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Troisième lien: un pont?

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Troisième lien: un pont?

«C’est important de consulter la population puis de ne pas exclure la possibilité d’avoir un troisième lien, qu’il soit un pont, un tunnel pour les camions. Il faut regarder toutes les possibilités», a dit François Legault en période de questions au Salon bleu, mercredi.

Québec — Après avoir ravivé les espoirs du troisième lien mardi, le premier ministre François Legault évoque maintenant l’option qu’il prenne la forme d’un pont.

«C’est important de consulter la population puis de ne pas exclure la possibilité d’avoir un troisième lien, qu’il soit un pont, un tunnel pour les camions. Il faut regarder toutes les possibilités», a-t-il soutenu en période de questions au Salon bleu, mercredi.

Dans la foulée de sa défaite cinglante dans Jean-Talon, lundi, François Legault avait dit vouloir consulter la population de Québec sur la forme que pourrait prendre le projet. Mardi, plusieurs ministres semblaient surpris des déclarations de leur chef. Mercredi, ils sont plutôt restés prudents.

«Toutes les options sont sur la table y compris, possiblement — il n’y a pas d’engagement, il y a une volonté d’écouter —, et si on écoute, ça peut vouloir dire qu’effectivement… il y a l’option… du troisième lien routier», a finalement lâché le ministre responsable de Chaudière-Appalaches, Bernard Drainville.

«On n’exclut rien en ce moment. On va consulter les gens, écouter ce qu’ils nous disent sur la mobilité et sur les projets en général», a affirmé la ministre des Transports, Geneviève Guilbault.

Argumentant que l’achalandage post-pandémie ne justifiait plus un tel projet, le gouvernement a annoncé en avril dernier qu’il renonçait au volet autoroutier pour plutôt opter pour un tunnel réservé au transport en commun. C’est d’ailleurs la ministre des Transports qui a eu la lourde responsabilité d’annoncer la décision du gouvernement. À la suite de cette annonce, Bernard Drainville s’était excusé à ses électeurs les larmes aux yeux.

La ministre Martine Biron n’a pas voulu parler de résurrection du projet de troisième lien, mais elle a dit que le sujet fera partie des discussions. «La défaite a été difficile lundi et on s’est tous dit qu’il faudrait peut-être ouvrir une réflexion, une conversation sur ce qu’on pourrait faire pour la grande région de Québec», a-t-elle indiqué.

«Je n’ai jamais perdu espoir»

Des députés de Chaudière-Appalaches ont accueilli favorablement la volte-face du premier ministre.

«Personnellement, je n’ai jamais perdu espoir. J’ai continué à consulter les gens de mon milieu et on travaille sur un projet», a affirmé le député de Beauce-Sud Luc Provençal.

Appelé à préciser sa pensée sur ce «projet», le député de la Rive-Sud de Québec a répondu: «Il faut plus penser au trafic lourd.»

Rappelons qu’un tunnel autoroutier sous le fleuve n’aurait pas permis aux camions qui transportent des marchandises lourdes de traverser pour des raisons de sécurité.

«Depuis le début, ce que les gens de Québec et de Chaudière-Appalaches veulent, c’est d’être entendus et d’être écoutés. Je le dis, je le répète et c’est ça qui va se passer», a affirmé la députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance.

«Dans Bellechasse vous le savez, il n’y a pas de moyens de transport collectif, donc forcément, les gens sont obligés de se déplacer en voiture, donc pour eux c’est un besoin», a-t-elle ajouté.

Le député de Beauce-Sud, Samuel Poulin, assure que des discussions sur le sujet avaient lieu déjà.

«On avait des discussions sur la manière d’améliorer la circulation entre Québec et Lévis depuis les derniers mois (…) certainement sur le lien entre Québec et Lévis comment on pouvait l’améliorer», a-t-il affirmé.

«Qui était au courant de cette décision?»

Mercredi, Québec solidaire (QS) a tenté, en vain, de faire adopter une motion à l’Assemblée nationale pour rappeler que la ministre des Transports avait abandonné le volet autoroutier du troisième lien, en affirmant qu’il s’agissait d’une décision «pragmatique» et «responsable».

QS doute que les ministres du gouvernement étaient au courant de cette volte-face.

«Qui était au courant de cette décision? Est-ce que c’est le premier ministre tout seul dans son bureau qui a décidé de ramener ce projet-là?», a demandé le solidaire Étienne Grandmont.

«Est-ce que la ministre des Transports (Geneviève Guilbault) était au courant? Est-ce que le ministre de la Capitale-Nationale (Jonatan Julien) était au courant de ce revirement de situation?» a-t-il poursuivi.

Le solidaire Vincent Marissal croit qu’il s’agit d’une méthode de diversion de la part du gouvernement.

«Je trouve que c’est cher 10 milliards $ pour une diversion», a pour sa part affirmé le député péquiste Pascal Bérubé.

Selon lui, les déclarations du premier ministre placent les députés caquistes de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches dans une «situation intenable».

«On joue au yo-yo avec eux autres et je pense que ça va être compliqué pour les prochaines semaines», a-t-il affirmé.

Les libéraux ont vertement critiqué le premier ministre et sa volonté de ramener son projet de troisième lien.

Le chef libéral intérimaire, Marc Tanguay, a qualifié le premier ministre de «girouette nationale».

Son collègue, le député André Albert Morin, s’est dit surpris de la déclaration de M. Legault, croyant qu’il s’agissait d’une mauvaise blague. «Mais ça a l’air qu’il était sérieux», a-t-il lâché.

 

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

 

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