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PLQ: «on ne mène pas une campagne camomille!»

La Presse Canadienne|Mis à jour le 26 avril 2024

PLQ: «on ne mène pas une campagne camomille!»

La cheffe libérale Dominique Anglade était de passage dans une maison de soutien aux familles avec une personne handicapée à Saint-Lambert. (Photo: La Presse Canadienne)

Québec — La cheffe libérale Dominique Anglade s’est assurée d’un maximum de visibilité, mercredi, en étant la seule à tenir des activités publiques, ses adversaires étant tous cloîtrés en préparation du débat de jeudi soir.

De passage dans une maison de soutien aux familles avec une personne handicapée à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal, elle a annoncé qu’un gouvernement libéral mettrait sur pied un Secrétariat dédié aux personnes vivant avec un handicap ou un trouble du spectre de l’autisme, afin de «donner une voix à plus d’un million de personnes qui vivent avec une incapacité».

À ses côtés, le candidat libéral dans Laporte, Mathieu Gratton, a livré un vibrant plaidoyer en faveur de cette clientèle. «En tant que société, même si les gens handicapés ne vont pas voter, même si les personnes autistes ne vont majoritairement pas voter, même si les gens avec une déficience intellectuelle ne vont pas voter, il faut, nous, travailler pour leur rendre la vie plus facile», a-t-il dit.

Mme Anglade se propose également de créer une commission d’experts pour se pencher sur la réalité de la transition à l’âge adulte, et ce, jusqu’à l’âge aîné, une vie adulte où très souvent les personnes handicapées sont prises en charge par leurs familles.

Pour ces dernières, le Parti libéral entend bonifier l’offre de répit, quasi-inexistante. Les propositions comprennent également une offre de stages subventionnés en entreprise et la création d’une carte d’identité avec photo pour les personnes ne pouvant détenir un permis de conduire.

Mathieu Gratton a fustigé au passage la promesse faite par François Legault, la semaine dernière, d’investir 100 millions $ pour créer 500 places en centres de répit pour enfants mineurs et majeurs en situation de handicap.

«L’annonce qui a été faite la semaine passée par la CAQ, pour moi et pour les gens sur le terrain, ça ne veut rien dire», a-t-il laissé tomber, déplorant l’absence de consultation du milieu et soulignant que 500 places, cela ne signifie que 30 places par région.

Des demandes fort différentes du milieu

Fait à noter, deux organismes œuvrant dans le domaine avaient invité les cinq partis à se prononcer sur les enjeux qui les touchent de plus près lors d’une rencontre à Trois-Rivières. La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) ne s’y sont pas présentés.

La Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) et la Société québécois de la déficience intellectuelle, qui dénoncent toutes deux le peu d’attention accordé à la situation de leurs membres dans la campagne électorale, ont de longues listes de réclamations à faire valoir.

Cependant, pour cette occasion, elles n’ont pas parlé de répit ou de Secrétariat aux personnes handicapées, mais bien de trois préoccupations majeures et immédiates pour leurs membres, au premier chef l’accessibilité universelle, un dossier dans lequel le Québec accuse du retard et qui laisse certaines personnes handicapées en situation de confinement perpétuel.

L’amélioration du transport adapté venait au deuxième rang de leurs préoccupations, celui-ci étant la clé de la participation citoyenne et de l’inclusion en société et de la capacité des personnes handicapées d’accéder aux services de santé, à l’éducation, au travail et aux loisirs.

Enfin, les deux organisations ont fait valoir que les programmes et mesures de soutien financier de leurs membres n’ont été que timidement indexés alors que l’augmentation du coût de la vie vient appauvrir des personnes dont les revenus sont bien en deçà de la moyenne.

En porte-à-faux avec son parti

Par ailleurs, Mme Anglade a de nouveau été invitée à s’expliquer sur sa volonté d’amener une réforme du mode de scrutin, exprimée en entrevue la veille. Une lettre de son propre parti, envoyée au Mouvement démocratie nouvelle datée du 13 septembre dont Radio-Canada a obtenu copie, dit pourtant exactement le contraire, soit que PLQ n’est pas favorable à l’idée.

«Plus de 60% des gens ne veulent pas de François Legault comme premier ministre. Qu’est-ce qu’on fait collectivement comme Québécois?», s’est-elle interrogée. Invitée à s’expliquer sur le fait que son parti n’est pas du tout sur la même page qu’elle, elle a rétorqué que «le rôle d’un leader c’est exactement ça», soit d’identifier des problèmes et d’amener ses troupes à le confronter.

Elle s’est cependant gardée d’aller jusqu’à se commettre à réaliser une telle réforme si elle est portée au pouvoir.

«J’aimerais ça pouvoir les régler les distorsions d’une manière ou d’une autre, mais je n’ai pas de réponse concrète à vous donner aujourd’hui. Ce que vous avez de ma part aujourd’hui et pour tous les citoyens, c’est une ouverture à avoir cette conversation-là», a-t-elle dit.

Québec solidaire et le Parti québécois se sont déjà dits en faveur d’une telle réforme que le premier ministre sortant, François Legault, a balayée du revers de la main, affirmant que ce n’était pas dans les priorités de son parti ou de la population.

Mme Anglade prévoyait se consacrer à la préparation au débat durant la journée de jeudi et une partie de la journée de mercredi, mais celle-ci était aussi meublée de deux autres sorties médiatiques.

Elle s’est toutefois défendue de profiter du retrait de ses adversaires pour prendre toute la place dans l’espace public, affirmant qu’elle cherchait d’abord à faire avancer ses idées. «On ne mène pas une campagne camomille! On veut encore parler d’enjeux à la veille du débat. Il y a de la préparation qui est commencée et qui va se poursuivre aujourd’hui et demain.»