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Ventes de maisons au Canada: pire mois de janvier depuis 2009

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Ventes de maisons au Canada: pire mois de janvier depuis 2009

(Photo: La Presse Canadienne)

Les ventes de propriétés résidentielles au Canada ont enregistré leur pire début d’année depuis 2009, les ventes ayant chuté de 37,1% en janvier par rapport au début de 2022 et les prix continuant de baisser, a indiqué mercredi l’Association canadienne de l’immobilier (ACI).

Les ventes de maisons pour le mois se sont dénombrées à 20 931 et représentent en outre une baisse de 3% par rapport à celles de décembre.

Cette baisse a contrebalancé les petits gains réalisés en décembre et l’ACI a estimé qu’elle signalait un manque de clarté quant à savoir si le marché avait atteint un creux ou s’en approchait.

«L’espoir veut toujours que l’activité immobilière soit proche d’un creux, mais nous soupçonnons que le marché digère toujours les hausses de taux incroyablement dynamiques de la dernière année», a observé Douglas Porter, économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, dans une note aux investisseurs.

M. Porter s’attend à une nouvelle baisse des prix à l’échelle nationale dans les mois à venir, car au cours des sept dernières corrections immobilières au Canada, il a fallu trois ans en moyenne pour que les prix atteignent le fond et il souligne que nous ne sommes qu’à un an du sommet de février dernier.

Le prix moyen réel en janvier était de 612 204$, ce qui représente une baisse de 18,3% par rapport à 749 437$ lors du même mois l’an dernier, a noté l’ACI. Sur une base désaisonnalisée, le prix moyen en janvier était de 620 605$, en baisse de 1,8% par rapport à décembre.

La Banque du Canada a relevé son taux d’intérêt directeur huit fois de suite depuis mars, faisant grimper les taux hypothécaires.

Cependant, lors de la dernière hausse de taux, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a signalé que la banque centrale ferait une pause, le temps d’évaluer l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur l’économie et l’inflation.

La hausse des taux a pesé sur le marché du logement. D’un côté, les vendeurs ne souhaitent pas mettre en vente des maisons qui leur rapporteraient beaucoup moins qu’à leurs voisins il n’y a que quelques mois, et d’un autre les acheteurs sont dissuadés de faire des achats, car leurs coûts d’emprunt sont désormais élevés, alors même que les prix des maisons baissent.

M. Porter prévoit qu’à la fin du cycle économique actuel, les prix des maisons auront chuté de 20% à 25% par rapport à leur sommet. Ils avaient déjà chuté de 10% au début janvier.

«Bien que la Banque du Canada puisse avoir fini de relever les taux — en insistant sur “puisse”, parce que le marché semble maintenant s’attendre à une hausse de plus —, nous soupçonnons que les prix ne se sont pas complètement ajustés aux (…) hausses de taux de la dernière année», a-t-il affirmé.

À l’Île-du-Prince-Édouard, le prix moyen des maisons a diminué de 10,2% d’un mois à l’autre, tandis qu’il a baissé de 3,0% en Ontario, de 2,9% en Alberta et de 2,6% en Colombie-Britannique.

Pas une surprise

En faisant le point sur les baisses, l’économiste Rishi Sondhi, de Services économiques TD, a indiqué dans une note aux investisseurs que «les marchés s’étaient heurtés à plusieurs choses le mois dernier».

Outre les hausses de taux d’intérêt, il a évoqué la mise en œuvre d’une interdiction des acheteurs étrangers et d’une taxe sur les opérations immobilières de vente-achat.

«En tant que telle, la chute des ventes et des prix le mois dernier n’est pas vraiment une surprise», a-t-il estimé.

M. Portier est d’accord.

«Sur le front des ventes, la faiblesse persistante a été bien signalée par les résultats préliminaires des grandes villes, et elle a simplement prolongé une tendance à la forte baisse d’une activité inhabituellement forte pendant la pandémie», a-t-il indiqué.

Plus tôt ce mois-ci, l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec a indiqué que les ventes de maisons à Montréal en janvier avaient chuté à un niveau jamais vu depuis 2009, alors que le ralentissement du marché se poursuivait.

La chambre immobilière du Grand Vancouver a constaté que les ventes de maisons en janvier avaient été réduites de plus de moitié par rapport à l’année précédente, et qu’elles avaient diminué de 21% par rapport à décembre.

«L’activité immobilière pourrait atteindre un creux au cours du premier semestre de cette année, soutenue par un marché du travail solide, une croissance démographique robuste et la probabilité que les rendements baissent», a estimé M. Sondhi.

«De plus, le niveau des nouvelles inscriptions reste faible, n’offrant encore aucun signe que la vente forcée augmente l’offre de manière significative.»

Le nombre de maisons nouvellement inscrites à la vente a augmenté de 3,3% d’un mois à l’autre en janvier, a indiqué l’ACI.

Malgré l’augmentation, à l’échelle nationale, les nouvelles inscriptions sont restées historiquement basses en janvier, à leur niveau le plus bas pour ce mois depuis 2000.

Avec de nouvelles inscriptions en hausse et des ventes en baisse en janvier, l’ACI a précisé que le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions avait reculé pour s’établir à 50,7%.