Le plafond des permis d’études ralentira la croissance de la demande en logements

Publié le 14/02/2024 à 14:38, mis à jour le 14/02/2024 à 16:40

Le plafond des permis d’études ralentira la croissance de la demande en logements

Publié le 14/02/2024 à 14:38, mis à jour le 14/02/2024 à 16:40

Par La Presse Canadienne

Le nombre de nouveaux visas délivrés cette année sera plafonné à 364 000, en baisse de 35% par rapport aux près de 560 000 permis qui ont été octroyés l’année dernière. (Photo: 123RF)

Le plafond sur le nombre de nouveaux permis d’études qu’a récemment annoncé le gouvernement fédéral n’entraînera pas «immédiatement» une diminution de la demande en logements locatifs de la part des étudiants internationaux, mais il pourrait le faire à plus long terme, révèle une analyse de la Banque Royale du Canada (RBC). 

Ottawa a annoncé en janvier que le nombre de nouveaux permis d’études sera plafonné au cours des deux prochaines années. Le gouvernement tente ainsi de freiner la forte croissance des inscriptions d’étudiants internationaux dans les établissements d’enseignement postsecondaire du pays.

Le nombre de nouveaux visas délivrés cette année sera plafonné à 364 000, en baisse de 35% par rapport aux près de 560 000 permis qui ont été octroyés l’année dernière.

Dans son analyse, RBC soutient que le plafond imposé par le gouvernement fédéral ne réduira pas immédiatement la demande de logements locatifs des étudiants étrangers, mais qu’il devrait ralentir «considérablement» sa croissance en 2024.

«Même si le nombre de permis d’études internationaux sera limité en 2024 à environ la moitié de ce qui a été délivré en 2023, cela ne se traduira probablement pas par une baisse immédiate du nombre total d’étudiants internationaux au Canada», a expliqué l’économiste Rachel Battaglia, qui a rédigé le rapport publié mercredi.

«Et pour cette raison, cela n’entraînera probablement pas une diminution pure et simple du nombre de logements locatifs demandés par les étudiants internationaux au Canada cette année.»

Dans son analyse, Mme Battaglia a cependant ajouté que si le plafond imposé pour cette année restait en vigueur après son échéance en 2025, le nombre d’étudiants étrangers au Canada finirait par diminuer, tout comme le nombre de logements locatifs dont ces étudiants ont besoin.

«Entre−temps, les établissements postsecondaires et d’autres intervenants doivent innover pour accroître le parc de logements pour étudiants, malgré les difficultés liées à la construction rapide de nouveaux bâtiments», a-t-elle prévenu dans son rapport.

Par ailleurs, toutes les provinces ne seront pas affectées de la même manière, puisque le gouvernement fédéral a réparti le plafond national en fonction de la population provinciale.

Ainsi, les contraintes seront plus grandes en Ontario et en Colombie−Britannique, ce qui pousse RBC à prédire que le nombre d’étudiants étrangers dans ces deux provinces restera relativement stable cette année, ce qui entraînera une stagnation de la nouvelle demande de location par les étudiants étrangers.

Dans les provinces de l’Atlantique, le plafond pourrait entraîner un recul de 10% de la demande de logements locatifs des étudiants étrangers dans la région en 2024, selon RBC.

Au Québec, RBC ne s’attend pas à ce que le plafond restreigne la demande de logements locatifs, tout comme dans les provinces des Prairies.

 

Marché locatif tendu 

Les politiques en matière d’immigration du gouvernement fédéral, y compris le programme pour les étudiants internationaux, font l’objet d’une surveillance accrue à mesure que le pays connaît une croissance démographique rapide.

Cette croissance démographique, alimentée par l’immigration permanente et temporaire, a accru la pression sur le marché immobilier.

Le prix des loyers au Canada a grimpé en flèche l’année dernière, alors que l’offre avait du mal à suivre la demande. Cela a conduit au taux d’inoccupation national le plus bas jamais enregistré depuis que la Société canadienne d’hypothèques et de logement a commencé à suivre cette donnée, en 1988.

Dans un rapport publié en janvier, l’organisme national responsable de l’habitation au Canada a révélé que le taux d’inoccupation des appartements locatifs construits à cet effet était de 1,5% au cours des deux premières semaines d’octobre 2023, soit au moment où il a mené son enquête annuelle.

Cette proportion est en baisse par rapport à celle de 1,9% qui avait été enregistrée un an plus tôt, qui représentait à l’époque le taux d’inoccupation national le plus bas en plus de 20 ans.

Des données du site Rentals.ca et de la société d’études de marché Urbanation ont montré que le loyer moyen demandé en décembre au Canada a bondi de 8,6% d’une année sur l’autre, pour atteindre un niveau record de 2178 dollars par mois.

Nojoud Al Mallees, La Presse Canadienne

 

 

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