Québec se prépare pour vivre avec son million en 2050

Publié le 11/03/2015 à 06:36

Québec se prépare pour vivre avec son million en 2050

Publié le 11/03/2015 à 06:36

La population de la région métropolitaine de Québec touchera le million en 2050 et elle a devant elle d’immenses défis pour assurer sa croissance tout en restant une ville agréable. Les acteurs du développement immobilier se sont réunis en colloque à l’Université Laval ce 10 mars, invitant les élus municipaux, les chambres de commerce et la population à définir la vision de ce que sera Québec 2050. Plus de 265 personnes ont participé à l’exercice.

Le transport et la mobilité figurent parmi les enjeux les plus importants pour une région qui a «30 ou 40 ans de retard» en la matière, selon le président du chantier Transport des personnes et des marchandises, Michel Dallaire, aussi président de Cominar et Groupe Dallaire.

La congestion routière est d'ailleurs perçue comme le frein le plus important au développement économique futur de la région par les gens d'affaires selon un sondage Léger.

Déjà, les coûts de la congestion dans la région de Québec sont évalués à 50 M$ par année. Comme le nombre de ménages va augmenter de 18% d’ici 2036 et que le nombre d’habitants passera de 765 000 à un million d’ici 2049, il faudra investir massivement dans le transport en commun pour limiter les problèmes sur le réseau routier.

«Un tramway ou un équipement de grande capacité sera nécessaire en 2050», a fait valoir M. Dallaire, pour qui le SRB (service d’autobus rapide) proposé par la ville de Québec récemment, n’est qu’un bon début et pas une solution de très long terme.

Actuellement, 72% des déplacements à Québec se font en voiture, ce à quoi il faudra mettre un frein en déployant des services de transport en commun rapide. Une proposition du chantier est d’utiliser les voies ferroviaires, notamment celle qui traverse le Pont de Québec, pour le transport de personnes.

La Communauté métropolitaine de Québec s’est donné comme objectif de réduire à 60% la part des déplacements faits en voiture en 2031.

«En 2050, il faudra ramener cette part à 50%», a plaidé M. Dallaire.

Le chantier qu’il préside, et qui a amorcé ses travaux l’automne dernier, a aussi mis en lumière les changements majeurs qui se pointent avec l’arrivée prochaine des autos intelligentes.

«Elles vont transformer nos vies comme Internet a changé nos vies», a-t-il remarqué.

L’auto qui se conduit sans conducteur pourra retourner à la maison pour cueillir l’étudiant après avoir déposé le parent au travail, par exemple. Des entreprises pourraient avoir des autos intelligentes en libre-service, peut-on aussi penser. On peut anticiper un parc automobile réduit du fait qu’il sera plus facile de partager un même véhicule, mais les participants au chantier ont fait remarquer que cela ne va pas pour autant réduire la congestion causée par le volume de déplacements aux heures de pointe. Pour pallier ce problème, l’étalement des heures de travail est préconisé.

Évidemment, les acteurs du développement immobilier font valoir la nécessité de densifier les quartiers centraux et les banlieues de première couronne pour faire face aux besoins en logements. Il a aussi été question de requalifier des parcs industriels situés près des zones urbaines. Le maire Régis Labeaume a toutefois fait remarquer que les coûts de décontamination des terrains sont énormes.

Dans le chantier Ville intelligente et durable, on a rêvé d’une plateforme collaborative public-privé-citoyens pour discuter des projets de développement et favoriser leur acceptabilité sociale. On a imaginé le citoyen de demain comme un vecteur du développement durable par son contrôle de l’information. Ce qui n’a pas semblé convaincre le maire Labeaume.

«Il y a des gens à Québec qui sont contre l’étalement urbain, contre la densification, contre le SRB, contre l’augmentation des gaz à effet de serre… C’est compliqué, car il y a des gens qui sont tout ça en même temps!»

Québec 2050 aura sept pôles de développement économique, dont deux sur la Rive-Sud. Aucun ne devrait dominer un autre, il s’agira plutôt de leur donner une vocation distinctive selon le chantier. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec Alain Aubut s’est toutefois demandé où serait le centre-ville dans ce contexte.

«En quoi est-ce important cette obsession de savoir où est le centre-ville?» a réagi le maire Labeaume, affirmant ne pas se poser la question et en se félicitant de voir des options pour tous les goûts.

En termes démographiques, il n’y a pas que la croissance de la population qui retient l’attention, mais aussi son vieillissement accéléré. Les 65 ans et plus qui représentent aujourd’hui 10% de la population de la région métropolitaine de Québec augmenteront leur poids démographique à 30% en 2050. Et à partir de 2033, il y aura davantage de décès que de naissances – ce sont la migration des communautés rurales vers la ville et l’immigration qui favoriseront la croissance de Québec.

«Le taux de participation au marché du travail va décliner avec le vieillissement, mais le marché du travail va s’adapter. Il se montrera plus flexible pour retenir les gens âgés au travail», a anticipé l’économiste Mario Lefebvre, pdg de l’Institut de développement urbain Québec.

La croissance économique sera considérée bonne à 2% dans ce vieux Québec, où le taux de chômage sera inférieur à 4% et où le salaire moyen passera de 40 000$ à 100 000$ en 2050.

Forcément, les besoins en logement seront différents. La maison individuelle n’aura plus la cote; il s’en construira une pour 5 condos, selon M. Lefebvre.

Pour les finances publiques, on peut imaginer la quadrature du cercle puisque le professeur Yves Duclos du Département d’économie de l’Université Laval anticipe que la part du budget québécois consacré à la santé passera de 44% à 70% en 2050.

 

 

 

 

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