopté mardi pour la première fois des contre-sanctions, visant le président américain Joe Biden, le premier ministre canadien Justin Trudeau et plusieurs membres de leurs gouvernements.

Au total, 13 personnalités américaines sont visées, dont le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le chef du Pentagone Lloyd Austin, a fait savoir le ministère russe des Affaires étrangères. Mais aucun détail sur ces mesures n’a été donné, le ministère se contentant de dire qu’elles suivaient « le principe de la réciprocité ».

La Russie a par ailleurs annoncé mardi avoir « notifié » son retrait du Conseil de l’Europe. Cette organisation dédiée à la défense des droits humains menaçait de prendre ce jeudi la mesure inédite de l’exclure de ses rangs.  

 

 

10h40 | Kyiv — Une frappe contre un immeuble d’habitation à Kyiv a causé mardi la mort d’au moins quatre personnes, selon un nouveau bilan fourni sur son compte Telegram par le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko.

Au total, quatre explosions ont été entendues tôt mardi matin à Kyiv, ville presque entièrement encerclée par les forces russes qui ont attaqué l’Ukraine le 24 février.

Des bâtiments et une station de métro ont été touchés, ont constaté des journalistes de l’AFP. 

Sur Facebook, les services d’urgence ont annoncé qu’une «frappe» avait atteint un immeuble de 15 étages dans le quartier de Sviatochine, dans l’Ouest de Kyiv, provoquant l’incendie de tout le bâtiment. Ils ont précisé avoir pu sauver 27 personnes.

Les secours ont ajouté qu’un autre immeuble du quartier avait été touché et qu’un incendie de faible intensité s’était alors déclaré. 

Les services d’urgence ont par ailleurs dit qu’une frappe avait atteint un bâtiment de neuf étages dans le nord-ouest de la capitale ukrainienne, dans le quartier de Podil. Un incendie y a été éteint par les pompiers. Une personne a été prise en charge et hospitalisée, selon les secours. 

Toutes les vitres de l’immeuble et de ceux situés à proximité ont été soufflées, a vu un journaliste de l’AFP sur place. En début de matinée, plusieurs personnes jetaient des débris par les fenêtres des appartements ravagés.

Dans un communiqué distinct, les secours ukrainiens ont dit qu’une frappe avait aussi causé l’incendie d’une maison dans le quartier d’Ossokorky, dans le sud-est de la capitale, sans toutefois faire de victimes.

Les secours n’ont pas donné de précisions sur le type de munitions employées dans chacun de ces cas.

Les combats ont redoublé d’intensité ces derniers jours autour de Kyiv.

La moitié des plus de trois millions d’habitants sont partis depuis le début de l’offensive russe.

Lundi, plusieurs morts et des blessés avaient été signalés après des bombardements dans différents quartiers de la capitale.

D’intenses combats opposent depuis plusieurs jours les forces russes et ukrainiennes à la périphérie nord-ouest de Kyiv.

 

Reprise des pourparlers entre l’Ukraine et la Russie

9h41 | Kyiv — La quatrième session de pourparlers entre l’Ukraine et la Russie a repris mardi après une pause la veille, a annoncé un haut responsable ukrainien, insistant sur le cessez-le-feu réclamé par Kyiv.

«Les négociations sont en cours», a déclaré sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, un négociateur et conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Au menu des discussions figurent notamment «un cessez-le-feu et le retrait des troupes» russes du territoire ukrainien, a-t-il ajouté.

La quatrième session de pourparlers entre Moscou et Kyiv avait débuté lundi en visioconférence. Les délégations s’étaient séparées pour une «pause technique» avec la promesse de reprendre les discussions mardi.

Les deux camps ont affiché un certain optimisme ces derniers jours, même si le Kremlin a estimé mardi qu’il était prématuré de faire tout «pronostic».

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksiï Arestovitch, a jugé possible un accord de paix d’ici le mois de mai, «et peut-être beaucoup plus rapidement».

Dans la nuit, le président Volodymyr Zelensky a assuré que les Russes ont «commencé à comprendre qu’ils n’arriveront à rien par la guerre». 

«On m’a dit que (les pourparlers en cours) étaient plutôt bons», a indiqué le chef de l’État ukrainien, après avoir évoqué samedi une approche nouvelle, «fondamentalement différente», de Moscou dans les négociations. 

«Mais attendons de voir», a-t-il ajouté.

En attendant, les forces russes continuent de pilonner plusieurs villes d’Ukraine. Des frappes sur des immeubles d’habitation de Kyiv ont fait au moins deux morts mardi matin.

 

Les frappes se multiplient sur Kyiv

8h24 | Kyiv — Des délégations russe et ukrainienne doivent reprendre leurs pourparlers mardi, alors que les frappes russes se multiplient sur Kyiv même et que l’armée russe élargit son offensive à tout le pays, jetant sur les routes de l’exil plus de trois millions d’Ukrainiens.

Deux personnes ont été retirées mortes et 27 autres ont pu être dégagées vivantes d’un immeuble d’un quartier ouest de la capitale, Sviatochine. Le bâtiment de 15 étages s’est embrasé mardi après avoir été touché par une frappe, selon les services de secours ukrainiens.

«À 4h20, tout tremblait très fort. Je me suis levée, ma fille a accouru et m’a demandé, “Tu es vivante?” Mais dans une des chambres, on n’arrivait pas à dégager mon gendre et mon petit-fils, alors on a cassé les portes, ils ont pu sortir», a indiqué à l’AFP Lioubov Goura, 73 ans, qui résidait au 11e étage, juste après que les secours l’eurent ramenée au sol. 

Un autre immeuble de neuf étages a été touché dans le quartier nord-ouest de Podil, plus proche du centre-ville, faisant un blessé, selon les secours. Plus au sud, le quartier d’Ossokorky, a également subi des dégâts, selon un photographe de l’AFP.  

La capitale vit «un moment dangereux et difficile», a déclaré le maire de la ville, Vitali Klitschko, en décrétant un couvre-feu de mardi 20h00 (14h, heure du Québec) à jeudi 7h00 (1h00, heure du Québec). 

Kyiv, que les forces russes tentent d’encercler, s’est vidée d’au moins la moitié de ses quelque trois millions habitants depuis le début du conflit le 24 février.

 

Visite de dirigeants

La ville désertée attendait néanmoins la visite des premiers ministres polonais Mateusz Morawiecki, tchèque Petr Fiala et slovène Janez Jansa, partis de Pologne mardi, en train, pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le premier ministre Denys Chmygal, selon un communiqué de la présidence polonaise. 

L’objectif de cette visite est de «réaffirmer le soutien sans équivoque de l’ensemble de l’Union européenne à la souveraineté et à l’indépendance de l’Ukraine, et de présenter un vaste ensemble de mesures de soutien à l’État et à la société ukrainiennes».

Cette visite, la première annoncée de dirigeants étrangers à Kyiv depuis le début de la guerre, intervient alors que doivent reprendre mardi des pourparlers russo-ukrainiens, interrompus la veille. 

Les discussions se déroulent par visioconférence après trois rounds en présentiel au Bélarus voisin puis une rencontre jeudi en Turquie des chefs des diplomaties russe et ukrainienne.

Le Kremlin a estimé mardi prématuré tout «pronostic», tandis qu’un conseiller de la présidence ukrainienne a jugé possible un accord de paix d’ici «fin mai».

Dans la nuit, le président Volodymyr Zelensky a assuré que les Russes ont «commencé à comprendre qu’ils n’arriveront à rien par la guerre». 

«On m’a dit que (les pourparlers en cours) étaient plutôt bons», a indiqué le chef de l’État, après avoir évoqué samedi une approche nouvelle, «fondamentalement différente», de Moscou dans les négociations. «Mais attendons de voir».

 

Trois millions de réfugiés

En attendant une éventuelle percée dans les discussions, la Russie élargit son offensive à l’ensemble du pays et a évoqué lundi «la possibilité de prendre sous contrôle total (les) grandes villes qui sont déjà encerclées».

Depuis vendredi, les combats ont gagné l’ouest du pays. Une frappe lundi contre une tour de télévision près de Rivne (nord-ouest) a fait 19 morts et neuf blessés, selon un nouveau bilan mardi des autorités locales.

Et la grande ville de Dnipro, stratégique pour sa situation centrale sur le fleuve Dniepr, a vu mardi son aéroport bombardé, avec des «destructions massives», selon son maire, qui n’a pas évoqué de victimes.

Dans le sud du pays, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, ville portuaire stratégique sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours, selon l’état-major ukrainien, qui affirme les obliger à «battre en retraite».  

Plus à l’ouest, les bombes pleuvent aussi sur Mykolaïv, dernier verrou sur la route d’Odessa, sur la mer Noire. Dans une des maternités de la ville, des dizaines de femmes se sont déjà habituées en cas d’alerte à descendre au sous-sol. Une salle d’accouchement y a été aménagée, avec un aquarium au bruit apaisant, a constaté l’AFP.

«En temps de paix, c’était un lieu utilisé par les plombiers, les techniciens. Il y a quatre ou cinq jours, nous avons eu deux femmes qui ont accouché simultanément dans cette pièce», raconte le médecin-chef, Andriy Hrybanov, qui se souvient avec précision du poids des nouveau-nés, «5,18 kg et 5,4 kg».

Plus de trois millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion le 24 février, a indiqué mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dont 1,4 million d’enfants, soit «pratiquement un enfant par seconde», a précisé de son côté l’Unicef. 

Le ministre ukrainien des Finances Sergui Martchenko a estimé que la guerre avait déjà causé quelque «500 milliards» de dollars de pertes à l’économie ukrainienne, dans une interview au magazine Forbes. 

 

Irruption télévisée

En Russie, dans un rare moment de protestation publique, une femme, identifiée par l’ONG OVD-Info comme Marina Ovsiannikova, a fait irruption lundi soir sur le plateau d’une grande chaîne de télévision russe avec une pancarte critiquant l’offensive en Ukraine.

«Non à la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment ici», pouvait-on lire sur sa pancarte. 

La vidéo de l’incident est devenue virale sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes saluant un «courage extraordinaire».

La protestataire a été arrêtée. Le Kremlin a dénoncé un acte de «hooliganisme».

L’utilisation du mot «guerre» par des médias ou des particuliers pour décrire l’intervention russe en Ukraine est désormais passible de poursuites et de lourdes peines. Les autorités russes parlent elles d’«opération militaire spéciale». 

 

À la page suivante, guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 20e jour

Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 20e jour

7h38 | Paris — Un couvre-feu à partir de mardi 14h00, heure du Québec, et pour 35 heures a été décrété à Kyiv, qui a été bombardée à plusieurs reprises mardi matin, tandis que l’armée russe étend son offensive à tout le pays.

Le Kremlin a même évoqué lundi «la possibilité de prendre sous contrôle total (les) grandes villes qui sont déjà encerclées».

Depuis vendredi, les combats ont gagné l’ouest du pays et mardi l’aéroport de la grande ville de Dnipro (est), restée relativement épargnée jusqu’ici, a été bombardé, avec des «destructions massives», selon son maire.

Voici un point de la situation établi à partir d’éléments des journalistes de l’AFP sur place et de services d’urgence, ainsi que de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d’analystes et d’organisations internationales.

 

Kyiv et le Nord

Les frappes russes se multiplient à Kyiv, et la mairie a imposé un couvre-feu de 35 heures à partir de mardi soir dans la capitale ukrainienne qui vit un «moment dangereux et difficile», a annoncé le maire Vitali Klitschko.

La circulation sera interdite dans la ville «à partir d’aujourd’hui» à 20h00 (14h00, heure du Québec) et jusque 7h00 (1h00, heure du Québec) jeudi, a annoncé sur Telegram l’ancien champion du monde de boxe, après que Kyiv a été bombardée à plusieurs reprises mardi matin.

Deux personnes ont été retirées mortes et 27 autres ont pu être dégagées saines et sauves d’un immeuble d’un quartier ouest de la capitale, Sviatochine. Le bâtiment de 15 étages s’est embrasé mardi après avoir été touché par une frappe, selon les services de secours ukrainiens.

Un autre immeuble de neuf étages a été touché dans le quartier nord-ouest de Podil, plus proche du centre-ville. Une personne a été prise en charge et hospitalisée, selon les secours. 

 

L’Est

L’aéroport de la grande ville de Dnipro (est) — restée relativement épargnée jusqu’ici — a été bombardé mardi, avec des «destructions massives», selon son maire, qui n’a pas évoqué de victimes dans l’immédiat.

«Dans la nuit, l’ennemi a attaqué l’aéroport de Dnipro. Deux frappes. La piste de décollage et d’atterrissage a été détruite. Le terminal est endommagé. Destructions massives», écrit Valentin Reznitchenko, gouverneur de la région éponyme sur Telegram.  

Samedi, Dnipro a été visée par des bombardements qui ont fait au moins un mort.

 

Le Sud

Dans le sud, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, ville portuaire stratégique sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours. 

Mais selon l’état-major ukrainien, ils auraient perdu 150 soldats dans l’offensive et «battu en retraite». Des informations invérifiables de source indépendante. 

 

L’Ouest et le Centre

Une frappe lundi contre une tour de télévision près de Rivne (nord-ouest) a fait 19 morts et neuf blessés, selon les autorités locales.

 

Bilan humain

Aucun bilan précis n’est disponible dans l’immédiat. 

«Environ 1 300» militaires ukrainiens ont été tués depuis le début de l’invasion russe le 24 février, a indiqué samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. 

L’Ukraine affirme que l’armée russe, elle, a perdu «environ 12 000 hommes». Moscou a annoncé le 2 mars son seul et unique bilan (498 soldats tués). Le Pentagone a fourni pour sa part une estimation de 2 000 à 4 000 morts russes en 14 jours.

Au moins 636 civils, dont une cinquantaine d’enfants, ont été tués en Ukraine et plus de 1 100 blessés, d’après le dernier décompte de l’ONU, qui souligne que ses bilans sont probablement très inférieurs à la réalité.

La municipalité de Marioupol affirme que près de 2 200 habitants ont péri dans cette seule ville.

 

Réfugiés et déplacés

Le nombre de personnes ayant fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion du pays par l’armée russe a atteint les 3 millions, a indiqué mardi un porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Genève. Sur ce nombre total de réfugiés, plus de 1,4 million sont des enfants selon les chiffres de l’Unicef, et 157 000 sont des ressortissants d’autres pays fuyant l’Ukraine, a précisé l’OIM.

À quasiment chaque seconde qui passe, un enfant en Ukraine devient un réfugié, a relevé mardi l’Unicef, commentant le flot continu de personnes fuyant le pays depuis le 24 février et l’invasion russe.

 

Ukraine: Moscou se refuse à tout «pronostic» sur les négociations avec Kyiv

6h52 | Moscow — Le Kremlin a estimé mardi prématuré tout «pronostic» sur les négociations avec Kyiv, qui doivent reprendre mardi, après qu’un conseiller de la présidence ukrainienne a jugé possible un accord de paix d’ici mai.

«Le travail entre les deux délégations (russe et ukrainienne) se poursuit par visioconférence, c’est un travail complexe, et le fait qu’il se poursuive est déjà positif», a estimé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

«Nous ne voulons pas faire de pronostics pour le moment», a-t-il ajouté, préférant «attendre d’avoir des résultats tangibles avant d’informer les populations des deux pays».

Auparavant, Oleksiï Arestovitch, un conseiller de la présidence ukrainienne, avait estimé possible qu’un accord de paix soit trouvé entre Moscou et Kyiv. 

«Je pense qu’au plus tard en mai (…), nous devrions très probablement parvenir à un accord de paix, et peut-être beaucoup plus rapidement», a-t-il indiqué sur une chaîne YouTube.

Interrogé lors d’un briefing presse sur le format d’un tel accord, M. Peskov a de son côté jugé qu’il «était également trop tôt pour en discuter publiquement». «Cela fait aussi partie des discussions».

La quatrième session de pourparlers entre l’Ukraine et la Russie doit reprendre mardi après une «pause technique» lundi.