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Tramway de Québec: le gouvernement assouplit ses conditions

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Tramway de Québec: le gouvernement assouplit ses conditions

Le premier ministre François Legault a fait savoir mardi qu’il n’allait pas s’ingérer dans les compétences de la Ville. (Photo: La Presse Canadienne)

Québec — Après avoir tenté de faire plier la Ville de Québec, le gouvernement Legault recule sur les conditions qu’il voulait lui imposer pour son projet de tramway.

Le gouvernement avait pris la défense des automobilistes en s’opposant à une portion partagée du tracé et exigeait par ailleurs une meilleure acceptabilité sociale avant d’autoriser le projet avec un décret.

Finalement, le premier ministre François Legault a fait savoir mardi qu’il n’allait pas s’ingérer dans les compétences de la Ville en remodelant à sa guise «l’aménagement et le détail».

Quant à savoir comment le gouvernement allait lui-même fixer la barre en matière d’acceptabilité sociale, M. Legault a concédé que ce sera à la Ville de choisir ses moyens et son mode de consultation. 

«Ce sera au maire de Québec à décider comment il fait ça», a-t-il répondu en mêlée de presse au parlement. 

Un décret devrait donc être adopté en conseil des ministres mercredi qui permettrait au projet d’aller de l’avant.

C’est ce qui devrait mettre fin au premier choc frontal entre le gouvernement caquiste et le maire Bruno Marchand. 

En effet, la semaine dernière, plusieurs ministres, François Bonnardel, Éric Caire et Geneviève Guilbault étaient tous sortis pour s’en prendre au maire et au projet dans l’état actuel. Même François Legault avait reproché au maire de ne pas écouter les citoyens.  

M. Marchand avait rétorqué que des consultations avaient déjà été menées et se poursuivaient, tandis que les partis d’opposition, qui ont tous pris sa défense, soulignaient que les citoyens avaient voté pour les partis pro-tramway au dernier scrutin municipal.

«Est-ce que le premier ministre veut nous dire qu’une élection municipale avec trois parties sur quatre, qui totalisent 70% des voix exprimées en faveur du tramway, ce n’est pas légitime?» a demandé la députée libérale Marwah Rizqy à la période de questions.

«Est-ce qu’il est en train de dire que 17 conseillers sur 21 à la Ville de Québec qui sont pour le tramway, ce n’est pas légitime? Est-ce qu’il est en train de dire qu’une consultation menée par la Ville de Québec, pendant trois semaines, avec plus de 2000 répondants, ce n’est pas légitime?»

Les caquistes, qui détiennent la majorité des circonscriptions dans la région, accusaient le maire de ne pas partager leur «vision régionale» du transport et de ne pas tenir compte des automobilistes qui viennent d’aussi loin que de Portneuf et de Saint-Apollinaire.

Le projet qui frise 4 milliards $ au bas mot souffre déjà d’un retard de plusieurs mois. 

Chaque jour de retard augmente de 274 000 $ le coût du projet, a rappelé l’opposition libérale la semaine dernière.