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Nouveau président à la Conférence internationale du travail

AFP|05 juin 2023

Nouveau président à la Conférence internationale du travail

Le Qatar a été critiqué sur la question des droits de la personne, (Photo: 123RF)

Genève — Le ministre qatari du Travail Ali Ben Samikh Al-Marri a été nommé lundi par acclamation à la présidence de la conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT), malgré les critiques de certains syndicats.

Les présidents de la Conférence internationale du travail sont habituellement nommés par acclamation, mais certains syndicats avaient fait savoir qu’ils préféraient un vote cette fois-ci, estimant que les conditions de travail au Qatar restent un sujet d’inquiétude. 

Malgré ces reproches, le groupe représentant les syndicats n’a pas appelé au vote à l’ouverture de la conférence, qui rassemble jusqu’au 16 juin des milliers de délégués gouvernementaux, patronaux et syndicaux des 187 États membres de l’OIT, une agence de l’ONU.

Comme le veut la coutume, le nom du ministre du Travail du Qatar, qui occupait le poste de vice-président l’an dernier, a été officiellement présenté par la présidente du groupe réunissant les gouvernements, la diplomate allemande Katharina Stasch.

«Cette candidature a été proposée par le groupe Asie-Pacifique, conformément à la rotation régionale en vigueur», a-t-elle dit.

Le groupe patronal a appuyé sa nomination sans faire de commentaire.

Le groupe syndical a également soutenu sa nomination, mais sa présidente, Catelene Passchier, a tenu à souligner que «le Qatar a fait l’objet ces dernières années d’un examen (…) de l’OIT concernant les violations des droits fondamentaux d’un grand nombre de travailleurs migrants à l’approche de la Coupe du monde de football» organisée dans ce pays l’an dernier.

«Nous devons reconnaître», a indiqué cette syndicaliste néerlandaise, que le Qatar s’est depuis engagé auprès de l’OIT et d’autres organisations à mener «des réformes» et «des améliorations ont été apportées sur le terrain».

Le Qatar a été critiqué sur la question des droits de la personne, notamment le traitement réservé aux travailleurs migrants d’Asie du Sud et d’Afrique, mais a démenti que des milliers d’entre eux aient trouvé la mort sur les chantiers du Mondial.

Après le Mondial, «des syndicats ont exprimé de sérieux doutes quant à l’engagement du Qatar» pour faire respecter les droits des travailleurs migrants, a relevé Mme Passchier.

«Cela a conduit ces dernières semaines et ces derniers jours à des conversations approfondies» avec le Qatar, en partie sous la direction de l’OIT, a-t-elle fait valoir, félicitant le Qatar «d’avoir renforcé son engagement auprès de l’OIT et du mouvement syndical international».

Mais elle a souligné l’importance d’accélérer les réformes.

Prenant ensuite la parole, le ministre du Travail du Qatar a souligné que son pays avait notamment introduit un salaire minimum et amélioré les conditions des travailleurs domestiques.

«Nous savons qu’il y a encore du travail à faire et nous nous engageons à le faire», tout en affirmant que le dialogue social serait adapté à la «réalité» du pays, a-t-il dit.