La Chambre est restée vide au lendemain du décès de Brian Mulroney

Publié le 01/03/2024 à 18:57

La Chambre est restée vide au lendemain du décès de Brian Mulroney

Publié le 01/03/2024 à 18:57

Par La Presse Canadienne

M. Mulroney est décédé jeudi à l’âge de 84 ans dans un hôpital de Floride à la suite d’une chute récente à son domicile de Palm Beach. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — L’unifolié qui flotte sur la tour de la Paix au Parlement était en berne, vendredi matin, alors que les Canadiens rendaient hommage à l’ancien premier ministre Brian Mulroney.

M. Mulroney est décédé jeudi à l’âge de 84 ans dans un hôpital de Floride à la suite d’une chute récente à son domicile de Palm Beach. Il avait été traité pour un cancer de la prostate il y a près d’un an et avait subi une intervention au cœur en août.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé vendredi que des funérailles d’État auront lieu en l’honneur de celui qui a été premier ministre pendant près de neuf ans. M. Trudeau a déclaré que les détails sur la date étaient discutés avec la famille et que la population aurait également l’occasion de présenter ses condoléances.

La Chambre des communes devait siéger vendredi avant une pause de deux semaines, mais les députés ont convenu jeudi de suspendre la séance jusqu’au 18 mars, date à laquelle ils rendront officiellement hommage à M. Mulroney.

«Le Canada est en deuil», a déclaré le leader libéral en Chambre, Steve MacKinnon, dans une Chambre des communes assombrie par la tristesse, où un livre de condoléances avait été préparé pour que les députés puissent le signer.

Les députés débattaient en Chambre d’un projet de loi, jeudi, lorsque le conservateur John Nater s’est levé pour annoncer la nouvelle.

Mélanie Joly salue «un ami»

L’effusion de condoléances depuis jeudi montre clairement que M. Mulroney aura laissé une empreinte durable sur ce pays et ses citoyens. Des députés de tous les horizons croisés vendredi matin à Ottawa avaient un bon mot pour l’ex-premier ministre progressiste-conservateur de 1984 à 1993.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a salué les réalisations de M. Mulroney sur la scène internationale. «Il a laissé un grand legs, certainement, au niveau de l’accord de libre-échange avec les États-Unis, une relation d’amitié profonde avec les États-Unis, mais aussi dans son combat contre l’apartheid en Afrique du Sud», a-t-elle dit.

«Mais d’un point de vue plus personnel, Brian était un ami. Brian, sa force, c’était qu’il était capable de forger des relations personnelles tellement fortes qu’on lui faisait confiance facilement.

«Il était toujours là pour nous appeler lorsque les moments étaient les plus difficiles. Lorsque tout le monde avait abandonné le bateau, nous parlait moins, Brian était là et nous offrait son écoute», a souligné la ministre libérale.

«Ça a été mon cas et c’est pour ça qu’il m’a appris une leçon de vie vraiment importante: qu’au final, en politique et dans la vie, le plus important, ce sont les gens.»

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a souligné le caractère «progressiste» du conservateur Mulroney, notamment en matière d’environnement et de discrimination (ses luttes contre les pluies acides et l’apartheid).

M. Singh a aussi souligné que M. Mulroney avait «fait un travail acharné pour s’assurer que le Québec se trouve une place au Canada».

Toujours là, contre vents et marées

David McLaughlin, un ancien chef de cabinet de M. Mulroney, ne croit pas que le Canada reverra un tel «géant de la politique».

Pour plusieurs Canadiens, certes, il sera toujours le premier ministre qui a introduit la taxe sur les produits et services — une mesure audacieuse et nécessaire, insiste M. McLaughlin, mais qui a entraîné des dommages politiques durables.

Il a également tenté à deux reprises d’obtenir l’accord des provinces pour modifier la Constitution afin de rallier le Québec. Or, même si ces deux tentatives ont échoué, elles montrent à quel point M. Mulroney était prêt à se battre, estime M. McLaughlin.

Erin O’Toole, ancien chef du «nouveau» Parti conservateur du Canada, a déclaré qu’il considérait M. Mulroney comme un ami proche et un mentor, qui «était toujours là, contre vents et marées».

«C’est un trait de caractère qu’on ne voit pas beaucoup en politique, a déclaré M. O’Toole en entrevue vendredi. Il y a beaucoup de monde quand le ciel est au beau fixe, mais par temps orageux, M. Mulroney donnait un coup de fil, alors que bien d’autres ne le faisaient pas.»

La gouverneure générale du Canada, Mary Simon, a salué un «dirigeant éminent» qui a «consacré sa vie au service public et a su guider le Canada lors d’événements charnières de son histoire.

«L’inébranlable volonté d’agir dont il a fait preuve a eu des effets positifs durables sur notre économie, notre environnement et nos relations internationales, a-t-elle écrit dans un communiqué. À une époque caractérisée par l’incertitude mondiale, il a exercé le pouvoir de manière progressiste, et sa vision du Canada, en particulier pour l’Arctique, était inspirante.»

Un parcours souligné à l’international

Le président américain Joe Biden s’est souvenu d’avoir fait la connaissance de Brian Mulroney en tant que membre de la commission sénatoriale des Affaires étrangères.

«J’ai pu constater par moi-même son engagement envers l’amitié entre nos deux nations, ainsi que son amour éternel pour le Canada et son peuple», a signifié M. Biden dans un communiqué vendredi.

En Afrique du Sud, M. Mulroney a été salué pour avoir été un allié fidèle contre l’apartheid. Il a mené une campagne parmi les pays du Commonwealth menaçant de sanctions l’Afrique du Sud si elle ne libérait pas Nelson Mandela de prison et n’abolissait pas les lois sur la ségrégation raciale.

Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a indiqué vendredi dans un communiqué que «M. Mulroney avait dirigé le Canada pendant une décennie critique en Afrique du Sud au cours de laquelle la lutte pour la liberté a culminé avec le démantèlement de l’apartheid».

La mort de M. Mulroney est encore plus significative, car elle survient alors que l’Afrique du Sud célèbre «30 ans de liberté», a-t-il ajouté.

«Au cours de son mandat, il s’est prononcé contre l’apartheid, a prôné l’isolement économique du régime et a pris position alors que de nombreux membres de la communauté internationale hésitaient.»

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également adressé ses condoléances au nom de son pays.

«Les Ukrainiens se souviendront toujours» que Mulroney a été le premier gouvernement occidental à reconnaître l’Ukraine comme pays indépendant en 1991, a-t-il souligné sur X.

Mia Rabson, La Presse Canadienne

 

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