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Poutine dénonce les pressions sur Gazprom en Europe

AFP et La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Poutine dénonce les pressions sur Gazprom en Europe

Le président russe Vladimir Poutine. (Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l’invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 29 mars 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c’est ici.  

9h55 | Moscou — Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé mardi la «pression» exercée contre Gazprom en Europe, soulignant que nationaliser des actifs russes était «une arme à double tranchant».

«La situation dans le domaine énergétique s’aggrave à cause de mesures grossières, qui ne sont pas liées au marché, notamment la pression administrative sur notre société Gazprom dans plusieurs pays européens», a-t-il dit à la télévision, lors d’une réunion consacrée au secteur agricole.

«Nous entendons déjà des déclarations de personnalités officielles à propos d’une nationalisation de certains de nos actifs. On peut aller loin comme ça. Que personne n’oublie qu’il s’agit d’une arme à double tranchant», a ajouté M. Poutine.  

Ces propos interviennent alors que l’Allemagne a annoncé la veille prendre le contrôle temporaire d’une filiale allemande du géant gazier, Gazprom Germania, afin d’assurer la pérennité des approvisionnements en gaz. 

Cette décision est intervenue après que le groupe russe a annoncé vendredi son «retrait» de cette filiale, sans immédiatement indiquer de repreneur, créant un flou sur l’avenir de l’entreprise.

Les filiales de Gazprom sont les opérateurs d’importantes infrastructures de stockage de gaz et de carburants en Allemagne. Gazprom Germania détient à son tour plusieurs filiales au Royaume-Uni, en Suisse et en République Tchèque.

La Russie et les pays européens sont étroitement liés par leur interdépendance énergétique: Moscou a besoin de sa manne gazière, quand l’UE est très dépendante des hydrocarbures russes. 

Cette relation est sous pression croissante depuis l’offensive russe en Ukraine et les sanctions qui ont frappé l’économie de la Russie.

L’UE dit chercher à réduire sa dépendance vis-à-vis de Moscou, mais en attendant hésite à frapper le secteur énergétique russe avec des sanctions.

Moscou a de son côté dit imposer aux clients européens de payer leurs factures de gaz en roubles, même si dans la pratique la facturation est toujours en euros ou en dollars.

Le Kremlin n’a cessé aussi de souligner que la Russie était un exportateur fiable d’hydrocarbures, et que les approvisionnements n’ont pas été affectés ni par le conflit en Ukraine ni par les sanctions.

 

Ukraine: Bruxelles veut bannir le charbon russe et fermer les ports de l’UE aux navires russes

9h53 | Strasbourg — La Commission européenne a proposé mardi aux Vingt-Sept de durcir les sanctions contre Moscou, en arrêtant leurs achats de charbon russe, qui représentent 45% des importations de l’UE, et en fermant les ports européens aux bateaux russes ou opérés par des Russes.

Les quatre trains de sanctions européennes contre Moscou depuis février «ont frappé fort et limité les options politiques et économiques du Kremlin», mais après la découverte d’un grand nombre de corps dans la région de Kyiv, «il faut clairement accroître encore notre pression», a estimé la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, dans une vidéo postée en ligne.

Les propositions de Bruxelles doivent être discutées mercredi par les représentants des Vingt-Sept avant une réunion lundi des ministres européens des Affaires étrangères. Les sanctions requièrent l’unanimité. Les ministres des Finances réunis à Luxembourg ont également discuté du nouveau train de sanctions.

La Commission propose «d’interdire toutes les importations de charbon en provenance de Russie, d’une valeur de 4 milliards d’euros par an», a indiqué Mme von der Leyen.

Plusieurs experts, dont ceux de l’institut Bruegel, estiment plus facile pour les Vingt-Sept de remplacer le charbon russe par d’autres sources d’approvisionnement contrairement au pétrole (25% des achats européens) ou au gaz (45% des importations de l’UE), dont l’embargo éventuel fait l’objet d’âpres discussions entre les États membres.

«Nous travaillons sur des sanctions supplémentaires, notamment sur les importations de pétrole», a cependant affirmé Ursula von der Leyen.

Bruxelles propose également de durcir les sanctions financières existantes, avec une interdiction totale des transactions avec quatre grandes banques représentant un quart du secteur bancaire russe, dont VTB, deuxième établissement du pays.

L’UE a déjà privé sept banques russes d’accès au système financier international Swift.

La Commission souhaite également que les bateaux contrôlés ou opérés par des entités ou individus russes soient interdits dans les ports européens, avec des «exemptions couvrant des produits essentiels, notamment agricoles et alimentaires, l’aide humanitaire ainsi que le secteur de l’énergie».

Elle propose en outre d’interdire dans l’UE les opérateurs de transport routier russes et bélarusses, afin de «limiter considérablement les possibilités pour l’industrie russe de se procurer des composants essentiels», a indiqué Mme von der Leyen.

Bruxelles entend aussi interdire pour 10 milliards d’euros d’exportations d’équipements et composants industriels cruciaux vers la Russie, comme les semi-conducteurs avancés ou les ordinateurs quantiques.

L’exécutif européen veut également élargir la liste des produits russes interdits d’importation dans l’UE, «du bois au ciment et des fruits de mer à l’alcool», afin de «stopper le flux d’argent de la Russie et de ses oligarques», pour une valeur estimée de 5,5 milliards d’euros par an ainsi que bloquer l’accès des entreprises russes aux marchés publics dans l’UE.

Enfin, la liste noire des Russes et Bélarusses dont les avoirs dans l’UE sont saisis, qui cible actuellement 877 personnes et 62 entités, serait élargie de «dizaines de personnes», actives notamment «dans la politique, les milieux d’affaires et la propagande», selon le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.

Les «atrocités» contre «les populations civiles» en Ukraine «ne peuvent pas, et ne vont pas, rester impunies», a promis Mme von der Leyen.

 

Washington interdit à la Russie de payer sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines

8h49 | Washington — Les États-Unis n’autorisent plus la Russie à rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines à partir de mardi, renforçant la pression et faisant croître le risque d’un défaut de paiement russe.

Moscou «doit choisir entre vider ses réserves de dollars restantes ou (utiliser) de nouveaux revenus entrants, ou faire défaut», a indiqué à l’AFP un porte-parole du Trésor américain.

Washington prend cette mesure alors qu’«aujourd’hui est la date limite pour que la Russie effectue un autre paiement de la dette», a précisé le ministère.

Le Trésor précise que «cela épuisera davantage les ressources que Poutine utilise pour poursuivre sa guerre contre l’Ukraine et entraînera plus d’incertitude et de défis pour le système financier» russe.

Les dirigeants des pays du G7 et de l’Union européenne ont pris de nouvelles mesures le 24 mars pour continuer à empêcher la Banque centrale russe d’utiliser ses réserves internationales, y compris en or, afin de bloquer le financement de la guerre.

«Parmi les plus de 700 sanctions que nous avons imposées, l’une des actions les plus puissantes a été nos sanctions contre la Banque centrale de Russie», a encore souligné le porte-parole du Trésor.

Auparavant déjà, les sanctions occidentales prises en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine avaient gelé la partie des réserves russes détenues à l’étranger, environ 300 milliards de dollars.

Ces sanctions font craindre que Moscou ne soit plus en mesure de rembourser et soit donc menacé d’un défaut de paiement.

Les sanctions occidentales ont paralysé une partie du système bancaire et financier du pays et provoqué un effondrement du rouble. Un défaut de paiement coupe un État des marchés financiers et compromet son retour pour des années.