Biden lance un message d'unité devant le Parlement canadien et les «deux Michael»

Publié le 24/03/2023 à 18:29

Biden lance un message d'unité devant le Parlement canadien et les «deux Michael»

Publié le 24/03/2023 à 18:29

Par La Presse Canadienne

M. Biden a noté que nombre de véhicules électriques pour lesquels les Américains peuvent obtenir des crédits d’impôt sont assemblés au Canada. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Le président des États−Unis, Joe Bien, a lancé vendredi un message d’unité entre Ottawa et Washington en s’adressant aux élus de la Chambre des communes, mais aussi devant Michael Spavor et Michael Kovrig, ces deux Canadiens qui ont été détenus par Pékin pendant plus de mille jours.

«Les Américains et les Canadiens sont deux peuples, deux pays qui, à mes yeux, partagent le même cœur», a déclaré M. Biden, qui a été accueilli par un tonnerre d’applaudissements à son arrivée en Chambre.

Il a insisté sur le fait que ce partenariat n’a rien à voir avec «l’inévitable de la géographie», mais qu’il s’agit du résultat d’un choix fait en continu.

«Parce que nous savons que nous ne trouverons pas de meilleur partenaire, de meilleur allié, d’ami aussi constant», a-t-il résumé.

Peu de temps avant, ceux qui sont communément appelés les «deux Michael» et qui faisaient partie des invités dans l’audience, ont été chaudement ovationnés. Il s’agissait de leur première apparition publique depuis leur libération, en septembre 2021.

Les deux hommes avaient été arrêtés en 2018 en Chine dans ce qui a été considéré par le Canada, les États−Unis et des dizaines d’autres alliés comme des représailles à l’arrestation, quelques jours plus tôt, de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou, à Vancouver, en vertu d’un mandat d’extradition des États−Unis.

Le premier ministre Justin Trudeau, qui a invité M. Biden au micro pour son allocution, a souligné la présence des «deux Michael», les décrivant comme un exemple de «résilience, de persévérance et de force». Le président américain a eu des mots similaires pour les deux hommes, se disant heureux de les voir.

Tant le premier ministre canadien que le président américain ont martelé, dans leur discours, qu’il était de la plus haute importance de continuer à soutenir l’Ukraine face à l’invasion de la Russie.

Tous deux ont aussi souligné l’importante de lutter contre les changements climatiques, M. Trudeau vantant les investissements pour l’énergie verte dans «l’Inflation Reduction Act» des États-Unis.

M. Biden a noté que nombre de véhicules électriques pour lesquels les Américains peuvent obtenir des crédits d’impôt sont assemblés au Canada.

Le président américain a profité de son allocution pour confirmer officiellement l’accord survenu pour élargir la portée de l’Entente sur les tiers pays sûrs dans le but de décourager les migrations irrégulières.

Une déclaration écrite conjointe ajoute sur ce plan que le Canada accueillera 15 000 migrants de plus en provenance de l’hémisphère occidental au cours de la prochaine année.

Concernant le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), la déclaration indique que le Canada injectera 6,96 milliards $ dans la modernisation du système de surveillance dans le Nord. Le Canada dépensera aussi 7,3 milliards $ pour l’amélioration des avions, du ravitaillement en carburant et des aérodromes en vue de son acquisition d’avions de combat F-35, M. Trudeau affirmant que l’argent proviendra des investissements prévus.

Et la déclaration indique que le groupe de travail sur l’énergie, qui sera présidé par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, et le coordinateur présidentiel spécial des États−Unis pour les infrastructures mondiales, se concentrera sur les énergies renouvelables, les véhicules électriques, les minéraux critiques et l’énergie nucléaire.

La déclaration engage également les deux pays à atteindre l’objectif de réseaux électriques nets zéro d’ici 2035 et à construire un réseau de chargeurs de véhicules électriques des deux côtés de la frontière.

MM. Biden et Trudeau condamnent la guerre de la Russie en Ukraine et affirment que la Chine pose un «sérieux défi à long terme à l’ordre international», mais ils n’annoncent pas de nouvelles mesures pour Haïti malgré la reconnaissance de la «détérioration de la sécurité» du pays.

Ordre du jour chargé pour la visite de Biden

Le président des États-Unis est arrivé sur la colline parlementaire, vendredi en fin d’avant−midi, avec de nombreux sujets à aborder pour sa rencontre bilatérale avec le premier ministre Trudeau.

Tant l’énergie propre que les migrations irrégulières et la croissance économique étaient à l’agenda. 

La dernière visite de l’actuel président américain au Canada remontait à 2016, alors qu’il était vice-président. Son premier séjour en sol canadien en tant que président en fonction a été repoussé en raison de la pandémie de COVID-19.

Vendredi, M. Biden a affirmé que cela avait été «trop long» avant qu’il ne puisse se rendre au Canada et que les États−Unis étaient chanceux d’avoir un tel pays comme voisin.

M. Trudeau a affirmé que les questions économiques, les changements climatiques et les enjeux de sécurité géopolitiques marqueraient leurs conversations.

La visite de M. Biden survient alors que le gouvernement Trudeau fait face à de multiples allégations d’ingérence chinoise rapportées par le réseau Global et le «Globe and Mail» qui, citant des sources anonymes du milieu du renseignement, font état de tentatives d’ingérence dans les élections fédérales de 2019 et 2021. 

L’ex-premier ministre Jean Chrétien n’a pas voulu dire, en mêlée de presse, s’il était d’avis qu’une enquête publique et indépendante devait être déclenchée. Ce dernier était aussi parmi les personnes invitées par les parlementaires à l’occasion de l’allocution de M. Biden.

«Il y a quelqu’un qui vient d’être nommé pour décider ça. Je ne suis pas pour faire sa ’’job’’!», a lancé M. Chrétien en référence à l’ex-gouverneur général David Johnston, nommé rapporteur spécial sur l’ingérence étrangère,

Pressé de questions, il a plaidé que bien des inconnues demeurent dans ce dossier et a semblé laisser entendre que les allégations n’étaient pas une problématique majeure.

«Si c’est le plus gros problème qu’on a au Canada, on est sur la plus bonne forme. Est−ce qu’ils sont intervenus dans les élections? Je ne sais pas», a−t−il ajouté.

Dans la soirée, les Biden doivent rejoindre les Trudeau et d’autres invités de marque pour un repas au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada.

La brève visite entraîne une sécurité à plusieurs niveaux dans toute la capitale, avec la GRC, les services secrets américains et la police provinciale installés dans l’enceinte parlementaire et autour des deux aéroports les plus proches de la ville.

Plusieurs rues sont fermées et des avions officiels ont survolé la ville en vue de cette visite éclair de 27 heures.

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