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Russie: au moins 40 morts dans une attaque revendiquée par l’EI

AFP|Mis à jour le 16 avril 2024

Russie: au moins 40 morts dans une attaque revendiquée par l’EI

(Photo: Getty Images)

Krasnogorsk — Au moins 40 personnes ont été tuées et 115 blessées vendredi soir dans une attaque armée suivie d’un énorme incendie dans une salle de concert en banlieue de Moscou, qui a été revendiquée par le groupe djihadiste État islamique (EI).

Les forces de l’ordre russes ont indiqué être « à la recherche » des assaillants. Elles n’ont pas précisé si des suspects étaient encore dans le bâtiment à 20h GMT, alors qu’une enquête pour « acte terroriste » a été ouverte.

Le groupe État islamique, qui a déjà ciblé la Russie à plusieurs reprises, a affirmé sur l’un de ses comptes Telegram que ses combattants « ont attaqué un grand rassemblement […] dans les environs de la capitale russe Moscou ».

L’organisation djihadiste a affirmé que son commando avait ensuite « regagné sa base en toute sécurité ».

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova avait dénoncé auparavant un « attentat terroriste sanglant » et un « crime monstrueux ». L’Ukraine avait rapidement nié toute responsabilité, mettant même en cause les services secrets russes.

Selon le ministre de la Santé Mikhaïl Mourachko, 115 personnes sont hospitalisées, dont cinq enfants. Soixante adultes et un mineur parmi ces blessés sont dans un état grave.

Cet assaut, dont les médias russes ont commencé à faire état vers 20h15 à Moscou, a été mené par plusieurs individus armés au Crocus City Hall, une salle de concert située à Krasnogorsk, juste à la sortie nord-ouest de la capitale russe.

Des journalistes de l’AFP a vu le bâtiment en proie à un vaste incendie, des volutes de fumée noire s’échappant du toit, ainsi qu’une très importante présence de la police et des services de secours, dont les gyrophares bleus éclairaient par dizaines la nuit.

Selon la télévision russe, le toit du bâtiment s’est en partie effondré.

Aucune information n’a été donnée quant au nombre de personnes potentiellement piégées à l’intérieur.

« Juste avant le début, nous avons tout d’un coup entendu plusieurs rafales de mitraillette et un terrible cri de femme. Puis beaucoup de cris », a raconté à l’AFP Alexeï, un producteur de musique qui se trouvait en loges au moment de l’attaque.

Il a dit avoir vu « des mouvements de foule terribles » de spectateurs voulant s’échapper.

 

Homme armés 

Selon un journaliste de l’agence de presse publique Ria Novosti, des individus en tenue de camouflage ont fait irruption au parterre de la salle de concert avant d’ouvrir le feu et de lancer « une grenade ou une bombe incendiaire, ce qui a provoqué un incendie ».

« Les personnes qui se trouvaient dans la salle se sont allongées sur le sol pour se protéger des tirs, pendant 15 à 20 minutes, après quoi elles ont commencé à sortir en rampant. Beaucoup ont réussi à sortir », a indiqué ce journaliste de Ria Novosti.

Les flammes se sont propagées à près de 13 000 m2 du bâtiment avant que l’incendie ne soit contenu, selon les services de secours, mais vers 1h du matin samedi le feu faisait encore rage, selon le ministère des Situations d’urgence qui utilisait des hélicoptères bombardiers d’eau pour lutter contre le sinistre.

Vladimir Poutine est « constamment » informé et l’a été « dès les premières minutes » de l’attaque, a indiqué son porte-parole Dmitri Peskov.

Les chaînes Telegram d’actualités Baza et Mash, réputées proches des forces de l’ordre, ont publié des vidéos montrant au moins deux hommes armés avançant dans le hall et d’autres sur lesquelles on peut voir des cadavres et des groupes de personnes se précipitant vers la sortie.

D’autres images montrent des spectateurs se cachant derrière des sièges ou en train d’évacuer la salle de concert.

Selon le ministère russe des Situations d’urgence, les pompiers sont parvenus à évacuer une centaine de personnes qui se trouvaient dans le sous-sol de la salle. Des opérations sont en cours pour « sauver des personnes se trouvant sur le toit du bâtiment à l’aide d’équipements de levage ».

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a annoncé l’annulation de tous les événements publics ce week-end. Les principaux musées et théâtres de la capitale ont annoncé leur fermeture.

Des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place selon la télévision russe, notamment dans les aéroports.

Cette attaque s’est produite lors d’un concert du groupe de rock russe Piknik.

 

« Actes odieux »

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres « condamne dans les termes les plus forts l’attaque terroriste », a indiqué son porte-parole adjoint. La Maison-Blanche s’est dit « en pensées aux côtés des victimes de la terrible attaque ». La France et l’Italie ont dénoncé des « actes odieux », l’UE et l’Espagne se sont dit « choquées ». De nombreux autres pays ont condamné l’attaque.

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, a affirmé que l’Ukraine, qui fait face depuis deux ans à une offensive militaire russe, « n’a absolument rien à voir » avec la fusillade.

Une unité de combattants russes anti-Kremlin à l’origine de plusieurs incursions armées à la frontière russe ces derniers mois, la Légion Liberté de la Russie, a aussi nié toute implication.

Le renseignement militaire ukrainien a lui accusé « les services spéciaux russes » d’être à l’origine de l’attaque à Moscou afin d’« accuser l’Ukraine et de provoquer “l’escalade” et d’ » étendre » son assaut contre son voisin.

L’ex-président russe Dmitri Medvedev a assuré que Moscou tuerait les dirigeants ukrainiens s’il s’avérait qu’ils étaient impliqués dans cette attaque.

L’ambassade américaine en Russie avait averti il y a deux semaines ses citoyens qu’elle « suivait de près des informations selon lesquelles des extrémistes ont des plans imminents de cibler de grands rassemblements à Moscou, y compris des concerts ».

« Si les États-Unis disposent ou disposaient de données fiables à ce sujet, ils doivent les transmettre immédiatement à la partie russe », a indiqué Maria Zakharova.

La Russie a été la cible de nombreuses attaques par le passé commises par des groupes islamistes.