L'ancien ministre libéral Marc Garneau démissionne de son poste de député

Publié le 08/03/2023 à 14:56

L'ancien ministre libéral Marc Garneau démissionne de son poste de député

Publié le 08/03/2023 à 14:56

Par La Presse Canadienne

Marc Garneau démissionne de son poste de député de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — L’ancien ministre Marc Garneau a annoncé mercredi à ses collègues du caucus libéral du Québec qu’il démissionne de son poste de député de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount.

L’élu montréalais a précédemment occupé les fonctions de ministre des Transports dès que le gouvernement de Justin Trudeau a été porté au pouvoir en 2015. Il a par la suite été à la tête des Affaires étrangères de janvier à octobre 2021, moment où il a été rétrogradé comme député d’arrière-ban.

M. Garneau a été élu pour la première fois en 2008 comme député de Westmount–Ville-Marie. Il a ensuite remporté dès 2015 des élections dans la nouvelle circonscription de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount.

Au cours des dernières semaines, le député a fait la manchette avec des prises de position controversées sur le projet de loi C-13 qui réforme la Loi sur les langues officielles où il a pris part à une charge visant à retirer toute référence à la Charte de la langue française du texte législatif de sa propre formation politique.

«Ce serait une grande erreur pour nous, en tant que députés fédéraux, dans un comité fédéral, examinant des lois fédérales, de laisser le champ libre au Québec pour faire tout ce qu’il pourrait vouloir faire en matière de langue au Québec», avait-il déclaré.

M. Garneau a plaidé être opposé à ce qu’une loi fédérale — dans ce cas-ci la Loi sur les langues officielles — réfère à une loi provinciale — ici la Charte de la langue française. Cela risque, selon lui, d’entraîner des «chicanes constitutionnelles sur l’interprétation de C-13». À l’époque, il menaçait même de voter contre ce projet de loi émanant de sa propre formation politique.

Arrivant à la réunion du caucus national, le principal intéressé a indiqué aux journalistes vouloir d’abord s’entretenir avec l’ensemble de ses collègues avant de répondre aux questions des médias. Le politicien était visiblement ému, la voix secouée par l’émotion.

Un «héros» salué par ses collègues

Le premier ministre Justin Trudeau s’est exprimé sur Twitter pour remercier cet «ami» qui lui manquera en Chambre.

«Premier Canadien à être allé dans l’espace, Marc Garneau nous a montré qu’on pouvait réaliser nos rêves. Comme politicien, il nous a aussi prouvé tout ce qu’il pouvait faire les pieds sur terre», a-t-il écrit.

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a dit avoir reçu la nouvelle comme «un grand choc».

«Quand je me suis présenté en 2015, c’était quelqu’un qui m’inspirait (venant) d’un milieu scientifique. Ingénieur, il a travaillé à la Marine royale canadienne. C’est une grande perte pour le caucus du Québec, mais je pense que ce l’est aussi pour les Canadiens», a-t-il dit.

Le lieutenant de Justin Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, a salué «un grand homme».

«C’est un homme qui a donné beaucoup à ses concitoyens, au Canada, après une carrière illustre qu’il a eue dans la marine, comme astronaute, comme président de l’Agence spatiale canadienne», a-t-il dit en refusant de confirmer si la démission est liée à ses prises de position sur la langue.

La ministre Mélanie Joly, qui lui a succédé aux Affaires étrangères, a affirmé à ce sujet que «la carrière de Marc Garneau est plus grande qu’un dossier».

«Je pense aussi que Marc a toujours été un homme très droit qui défendait ses propres convictions», a ajouté celle qui a précédemment eu le portefeuille des Langues officielles et qui est à l’origine de la réforme de la Loi sur les langues officielles.

Les élus libéraux interpellés mercredi ont tous exprimé l’admiration qu’ils avaient pour la longue carrière de M. Garneau dans le service public. L’Acadien René Arseneault, président du comité des Langues officielles, a qualifié M. Garneau de «héros».

«C’est un de mes héros nationaux», a-t-il souligné.

Le ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, a soutenu avoir d’abord «admiré» M. Garneau «comme citoyen alors qu’il était astronaute».

«C’est un homme qui a accompli de grandes choses et qui a une campagne de service public auprès (…) des Canadiens et des Canadiennes qui a duré toute sa vie», a-t-il résumé.

La députée montréalaise Soraya Martinez a déclaré se sentir «très heureuse et privilégiée d’avoir pu le côtoyer».

«Il nous a inspirés en ayant conquis l’espace au nom de tous les Canadiens et il a donné sa vie à l’engagement public», a-t-elle résumé.

Avant sa carrière politique, M. Garneau a été le premier astronaute canadien dans l’espace en 1984, ayant alors collaboré à la mission de la navette spatiale 41-G.

Il a également pris part à des missions en 1996, puis en 2000. Il cumule plus de 677 heures de vol dans l’espace.

Il a été élu deux fois dans Westmount–Ville-Marie, puis à trois reprises dans sa circonscription actuelle.

Son passage aux Affaires étrangères a été marqué par les efforts diplomatiques qui ont conduit au retour des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor qui étaient emprisonnés en Chine et par l’opération d’évacuation de l’Afghanistan après la chute aux mains des talibans.

Aux transports, il a piloté les dossiers de la voie de contournement de Mégantic, de la Charte des voyageurs aériens et des difficiles remboursements des passagers qui ont annulé leurs vols en raison de la pandémie.

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