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Plus facile d’exporter au Japon depuis janvier

François Normand|Mis à jour le 15 avril 2024

Des tarifs douaniers ont déjà diminué, et ce, pour trois catégories de produits clés.

Sans tambour ni trompette, l’accès au marché du Japon, la deuxième économie asiatique, s’est amélioré pour les exportateurs canadiens.

Le 30 décembre, le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) -mieux connu sous l’acronyme TPP, en anglais- est entré en vigueur pour les six premiers pays qui ont ratifié l’accord, soit le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, le Mexique et le Japon.

Le PTPGP est aussi entré en vigueur le 14 janvier pour le Vietnam.

Des tarifs douaniers ont déjà diminué dans le cas du Japon, et ce, pour trois catégories de produits stratégiques pour l’économie canadienne, soit le boeuf, le porc et le blé, selon le gouvernement canadien.

Dans le cas du bœuf, les tarifs sur la viande bovine fraîche, réfrigérée et congelée sont passés du jour au lendemain de 38,5% à 27,5%. Ils seront ramenés à 9% d’ici 15 ans, mais ils ne seront pas complètement abolis.

Les producteurs de porc bénéficient également de réductions de tarifs intéressantes.

Par exemple, le tarif préférentiel de 4,3% sur les morceaux de porc frais, réfrigérés et congelés sera aboli d’ici 10 ans. Par contre, il a chuté à 2,2% dès l’entrée en vigueur du PTPGP.

Une bonne nouvelle pour l’industrie porcine québécoise, car le porc est le principal poste d’exportation du Québec au Japon pour une valeur de 365 milliards de dollars en 2017, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Les producteurs de blés de l’Ouest canadien y trouvent aussi leur compte, car ils pourront vendre plus facilement cette céréale sur le marché japonais, notamment parce que les sociétés d’État nippones leur feront plus de place sur le marché.

Le Japon est le quatrième marché d’exportation du Canada

Le Japon est le quatrième marché d’exportation du Canada après les États-Unis, la Chine et le Mexique.

En 2017, les exportations de marchandises des entreprises canadiennes y ont totalisé 11,8 G$CA, soit la moitié de nos exportations en Chine (23,6 G$).

Par contre, le Japon compte dix fois moins d’habitants que la Chine.

Le Canada a toutefois un déficit commercial avec le Japon, qui se creuse depuis 2014 – il a atteint 5,7 G$ en 2017.

Les autres pays membres du PTPGP représentent aussi des marchés intéressants pour le Canada, même s’ils n’ont pas le poids économique du Japon.

Ainsi, les 11 pays du PTPGP -les États-Unis l’ont quitté après l’élection de Donald Trump à la présidence- représentent un bloc de 495 millions de consommateurs et 13,5 % du PIB mondial, soit un peu moins que le poids de la Chine (15,2% du PIB mondial).

Pour l’instant, l’accord de libre-échange ne s’applique pas encore à la Malaisie, au Brunéi, au Chili et au Pérou.

De ce groupe, la Malaise (un pays de 32 millions d’habitants) est de loin le marché le plus intéressant pour le Canada, puisque nous avons déjà le libre-échange avec le Pérou et le Chili.

Quant au Brunéi, il s’agit d’un petit État comptant moins de 500 000 habitants.