Scandale des écoutes: Rebekah Brooks et l'ex-conseiller de Cameron inculpés

Publié le 24/07/2012 à 10:35, mis à jour le 24/07/2012 à 10:35

Scandale des écoutes: Rebekah Brooks et l'ex-conseiller de Cameron inculpés

Publié le 24/07/2012 à 10:35, mis à jour le 24/07/2012 à 10:35

Par AFP

Un ex-conseiller de David Cameron et l'ancienne "reine des tabloïdes" Rebekah Brooks ont été inculpés mardi avec six autres personnes dans l'affaire des écoutes téléphoniques au défunt News of the World du groupe News Corp, ouvrant la voie à de retentissants procès.

Une porte-parole du parquet britannique a annoncé dans un communiqué sa décision d'inculper ces huit suspects, en raison de "preuves suffisantes" de leur implication dans ce vaste scandale qui n'en finit plus d'éclabousser depuis un an la presse, l'empire médiatique de Rupert Murdoch, la police, et la classe politique jusqu'au Premier ministre.

"Je suis arrivée à la conclusion que des poursuites sont nécessaires dans l'intérêt public concernant chacun de ces huit suspects", a indiqué la porte-parole.

Sept d'entre eux sont d'anciens responsables et journalistes du NotW: deux anciens directeurs de la rédaction, Rebekah Brooks et Andy Coulson, 44 ans tous les deux, l'ex-chef du reportage Neville Thurlbeck, trois autres anciens cadres du tabloïde et un reporter.

Le huitième est le détective Glenn Mulcaire, qui avait déjà été emprisonné pour écoutes illégales en 2007.

Ils sont inculpés pour "avoir intercepté des communications" de façon illégale, aux dépens selon le parquet de quelque 600 victimes. Parmi elles, des célébrités comme les acteurs Angelina Jolie, Brad Pitt, Jude Law, Sienna Miller, l'ancien Beatle Paul McCartney, le footballeur Wayne Rooney, mais également des hommes politiques.

Rebekah Brooks, l'ancienne "reine des tabloïdes" tombée en disgrâce, a déjà été inculpée en mai avec cinq autres personnes pour avoir tenté de "dissimuler à la police des documents" dans l'enquête sur les écoutes.

Dans un communiqué, la flamboyante rousse s'est dite "bouleversée et en colère" contre sa nouvelle inculpation. "Je ne suis pas coupable. Je n'ai ni autorisé, ni été au courant, de piratage téléphonique sous ma direction", a-t-elle assuré.

Par ailleurs mardi, la commission indépendante sur l'éthique de la presse mise en place à la suite des écoutes au NotW a achevé ses auditions et promis de rendre son rapport aussi rapidement qu'elle "pouvait raisonnablement" le faire.

La mise en cause de Rebekah Brooks et celle d'Andy Coulson se sont révélées particulièrement embarrassantes pour le Premier ministre conservateur David Cameron, en raison de ses liens d'amitié avec la première et professionnels avec le second.

Andy Coulson, qui s'est dit "extrêmement déçu" par son inculpation, avait démissionné du NotW en janvier 2007, quand le correspondant royal du journal et le détective Glenn Mulcaire avaient été emprisonnés pour écoutes téléphoniques illégales.

Avant de devenir quelques mois plus tard le conseiller presse de David Cameron, alors leader du parti conservateur puis Premier ministre à compter de 2010. Un poste dont Andy Coulson a finalement démissionné en janvier 2011, après une nouvelle vague de révélations sur les écoutes opérées par le NotW.

Le scandale a déclenché un séisme politico-médiatique après la révélation en juillet 2011 que le téléphone d'une adolescente de 13 ans, Milly Dowler, portée disparue et finalement retrouvée assassinée en 2002, avait été piraté.

L'affaire a conduit Rupert Murdoch à fermer son tabloïde, plus gros tirage de la presse britannique. Elle a aussi entraîné l'échec de l'offre présentée par le groupe Murdoch pour la reprise de la totalité du bouquet satellitaire BSkyB.

L'évocation du dossier BSkyB lors du grand déballage sur les écoutes s'est d'ailleurs également révélée gênante pour le gouvernement en faisant naître des soupçons de favoritisme à l'égard du groupe Murdoch.

Depuis l'affaire des écoutes, le groupe News Corporation du magnat américano-australien a annoncé fin juin sa scission en deux entités: d'un côté la presse et l'édition, de l'autre l'audiovisuel. Dans ce cadre, Rupert Murdoch a démissionné en juillet des conseils d'administration de plusieurs sociétés au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

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