Achats d'HQ: l’industrie a besoin de prévisibilité pour accroître le contenu québécois

Publié le 02/12/2022 à 10:00

Achats d'HQ: l’industrie a besoin de prévisibilité pour accroître le contenu québécois

Publié le 02/12/2022 à 10:00

Par François Normand

Hydro-Québec estime à environ 30% la proportion des biens (fournitures, composants, équipements) qu'elle achète au Québec qui sont en fait fabriqués ou assemblés ici. (Photo: courtoisie Hydro-Québec)

Les fournisseurs de l’industrie électrique ont besoin de plus de prévisibilité pour répondre au désir d’Hydro-Québec qu’une part beaucoup plus importante de ses achats de biens (fournitures, composants, équipements, etc.) soient fabriqués ou assemblés dans la province.

«Il faut des contrats d’approvisionnement à long terme», affirme à Les Affaires Marie Lapointe, PDG de l’Association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ), qui représente des équipementiers comme ABB, Voith ou Marmen.

Bref, pour accroître la production ou l’assemblage local de biens (fournitures, composants, équipements), les principaux fournisseurs de l’industrie et leurs propres fournisseurs ont besoin de sécuriser des volumes à long terme afin de justifier de nouveaux investissements.

On parle d’une période qui pourrait osciller de 3 à 5 ans, selon l’AIEQ.

«Les fournisseurs aimeraient aussi pouvoir réaliser un rendement sur leurs investissements sur une période de 3 à 4», ajoute Marie Lapointe.

Actuellement, Hydro-Québec – le principal donneur d’ordre dans l’industrie électrique, mais il y a aussi des organisations comme le producteur d’énergie renouvelable Boralex ou la Société de transport de Montréal – n’offrirait pas à ses fournisseurs des contrats suffisamment à long terme, selon les membres de l’AIEQ.

L’organisme fait valoir que des contrats à long terme sont indispensables pour accroître la part du contenu québécois dans les produits achetés dans la province par Hydro-Québec – et les autres donneurs d’ordre.

 

Des approvisionnements de 3,7 G$ en 2021

Dans le cas d’Hydro-Québec seulement, le coût de ses approvisionnements dans la province a totalisé 3,7 milliards de dollars canadiens en 2021. Selon ses données internes, 84% des achats de biens ont été réalisés au Québec — cette proportion s’élevait à 97% pour les services.

Or, cette proportion de 84% ne signifie pas que 84% de ces biens ont été fabriqués ou assemblés au Québec, mais plutôt qu’Hydro-Québec les a achetés auprès d’une entreprise ayant une adresse dans la province.

Par exemple, plusieurs fournisseurs d’Hydro-Québec ont des points de points de vente au Québec. En revanche, ils peuvent fort bien lui vendre des équipements qu’ils ont eux-mêmes importés de la Chine, de l’Europe ou des États-Unis.

À vrai dire, Hydro-Québec estime à environ 30% la proportion de ces biens (dans les 84% achetés dans la province) qui sont fabriqués ou assemblés au Québec, expliquait en mai à Les Affaires Mario Albert, directeur principal des approvisionnements stratégiques à Hydro-Québec.

C’est donc cette proportion de 30% que la société d’État veut accroître dans les prochaines années (et non pas la valeur totale de 3,7 G$) afin de maximiser ses retombées économiques locales — comme c’est du reste sa stratégie depuis des décennies.

«On a donné un mandat à une firme de consultation pour évaluer le plein potentiel au Québec afin de savoir jusqu’où on peut aller. Le plein potentiel est-il de 40%, 50% ou 60%, par exemple ?» avait alors expliqué Mario Albert, en soulignant que cette réponse serait connue à la fin de 2022.

À vrai dire, la société d’État connaîtra plutôt cette information dans les premiers mois de 2023, nous a-t-on indiqué cette semaine chez Hydro-Québec.

 

Plusieurs nouveaux achats locaux potentiels

Sans donner de cible, Marie Lapointe est convaincue que le producteur d’hydroélectricité et les autres donneurs d'ordres peuvent accroître de manière importante leurs achats de biens fabriqués ou assemblés au Québec. À ses yeux, cela pourrait aller de «quelques millions à des centaines de millions de dollars», et ce, en fonction du potentiel réel qui sera sans doute connu en 2023.

Outre une plus grande prévisibilité avec des contrats à long terme, l’AIEQ mise sur des gains de productivité afin que l’industrie électrique puisse offrir aux donneurs d’ordres comme Hydro-Québec des produits de qualité à des prix compétitifs.

«Ça peut par exemple passer par des projets d’automatisation dans certaines entreprises», explique Marie Lapointe.

L’AIEQ a d’ailleurs mis sur pied la Plateforme d’approvisionnement stratégique québécois de l’industrie électrique (PASQÉ) afin d’aider les fournisseurs du Québec à pouvoir offrir des biens de substitution à ceux importés.

La substitution des importations ne s’appuie pas sur une logique de protectionnisme ou de nationalisme économique. Il s’agit plutôt d’une logique où il est rentable et économiquement viable de fabriquer des produits sur une base locale plutôt que de les importer.

Marie Lapointe insiste sur le fait que la PASQÉ n’a pas été créée pour devenir un centre d’approvisionnement, car les grands donneurs d’ordres comme Hydro-Québec ou Boralex continueront de jouer leur rôle, assure-t-elle.

En fait, cette plateforme offre un soutien financier et des conseils stratégiques aux entreprises de l’industrie électrique «qui souhaitent diversifier leur offre et accroître leur capacité pour répondre aux besoins des donneurs d’ouvrage publics et privés».

Et ce, afin d’accroître la proportion des produits fabriqués ou assemblés au Québec sur le total de biens achetés dans la province auprès de fournisseurs locaux, mais dont environ 70% sont en fait importés, selon les estimations d’Hydro-Québec.

 

 

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