Pourquoi Ubisoft a choisi d'investir 373 M$ chez nous


Édition du 21 Décembre 2013

Pourquoi Ubisoft a choisi d'investir 373 M$ chez nous


Édition du 21 Décembre 2013

Francis Baillet, vice-président affaires corporatives d'Ubisoft

Le jeu vidéo mobile représente une occasion en or pour l'industrie. Et pour prendre ce virage de la dématérialisation, Ubisoft doit investir beaucoup d'argent. Mais où ? Avec 29 studios dans le monde, la multinationale française a l'embarras du choix. Francis Baillet, vice-président affaires corporatives d'Ubisoft, a dû convaincre Paris que, malgré sa structure de coûts plus élevés, Montréal n'avait pas d'égale. Résultat : un investissement de 373 millions de dollars qui créera 500 emplois sur sept ans chez nous.

Les amateurs n'achètent quasiment plus leurs jeux vidéo dans les magasins ; ils veulent jouer en ligne avec leurs amis, affirme M. Baillet dans une entrevue à ses bureaux du Mile-End, à Montréal. Et pas seulement dans leur salon, mais partout. Comme il n'y a que 300 millions de consoles vidéo dans le monde par rapport à 1,2 milliard de téléphones intelligents, on comprend vite le potentiel de la mobilité. En plus, les joueurs veulent interagir avec le développeur ; plus question d'attendre la prochaine version du jeu pour obtenir satisfaction.

«Mais cette nouvelle réalité exige des compétences que les développeurs de jeux n'ont pas, explique M. Baillet, qui a piloté le projet d'investissement. Le 25 décembre, tous nos employés seront en congé, mais il y a plein de gens qui vont jouer avec nos jeux. S'il y a un bogue, qui va leur offrir du support ? Et qui va faire vivre la communauté des joueurs ?»

Tout le monde dans l'industrie est conscient du défi qui se pose. Tous les développeurs savent qu'ils doivent revoir leurs façons de faire et que l'adaptation va coûter cher. M. Baillet a beau insister sur la culture de collaboration chez Ubisoft, il reste que chacun de ses 29 studios commence à se positionner dès le début de 2013.

M. Baillet a deux grosses cartes dans son jeu : Montréal est le plus gros studio d'Ubisoft dans le monde. Et depuis 16 ans, il a constamment dépassé les attentes. Deuxième carte, la qualité de la main-d'oeuvre. Le talent est là à Montréal et, bon an mal an, Ubisoft réussit à attirer les meilleurs et à les garder.

Mais l'actuaire de 45 ans a aussi un deux de pique dans son jeu : en matière de coûts, Montréal ne peut pas rivaliser avec d'autres studios du groupe, ceux en Inde et en Chine, notamment. Et ça presse : Ubisoft doit pouvoir offrir la mobilité à ses clients à temps pour Noël 2013.

Sans savoir ce que les autres studios présenteront, M. Baillet élabore sa proposition. En février 2013, il fait une première présentation à la haute direction d'Ubisoft. En juin, il revient avec une deuxième proposition, plus étoffée. «Le modèle d'entreprise n'existait pas, il fallait tout inventer. C'était complexe», raconte-t-il, faisant entre autres allusion au volet de soutien aux joueurs qu'il met en place.

Montréal présente son projet final au début de l'été : victoire ! Paris accepte le projet ; mais il reste une condition : que le gouvernement montre sa bonne volonté.

Avec à la clé un investissement de 373 millions de dollars et la création de 500 emplois au salaire moyen de 72 000 $, Québec ne se fait pas prier et accorde une aide de 9,9 M$. «Il y avait une pancarte sur la porte du gouvernement : On est ouverts à faire des affaires, caricature M. Baillet. Même avec cette aide financière, on est encore plus cher que d'autres studios d'Ubisoft, mais on a le meilleur projet.»

À partir de ce moment, tout va très vite : M. Baillet envoie la signature du gouvernement à Paris, qui lui répond quelques heures plus tard. C'est dans la poche ! Pauline Marois et les ministres concernés réussissent tous à trouver du temps à leur agenda quelques jours plus tard pour l'annonce officielle, le 30 septembre. En un an, M. Baillet n'aura fait que deux visites à Paris, mais beaucoup de vidéoconférences et de téléconférences.

Seize ans après son arrivée à Montréal, Ubisoft s'apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire.

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