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Sommet: Biden, Trudeau et AMLO promettent plus de coopération

AFP|Mis à jour le 16 avril 2024

Sommet: Biden, Trudeau et AMLO promettent plus de coopération

(Photo: Getty Images)

Mexico — Les dirigeants américain, canadien et mexicain, réunis à Mexico mardi pour le sommet dit des «trois amis», vont approfondir leur coopération économique et dialoguer davantage sur le climat et l’immigration, selon des engagements diffusés par la Maison-Blanche.

L’exécutif américain a publié avant même le sommet une longue série de promesses du président américain Joe Biden, du président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador (surnommé «AMLO») et du premier ministre canadien Justin Trudeau, sans mesure contraignante toutefois, ni annonce de financements précis.

Les trois dirigeants veulent lancer un format de discussion trilatéral sur l’approvisionnement en semi-conducteurs, ces composants informatiques stratégiques le plus souvent importés d’Asie, et lancer un système d’échanges universitaire.

 

Méthane

Sur l’environnement, ils «reconnaissent l’urgence de prendre des mesures rapides, coordonnées et ambitieuses». 

Les trois pays s’engagent à réduire d’au moins 15% d’ici 2030 les émissions de méthane liées au traitement des déchets et des eaux usées, et veulent diviser par deux le gaspillage alimentaire.

Ils entendent aussi installer à leurs frontières des bornes pour voitures électriques et développer un marché de l’hydrogène «propre».

Sur le sujet le plus délicat sans doute, l’immigration, pas d’annonces réellement spectaculaires. Les trois pays vont notamment lancer un site internet commun d’information sur les procédures et restrictions en vigueur.

Quant à la lutte contre le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains, États-Unis, Mexique et Canada se promettent également de dialoguer davantage, notamment en travaillant sur le sujet de la collecte et du partage des listes de passagers des avions. 

Joe Biden, Andrés Manuel Lopez Obrador et Justin Trudeau auront une réunion trilatérale en début d’après-midi (heure locale), suivie de déclarations à la presse. 

 

Libre-échange

Au-delà des déclarations officielles de bonne volonté, ce «sommet des dirigeants d’Amérique du Nord», relancé par Joe Biden en 2021 après cinq années de hiatus, sera l’occasion d’évoquer un certain nombre de sujets économiques contentieux.

Les trois pays sont liés par un traité de libre-échange, l’AEUMC (accord États-Unis, Mexique, Canada), en vigueur depuis le 1er juillet 2020.

Mais depuis la signature de ce texte, voulu par l’ancien président américain Donald Trump (2017-2021), le principe même du libre-échange a beaucoup perdu en attrait dans le monde.

La pandémie a conduit nombre de pays à vouloir surtout renforcer leur indépendance énergétique et industrielle.

C’est vrai en particulier pour «AMLO», qui se veut l’un des leaders de la gauche en Amérique latine. Ses projets en matière d’énergie, qui donnent la primeur aux entreprises publiques du secteur, font grincer des dents les Canadiens comme les Américains.

Mais Joe Biden lui-même affiche un patriotisme économique décomplexé, et a fait adopter des investissements gigantesques pour favoriser l’industrie technologique américaine ou les véhicules électriques.

 

Haïti

Autres sujets compliqués: les produits laitiers, source de contentieux entre les États-Unis et le Canada, mais aussi la décision du Mexique d’interdire le maïs OGM, au grand dam des géants agricoles américains.

Pour ce qui concerne le Canada et les États-Unis, Justin Trudeau et Joe Biden auront leur propre entretien bilatéral, en milieu de matinée à l’heure mexicaine.

Il devrait y être question notamment de Haïti et du possible envoi d’une force d’intervention dans le pays caribéen, en proie à une insécurité extrême et à une crise sanitaire.

Joe Biden et «AMLO» ont eux eu lundi leur réunion bilatérale, marquée par un échange quelque peu tendu.

Le chef d’État mexicain a demandé à son homologue de mettre fin au «dédain envers l’Amérique latine», ce à quoi le président américain a répondu en soulignant les énormes sommes dépensées par les États-Unis au profit du continent.