Le marché de l'immobilier a tenu grâce aux nouveaux venus


Édition du 15 Février 2014

Le marché de l'immobilier a tenu grâce aux nouveaux venus


Édition du 15 Février 2014

Photo: iStock

Les experts l'annoncent depuis un bon moment, mais c'est maintenant clair : le déclin de l'immobilier est sur le point de s'amorcer au Québec. C'est ce qui ressort de la publication toute récente de l'indice Teranet - Banque Nationale sur l'évolution du prix des propriétés. Et pour ce qui est du marché des maisons, sans deux facteurs venus le soutenir, la glissade aurait certainement commencé plus tôt.

Le premier de ces facteurs tient au fait que les gens âgés veulent demeurer chez eux plus longtemps qu'on ne l'imaginait, dans la mesure où il leur est possible de recevoir les soins nécessaires à domicile. Pour une majorité d'entre eux, l'idée de se retirer dans une «résidence» ne surgit pas avant l'âge de 70 ou 75 ans. Cette donnée est tirée d'un sondage réalisé pour l'Association provinciale des constructeurs d'habitation du Québec il y a quelques années.

Bien des observateurs prévoyaient plutôt que ces personnes déserteraient en masse leur propriété et se réfugieraient dans des foyers pour personnes âgées. Il en aurait résulté un soudain arrivage de propriétés sur le marché et un glissement inévitable des prix. La baisse finira bien par se produire, mais plus tard et plus doucement que prévu.

Le deuxième est encore plus significatif et s'ajoute au grand débat en cours sur la place des immigrants dans la société québécoise.

Qui achète des maisons ou des appartements ? Essentiellement, les jeunes ménages. Les plus vieux se tournent vers les condos.

Or, sans le renfort venu de l'immigration, le nombre de personnes de 20 à 44 ans aurait baissé d'une année à l'autre depuis plus de 20 ans. Les nouveaux venus sur le marché immobilier se situent majoritairement dans cette fourchette démographique.

Le phénomène s'est même accentué récemment. En d'autres termes, ces jeunes immigrants forment le gros des nouveaux ménages en quête d'une propriété. Et ils ont ainsi largement contribué à soutenir le marché.

C'est ce qu'en dit Stéfane Marion, stratège en chef de la Banque Nationale et l'un des économistes les plus respectés du Québec. Il en faisait état lors de la conférence annuelle sur les perspectives économiques présentée par la Chambre de commerce de l'Est de Montréal, le 5 février. Avec ses collègues François Dupuis, du Mouvement Desjardins, et Sébastien Lavoie, de la Banque Laurentienne, il s'est appliqué à décortiquer les tendances de fond de l'économie.

On peut donc s'attendre à de la volatilité sur les marchés émergents, à une reprise lente mais progressive en Europe et à une solide performance de l'économie américaine. Le Canada sera à la traîne des États-Unis, même s'il ne s'en tirera pas trop mal, tandis que le Québec, lui... sera à la traîne du Canada. Le repli du dollar canadien devrait cependant aider les exportateurs qui ont souffert ces dernières années.

C'est cependant le regard sur la situation particulière du Québec qui a retenu l'attention. On vient de le dire, le marché immobilier commence à ralentir. L'industrie de la construction - résidentielle tout au moins - en subira forcément les contrecoups. Déjà, la Société canadienne d'hypothèques et de logement signale qu'à Québec, les mises en chantier ont chuté de plus de 50 % de décembre à janvier.

C'est d'autant plus préoccupant que l'industrie de la construction ainsi que le secteur public sont à eux seuls responsables de 80 % des emplois apparus depuis 2007. Sans cet apport, le marché québécois du travail aurait été durement éprouvé.

Il faudra bien intégrer l'ensemble de l'apport économique des nouveaux immigrants dans nos grandes réflexions actuelles. Force est d'admettre qu'à moins de nous lancer dans une nouvelle revanche des berceaux, nous ne nous en tirerons pas tout seuls.

Ce qui aurait dû figurer dans le budget fédéral

Le budget déposé par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, ne passera pas à l'histoire pour ses mesures spectaculaires. Il veut stratégiquement se garder des munitions pour l'an prochain. D'accord. Voici cependant deux interventions qu'il aurait pu envisager.

L'adoucissement de la fiscalité pour les PME : les grandes entreprises sont traitées avec plus de clémence par le fisc. Pourquoi ce traitement inégal ?

Le fractionnement du revenu entre conjoints ayant des enfants à charge : envisagée, cette disposition a été écartée parce que trop coûteuse, même inéquitable, selon certains. Mais si on la réservait aux familles de la classe moyenne, en l'assortissant de conditions précises, elle permettrait aux gens concernés de souffler tout en favorisant la réinjection immédiate de ces fonds dans l'économie.

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