Les conservateurs votent contre la hausse d'impôt sur le gain en capital

Publié le 11/06/2024 à 14:32, mis à jour le 11/06/2024 à 16:54

Les conservateurs votent contre la hausse d'impôt sur le gain en capital

Publié le 11/06/2024 à 14:32, mis à jour le 11/06/2024 à 16:54

Par La Presse Canadienne

Le chef conservateur Pierre Poilievre (Photo: La Presse Canadienne)

Après huit semaines d'un silence assourdissant, les conservateurs ont finalement révélé mardi qu'ils sont contre la hausse d'impôt sur les gains en capital de plus de 250 000 $, lorsque les libéraux ont forcé la tenue d'un vote spécifiquement sur cette mesure fiscale. Tous les autres partis ont voté pour. 

Prenant la parole à la Chambre des communes en après-midi, le chef Pierre Poilievre a affirmé que ses troupes s'opposent à ce qu'il a décrit comme «une nouvelle taxe» qui va «augmenter le coût de la nourriture, (...) rendre les médecins moins disponibles, et (...) rendre les chèques de paie plus petits».

Le premier ministre Justin Trudeau s'est empressé d'accuser les conservateurs de «défendre des avantages pour les plus riches dans ce pays» alors que les libéraux, eux, demandent de payer «un petit peu plus» pour contribuer notamment aux investissements dans la construction de logements pour «les jeunes» et les soins dentaires pour «les aînés».

«Ils essaient tous de présenter les choses de neuf façons différentes. La réalité est qu’ils ont la possibilité de voter avec les Canadiens de la classe moyenne et ils choisissent de voter contre eux», a-t-il envoyé lors de la période des questions.

À l'heure actuelle, les Canadiens qui réalisent des gains en capital, généralement lors de la vente d'un actif comme des actions ou un logement locatif, ne paient de l'impôt que sur la moitié du profit. 

La mesure contenue dans le budget libéral propose d'augmenter ce taux d'inclusion aux deux tiers pour la portion dépassant les 250 000$. La vente d'une résidence principale est – et resterait – exemptée d'impôt.

Ottawa calcule que la mesure touchera 0,13% de la population et qu'elle générera des revenus de 19,4 milliards de dollars sur cinq ans. 

Les conservateurs ont inlassablement tourné le dévoilement de leur position en attaques contre les libéraux. Leur leader adjoint, Luc Berthold, les a par exemple accusés de «mettre en péril l'avenir de l'agriculture en région» et leur lieutenant pour le Québec, Pierre Paul-Hus, a demandé «pourquoi les héritages des gens qui vont nous quitter bientôt vont être amputés par l'impôt du gouvernement fédéral».

Dans une réponse, le leader du gouvernement à la Chambre, Steven MacKinnon, leur a successivement reproché d'avoir voté «contre les baisses d'impôt pour la classe moyenne, contre la prestation canadienne aux enfants, contre l'aide pour les garderies, les soins dentaires, l'assurance médicaments». 

«Chaque fois que les Canadiens demandent aux conservateurs de se tenir debout pour eux, ils restent assis», a-t-il conclu.

 

«Leur vrai visage»

 

Au Nouveau Parti démocratique, le chef adjoint Alexandre Boulerice n'est également pas passé par quatre chemins pour accuser les conservateurs de révéler «leur vrai visage», loin d'être des amis des travailleurs «qui eux paient de l'impôt sur 100 % de leur salaire».

 

«Je pense que ça montre que les conservateurs sont toujours là pour protéger les PDG des grandes compagnies, des pétrolières et puis des banques, mais ça, c'est normal, mais ça montre qui est véritablement Pierre Poilievre», a dit M. Boulerice à La Presse Canadienne.

 

Or, selon M. Poilievre, ce ne sont pas les milliardaires qui passeront à la caisse, ayant eu les deux derniers mois pour «quitter le pays avec cet argent», mais bien ceux qui vendent ou cèdent des actifs à long terme en une seule fois «comme une grand-mère» qui veut transférer «sa ferme» à ses enfants ou encore les «300 000 petites entreprises» dont les travailleurs vont indirectement payer le prix.

 

Il s'est engagé à créer «un groupe de travail, composé d’entrepreneurs, d’inventeurs, d’agriculteurs et de travailleurs (mais pas de lobbyistes), qui proposera une réforme du système» dans les 60 jours suivant son accession au poste de premier ministre, qui simplifierait les règles fiscales, diminuerait les impôts et réduirait les subventions aux entreprises.

 

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ne semblait pas fort surpris par la décision des conservateurs et n'était pas enclin à commenter leur décision.

 

«Les conservateurs votent toujours contre, a-t-il lancé en mêlée de presse. Je ne suis pas sûr qu’eux autres ont fait un raisonnement. Je ne vois pas pourquoi j'en ferais un à leur place.»

 

M. Blanchet, dont les troupes ont voté pour la motion, a pour sa part indiqué que sa formation politique est favorable «à ce que les riches et les très riches paient davantage».

 

Il refuse que «d'assez petits épargnants» soient touchés, comme un couple qui aurait «payé un immeuble toute leur vie et qui pourrait perdre des dizaines de milliers de dollars».

 

Les bloquistes tenteront donc d'amender le projet de loi lorsqu'il se rendra en comité, et comptent s'opposer lors d'un vote subséquent si leur démarche échoue.

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