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L’OIIQ suspend l’entrée en vigueur de son examen d’admission

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

L’OIIQ suspend l’entrée en vigueur de son examen d’admission

l’Ordre a indiqué vouloir attendre la modernisation annoncée du programme collégial en soins infirmiers, menée par le ministère de l’Enseignement supérieur et à laquelle elle participe, pour se pencher sur la question. (Photo: La Presse Canadienne)

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) met sur la glace son idée de recourir à un nouvel examen, une adaptation du test d’admission américain connu sous l’acronyme NCLEX−RN. Celui−ci devait être administré aux candidats et candidates à la profession dès le printemps prochain. 

À la toute fin d’un communiqué diffusé mercredi, l’Ordre a indiqué vouloir attendre la modernisation annoncée du programme collégial en soins infirmiers, menée par le ministère de l’Enseignement supérieur et à laquelle elle participe, pour se pencher sur la question.

«L’OIIQ compte terminer ces travaux avant de poursuivre toute réflexion concernant l’examen NCLEX−RN. Il suspend donc ses actions en cette matière», a-t-on indiqué.

La formule de l’examen d’admission actuel a fait controverse au cours des derniers mois.

Au terme de son enquête, le commissaire à l’admission aux professions, Me André Gariépy, avait conclu que 500 candidates auraient dû obtenir la note de passage si l’on n’avait pas appliqué le facteur de «l’erreur de mesure». Une décision qui a repoussé leur entrée dans le système de santé québécois, les forçant à repasser l’examen.

Parmi les autres failles importantes de l’examen, le commissaire avait aussi soulevé que plus de 12% des questions comportaient des problèmes de construction ou de clarté. L’Ordre avait alors répliqué que des experts avaient révisé les questions, et que leur niveau de difficulté «(reflétait) la complexité» de la profession.

À la suite des trois rapports d’enquête du commissaire à l’admission aux professions, l’OIIQ maintient toujours que son examen n’est pas le seul responsable des taux d’échec anormalement élevés des séances de septembre 2022 et de mars 2023.

Une demande d’action collective a d’ailleurs été déposée au tribunal le mois dernier contre l’OIIQ, au nom des candidates et des candidats ayant échoué à l’examen.

Les relations médias de l’OIIQ ont décliné la demande d’entrevue de La Presse Canadienne avec le président de l’Ordre, Luc Mathieu. «Comme précisé dans notre communiqué de presse, nous allons nous en tenir aux lignes du communiqué», a-t-on précisé dans un courriel.

 

Accompagnement 

Dans son communiqué de mercredi, l’OIIQ a rappelé que les candidates et candidats ont «bénéficié de mesures d’accompagnement incluant l’accès gratuit aux outils de préparation à l’examen, la diffusion de la liste de thèmes et de la table des spécifications utilisée pour la sélection des questions prévues, ainsi que la diffusion des informations complémentaires pour l’aide à la préparation».

«L’OIIQ accorde une grande importance à l’avenir de la profession ainsi que des infirmières et infirmiers de la relève. Il a à cœur l’amélioration, le plus rapidement et efficacement possible, du processus de l’examen d’admission à la profession, de sorte que la population québécoise puisse bénéficier d’un nombre maximal d’infirmières et infirmiers aptes à exercer et capables d’offrir des soins sécuritaires, de qualité et humains sur le terrain», a avancé le président de l’Ordre, Luc Mathieu.

Le 17 octobre dernier, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a annoncé sur X qu’elle avait demandé à l’Office des professions «de nommer un contrôleur à la gouvernance» chargé d’accompagner le conseil d’administration de l’OIIQ. La ministre laissait alors planer le spectre d’une tutelle sur l’Ordre.

L’ancienne protectrice du citoyen Marie Rinfret a depuis été nommée pour accompagner le conseil d’administration de l’OIIQ à redresser sa gouvernance. Un rapport devrait être déposé en ce sens à la fin novembre, a fait savoir le cabinet de Mme Lebel, qui se fiera sur ce document pour déterminer la suite des choses.

Dans son communiqué diffusé mercredi, l’OIIQ a indiqué que 63% des 3081 candidats ont réussi l’examen d’admission, qui s’est déroulé en septembre dernier. Ceux qui s’y soumettaient pour une première fois ont réussi dans une proportion de 69%.

Ce faisant, l’Ordre accueillera 1940 nouveaux membres dans ses rangs.

− Avec des informations de Ugo Giguère, La Presse Canadienne 

Marie−Ève Martel, La Presse Canadienne