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L’Ontario crée sa propre «banque de l’infrastructure»

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

L’Ontario crée sa propre «banque de l’infrastructure»

«Lla banque attirera des investisseurs institutionnels de confiance pour aider à financer des infrastructures essentielles qui autrement ne seraient pas construites», a déclaré jeudi le ministre des Finances de l’Ontario, Peter Bethlenfalvy. (Photo: La Presse Canadienne)

L’Ontario propose de lancer sa propre banque d’infrastructures – avec un financement public initial de 3 milliards de dollars (G$) – afin d’aider à payer la facture des projets de foyers de soins de longue durée et de transport, alors que le ralentissement de la croissance économique maintient la province dans les déficits.

La Banque de l’infrastructure de l’Ontario, annoncée jeudi dans l’exposé économique de l’automne du gouvernement, serait une agence indépendante, régie par un conseil d’administration.

Elle permettrait aux régimes de retraite du secteur public et à d’autres investisseurs institutionnels «de confiance» de participer à des projets d’infrastructure à grande échelle — et de contribuer à financer ce que le gouvernement considère comme un déficit d’infrastructures en Ontario.

La Banque de l’infrastructure réduirait les risques associés aux projets complexes à long terme et offrirait des conditions de financement plus flexibles aux investisseurs, a indiqué le gouvernement de Doug Ford.

Cela permettrait également au gouvernement d’emprunter moins pour financer ces projets, réduisant ainsi les dépenses consacrées au service de la dette.

Le gouvernement fédéral avait créé en 2017 la Banque de l’infrastructure du Canada, dotée au départ d’un capital de 35 G$.

«À l’instar de nombreux autres gouvernements dans le monde possédant des entités similaires, la banque attirera des investisseurs institutionnels de confiance pour aider à financer des infrastructures essentielles qui autrement ne seraient pas construites», a déclaré jeudi le ministre des Finances de l’Ontario, Peter Bethlenfalvy.

«Le Canada est réputé pour avoir l’un des systèmes de retraite les plus solides au monde, y compris les ’Maple Eight’, les huit plus grands fonds au Canada et certains des investisseurs les plus influents dans le monde. Ces fonds nous ont indiqué qu’ils recherchaient davantage d’occasions d’investir l’épargne des travailleurs au Canada.»

Le gouvernement progressiste−conservateur prévoit dépenser 185 G$ au cours des 10 prochaines années pour des infrastructures telles que des routes, du transport en commun et des hôpitaux. La Banque de l’infrastructure se concentrera initialement sur les foyers de soins de longue durée, les infrastructures énergétiques, les logements abordables, les transports et les infrastructures communautaires, a indiqué le gouvernement.

 

Déficits plus importants 

Cette nouvelle agence constitue l’élément le plus coûteux de l’exposé économique de l’automne du gouvernement ontarien, déposé jeudi par le ministre Bethlenfalvy.

Cette mise à jour financière révèle également un déficit plus important pour cet exercice financier, ce qui retarde d’un an le retour à l’équilibre budgétaire prévu par le gouvernement Ford.

Le budget du printemps dernier prévoyait un déficit de 1,3 G$ cette année, puis un retour à l’équilibre en 2024−2025, avec un léger excédent. Mais la mise à jour de jeudi prévoit plutôt un déficit de 5,6 G$ cette année et de 5,3 G$ l’année prochaine, puis un léger excédent en 2025−2026.

Le gouvernement Ford explique que cette révision est due au ralentissement de la croissance économique, qui entraîne une baisse des recettes fiscales. Par ailleurs, l’Ontario ajoute 2,5 G$ à son fonds de prévoyance pour cette année, portant le total à 5,4 G$, afin d’atténuer les risques économiques à court terme.

«Une inflation élevée et les augmentations rapides des taux d’intérêt de la Banque du Canada pèsent sur les perspectives de l’Ontario pour le reste de cette année et pour l’année suivante, a expliqué le ministre Bethlenfalvy. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et l’horrible attaque terroriste contre Israël, récemment, signifient une incertitude géopolitique toujours accrue.»

Le ratio dette nette/PIB devrait désormais s’établir à 38,4% cette année en Ontario, en hausse par rapport aux 37,8% projetés dans le budget du printemps.

Le gouvernement Ford a également annoncé jeudi qu’il ajoutait 100 millions de dollars (M$) à son Fonds pour investissements Ontario, destiné à attirer les entreprises, notamment dans les secteurs de la fabrication de pointe, de la technologie et des sciences de la vie. Ce fonds sera maintenant doté d’une enveloppe totale de 500 M$. 

Allison Jones et Liam Casey, La Presse Canadienne