Transcontinental prévoit se serrer la ceinture

Publié le 13/12/2023 à 11:15, mis à jour le 13/12/2023 à 17:39

Transcontinental prévoit se serrer la ceinture

Publié le 13/12/2023 à 11:15, mis à jour le 13/12/2023 à 17:39

Par La Presse Canadienne

Transcontinental affronte une série de vents contraires tandis que la hausse du coût de la vie pèse sur la demande dans le segment de l’emballage et que le secteur de l’impression connaît un déclin structurel. (Photo: 123RF)

TC Transcontinental (TCL) a fermé son usine de recyclage à Montréal, trois ans après l’avoir acquise. L’imprimeur et emballeur prévoit se serrer la ceinture au moment où la demande est sous pression.

Dans le cadre de la fermeture, 31 employés ont perdu leur emploi et un autre a été relocalisé au sein de l’entreprise, a précisé le vice-président des communications, François Taschereau.

«Dans le cadre de nos objectifs d’optimisation de nos actifs et d’accélération de la commercialisation de produits durables, nous avons décidé d’intégrer nos activités de recyclage de plastiques souples directement dans nos usines de production de films», explique-t-il.

La société montréalaise avait acquis les actifs d’Enviroplast, une entreprise de recyclage du plastique souple à Anjou, pour un montant de 2,4 millions de dollars (M$). L’usine, qui avait suspendu ses activités en raison d’une faillite, avait pu redémarrer dans le giron de Transcontinental.

L’entreprise n’a pas voulu divulguer les sommes investies après l’acquisition dans son usine de recyclage, mais elle avait évoqué le chiffre de «plusieurs millions» en novembre 2021, dans le cadre d’une entrevue à «La Presse».

Transcontinentalcompte entreprendre un «ambitieux» programme de réduction des coûts afin de trouver entre 20M$ et 40M$ d’économies récurrentes sur deux ans. Elle espère également tirer 100M$ de la vente d’actifs.

«Nous sommes tous d’accord pour dire que nous devons faire mieux pour générer une plus grande rentabilité, a lancé le président et chef de la direction, Thomas Morin, lors d’une conférence téléphonique, mercredi, visant à discuter des plus récents résultats trimestriels. Nous devons avoir de meilleurs rendements sur ce que nous avons déjà.»

Outre la fermeture de l’usine montréalaise, l’entreprise a également annoncé qu’elle fermera en février une usine d’emballage au Wisconsin.

Elle a aussi vendu un immeuble situé à Québec pour un montant de 12M$. Le bâtiment accueillait une usine servant à imprimer les quotidiens de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), qui comprend le quotidien Le Soleil.

Les activités de l’usine avaient cessé en 2020 après la décision de la coopérative médiatique d’arrêter d’imprimer ses quotidiens en semaine. «Il sert depuis nos activités de distribution, qui vont cesser d’ici mai 2024 avec la fin du Publisac», explique M. Taschereau.

En novembre, Transcontinental a annoncé que le Publisac sera remplacé à travers le Québec par un feuillet publicitaire «plié en quatre» qui sera distribué par Postes Canada. La nouvelle créée de l’inquiétude dans l’industrie des journaux locaux, qui perdent leur moyen de distribution.

Transcontinental affronte une série de vents contraires tandis que la hausse du coût de la vie pèse sur la demande dans le segment de l’emballage et que le secteur de l’impression connaît un déclin structurel.

Résultats supérieurs aux attentes

Malgré le contexte difficile, Transcontinental a publié des résultats meilleurs que les prévisions des analystes à son quatrième trimestre clos le 31 octobre, grâce à des marges bénéficiaires supérieures aux attentes.

La société affiche un bénéfice net de 41,7M$, ce qui représente une diminution de 18,7M$ par rapport à l’an dernier. Le bénéfice ajusté dilué par action est de 83 cents. Les revenus, pour leur part, déclinent de 2,8% à 779,7M$.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 64 cents et des revenus de 788,5M$, selon la firme de données financières Refinitiv.

L’analyste Hamir Patel, de Marchés mondiaux CIBC, maintient sa thèse optimiste après la publication des résultats. Il souligne que l’emballage, qui est lié à l’alimentation et aux produits pharmaceutiques, reste un secteur résilient.

L’analyste croit que l’entreprise réussira à réduire davantage son endettement au cours des 12 prochains mois. Le ratio d’endettement net de l’entreprise est passé de 2,47 fois à 2,06 fois en un an. «Nous pensons que Transcontinental sera capable d’amener ce ratio à 1,7 fois, sous son objectif de 2 fois, grâce à ses flux de trésorerie et à la vente d’actifs.»

L’action de Transcontinental gagnait 40 cents, ou 3,55%, à 11,66$ en après-midi à la Bourse de Toronto.

 

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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