60 secondes avec: Michael Sheehan, co-porte-parole du Collectif pour l'accès à la psychothérapie


Édition du 25 Avril 2015

60 secondes avec: Michael Sheehan, co-porte-parole du Collectif pour l'accès à la psychothérapie


Édition du 25 Avril 2015

«On peut réduire les coûts de l'absentéisme au travail» - Michael Sheehan, co-porte-parole du Collectif pour l'accès à la psychothérapie.

Le Collectif pour l'accès à la psychothérapie souhaite que celle-ci soit assurée par le régime public pour le traitement de troubles mentaux courants. Le Québec en a-t-il les moyens ?

On pourrait le voir comme une dépense de plus, mais nous le voyons comme un investissement. Plus de 600 000 personnes par année reçoivent un diagnostic de dépression ou de trouble anxieux dans l'ensemble de la population. Quelque 250 000 personnes de 15 ans et plus auraient besoin de soins psychologiques, mais ne les reçoivent pas faute de moyens financiers. Elles ont de la difficulté à travailler, et leur médecin est limité à la seule option des médicaments, qui ne s'attaquent pas à la source du problème. On dit qu'il faut combiner les deux méthodes. On réduirait ainsi les prestations d'invalidité de longue durée attribuables aux troubles mentaux, qui représentent de 30 % à 40 % des réclamations. Selon un rapport présenté à la Société canadienne de psychologie, près de 30 % des coûts de l'absentéisme au travail lié aux troubles mentaux transitoires (dont l'anxiété et la dépression) pourraient être récupérés si les travailleurs avaient un meilleur accès aux services psychologiques.

Combien coûterait ce nouveau programme d'assurance au trésor public québécois ?

Les coûts sont évalués à 400 millions de dollars par année pour 600 000 personnes qui n'ont actuellement aucune couverture en assurance privée. Si on n'assurait que les 15 ans et plus, ils se situeraient à 200 M$. Ce ne serait pas un bar ouvert non plus. Les services psychologiques ne seraient dispensés que sur prescription du médecin.

Le coût des programmes avant leur mise en place est souvent sous-évalué. Cela a été le cas autant pour l'assurance médicaments que pour les services de garde subventionnés. N'y a-t-il pas là un danger à un moment où les finances publiques sont serrées ?

Des pays comme le Royaume-Uni et l'Australie ont fait le choix d'ajouter la psychothérapie aux services de santé assurés, et la réduction des coûts de leur système de santé dépasse l'investissement requis par l'offre du service. Pourquoi le Québec ne pourrait-il pas arriver aux mêmes résultats ? Oui, les fonds publics sont limités, et tout le monde est d'accord pour que nous vivions selon nos moyens. Il faut dépenser là où c'est efficace. Alors, je pose la question autrement : a-t-on les moyens de se priver de soins de psychothérapie ? La clé, c'est l'intervention précoce. Aucun mécanicien ne vous dira de revenir le voir quand votre auto sera toute brisée, mais c'est ce qu'on fait en matière de santé mentale ! On ne pratique pas l'intervention précoce qui éviterait la crise et ses coûts. Le mieux-être des gens est l'objectif numéro un, et il représente aussi un bénéfice pour les employeurs. Ceux-ci investissent beaucoup pour recruter du personnel et cherchent des moyens pour motiver les employés.

20 %: Une personne sur cinq au Québec est atteinte d'un trouble mental. Les troubles anxieux touchent 10 % de la population et la dépression, 5 %. Source : Collectif pour l'accès à la psychothérapie

CV

Michael Sheehan

Juge à la retraite, activement investi dans la prévention du suicide, il est co-porte-parole du Collectif pour l'accès à la psychothérapie.

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