Legault «très ouvert sur le monétaire»; le front commun dit faire des «mouvements»

Publié le 07/12/2023 à 10:34, mis à jour le 07/12/2023 à 14:05

Legault «très ouvert sur le monétaire»; le front commun dit faire des «mouvements»

Publié le 07/12/2023 à 10:34, mis à jour le 07/12/2023 à 14:05

Par La Presse Canadienne

Le front commun intersyndical, qui est constitué de la CSN, de l’APTS, de la FTQ et de la CSQ, amorcera vendredi sa troisième séquence de journées de grève, cette fois−ci d’une durée de sept jours. Il débraiera donc jusqu’au 14 décembre inclusivement. (Photo: La Presse Canadienne)

Alors que le premier ministre François Legault se dit «très ouvert sur le monétaire» en échange de plus de souplesse de la part des syndicats dans la gestion des services publics, le front commun lui réplique que «leur flexibilité, c'est d'arracher des pages à nos conventions collectives».

Si les gestionnaires du secteur public obtiennent davantage de pouvoirs, comme le souhaite Québec, «ça va aller encore plus mal» dans les services publics, a soutenu François Enault, vice-président de la CSN, en conférence de presse jeudi. 

Le front commun, qui est constitué de l'APTS, de la FTQ, de la CSQ et de la CSN, réagissait ainsi à la nouvelle offre salariale déposée la veille par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. Elle offre maintenant 12,7 % sur cinq ans à l'ensemble des employés de l'État. 

«Ce serait un drame si, demain matin, on acceptait une offre comme celle-là», s'est exclamée Magali Picard, présidente de la FTQ. 

Jeudi matin, en point de presse, le premier ministre Legault s'est toutefois dit «très ouvert sur le monétaire», en échange de plus de marge de manoeuvre dans la gestion des services publics, donc dans l'application des conventions collectives. 

Il a carrément accusé les syndicats de vouloir gérer les services publics à la place des gestionnaires. «Ce n'est pas normal que notre réseau soit géré par des syndicats plutôt que par des gestionnaires», a-t-il lancé.

Il a soutenu que souvent, les travailleurs seraient d'accord avec les propositions gouvernementales, mais que ce sont les syndicats qui s'y opposent.

 

Déjà flexibles

Le président de la CSQ, Éric Gingras, a réfuté ces reproches de manque de flexibilité de la part des syndicats. «Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on en fait des mouvements aux tables.» 

Il en veut pour preuve le fait que le front commun, qui a déposé ses demandes basées sur des contrats d'une durée de trois ans, serait «prêt à travailler sur plus d'années». Le gouvernement, en effet, fonde son offre sur un contrat de cinq ans.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente 80 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, a déjà reproché aux gestionnaires du réseau, avec ces demandes de «flexibilité», de chercher en fait à déplacer les infirmières d'établissement de santé, d'unité de soins, voire de quart de travail, à volonté. 

Aux yeux de la FIQ, cela revient à traiter les infirmières comme des pions interchangeables, sans reconnaissance de leur expertise.

 

Et les négociations

Malgré toutes ces déclarations publiques, les négociations se poursuivent aux tables.

Magali Picard a précisé qu'il y aurait désormais des «médiateurs» aux tables sectorielles à compter de la fin de semaine prochaine, puisque le front commun en a fait la demande. 

Les tables sectorielles — relatives aux secteurs comme l'éducation et la santé — sont celles où les parties discutent des conditions de travail autres que les salaires et le régime de retraite: organisation du travail, affichage des postes, mouvements de personnel, par exemple. 

«S'il y a un endroit où le bât blesse, c'est aux tables sectorielles», a rapporté la présidente de la FTQ.

Robert Comeau, président de l'APTS, a souligné que le front commun tient aussi à parler avec le gouvernement du Québec des disparités régionales.

Les régions comme l'Abitibi, l'Outaouais, la Gaspésie, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec éprouvent encore plus de difficultés que les autres à garder et attirer du personnel, a-t-il rapporté. Elles ont donc souvent recours à de la main-d'oeuvre indépendante, qui est nettement mieux payée, a rappelé Robert Comeau.

Le président de l'APTS rapporte qu'en Outaouais, une technologiste médicale, par exemple, peut gagner près de 8$ l'heure de plus «juste à faire quelques kilomètres de l'autre côté de la rivière», en Ontario.

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Cela met ainsi un terme à cette négociation qui aura duré plus d’un an.