Tirez profit des données RH


Édition du 03 Juin 2017

Tirez profit des données RH


Édition du 03 Juin 2017

On peut constituer une équipe d’analytique avec du personnel des RH, par exemple.

Les données sont maintenant omniprésentes, de sorte qu'elles impactent tous les secteurs d'affaires. Que faire ? Selon Ross Sparkman, le chef de la planification stratégique de la main-d'oeuvre chez Facebook, les entreprises doivent les utiliser, ou trépasser. Voici comment y arriver.

«On n'investirait pas des millions en équipement sans analyser ce que ça implique sur le plan des chiffres. En ressources humaines, par contre, on a plutôt l'habitude d'y aller par intuition. Au risque d'être laissé derrière, il faut exploiter l'analytique», dit M. Sparkman.

Les Affaires l'a rencontré le 10 mai dernier après la conférence qu'il a donnée sur le sujet à Montréal à l'occasion de l'événement Mesure et analytique RH organisé par le Groupe Les Affaires.

Non seulement l'exploitation des données devient-elle cruciale pour maintenir la compétitivité d'une entreprise, mais il s'agit aussi d'un catalyseur pour créer plus de valeur. Comme les salaires, le recrutement, la formation et la mobilité, pris ensemble, représentent souvent la plus grande dépense d'une entreprise, la maîtrise des coûts qui y sont reliés devient d'importance capitale. C'est ce que les données permettent de faire, sans avoir à prendre de décision à l'aveugle.

Les 20 % qui rapportent 80 %

Pour tirer profit des données au maximum dans le domaine des ressources humaines, les entreprises devraient, selon Ross Sparkman, optimiser la planification de leurs effectifs grâce à une stratégie d'analytique RH. Celle-ci comprend notamment la prévision des besoins en main-d'oeuvre. Essentiellement, il s'agit de faire l'inventaire des aptitudes que détiennent, dans l'ensemble, nos employés, et d'évaluer leur progression future. Sans un tel inventaire, il devient plus difficile de savoir quelles compétences aller chercher et où investir.

Pour commencer, il suggère aux entreprises de concentrer leurs efforts sur les segments stratégiques, soit les 20 % de la main-d'oeuvre qui rapportent 80 % des revenus. Ces employés tiennent des rôles essentiels ; s'ils restaient chez eux, l'entreprise arrêterait de fonctionner.

«Chez GE Aviation, il y avait 40 rôles clés. Chez Facebook, on a six segments stratégiques. Il s'agit par exemple des ingénieurs en logiciels, illustre Ross Sparkman. Moi, en tant que planificateur stratégique, je n'en ferais pas partie !»

La planification des effectifs devient spécialement importante pour une entreprise en forte croissance. Si une firme démarre une filiale à l'international, l'analytique et la planification permettent par exemple de mieux cibler le nombre de personnes à engager, les compétences à favoriser et le nombre de recruteurs à allouer à cette filiale.

L'analytique RH permet aussi de repérer les moteurs de la croissance. Chez Facebook, il s'agit par exemple du nombre d'utilisateurs et de produits lancés. Chez GE Aviation, il y en a une soixantaine, comme le nombre de pièces de rechange ou la taille du carnet de commandes. Une fois déterminés, ces moteurs de croissance peuvent être utilisés pour prédire l'évolution de différentes mesures, tels le nombre d'employés ou la croissance des ressources humaines.

«La circonscription des relations statistiques entre les moteurs de croissance et ces mesures, c'est la recette secrète. Lorsqu'on réussit à définir ces relations, les leaders de notre entreprise nous prennent beaucoup plus au sérieux», affirme M. Sparkman.

Des données à jour

Ross Sparkman met toutefois les entreprises en garde. Si la stratégie rapporte, elle ne doit pas être perçue comme une solution miracle. Et elle demande un effort constant. Pour que les analyses soient statistiquement valides, il faut, selon lui, utiliser des données qui couvrent les 36 derniers mois et discuter des résultats avec les dirigeants, afin de les valider. Il insiste aussi sur l'importance de disposer de données prêtes à être employées. Si elles ont été mal entretenues et si elles sont incomplètes, il faut les mettre à jour, un processus qui peut prendre d'un à deux ans et qui est nécessaire, au risque de voir des erreurs se glisser dans les analyses.

Facebook emploie plus de 18 770 personnes dans le monde. L'utilisation des données peut-elle être utile aussi aux petites et moyennes entreprises ?

Absolument, répond Ross Sparkman. «Pas besoin de faire des analyses complexes. Certaines peuvent être réalisées avec Excel seulement. Au plus simple, nous pouvons savoir de quelles compétences nous disposons ou évaluer le degré de satisfaction et d'engagement des employés», dit-il.

Les entreprises qui n'ont pas encore mis d'équipe d'analytique sur pied peuvent quand même se lancer dans l'aventure, sans grandes dépenses. Parfois, elles ont déjà les compétences nécessaires sous le nez, sans même le savoir.

«Regardez dans votre équipe de ressources humaines, mais pensez aussi aux gens en finance et au service d'ingénierie. Et souvenez-vous : ce que vous pourrez faire avec l'analytique dépendra des compétences de votre équipe.»

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