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Les primes annuelles des patrons de Metro augmentent

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Les primes annuelles des patrons de Metro augmentent

La flambée de l’inflation alimentaire a donné un élan aux ventes de l’épicier. (Photo: La Presse Canadienne)

Les primes annuelles des cinq plus hauts dirigeants de Metro ont augmenté de 13,7% tandis que la flambée de l’inflation alimentaire a donné un élan aux ventes de l’épicier.

Au total, les cinq dirigeants de la société montréalaise se sont partagé une rémunération totale de 13,2 millions de dollars (M$) au cours de l’exercice 2022 (terminé le 24 septembre), selon des documents réglementaires publiés par l’entreprise. Il s’agit d’une augmentation de 4% par rapport à la même période l’an dernier.

L’augmentation de leurs primes annuelles, une composante de la rémunération liée au rendement de l’entreprise, a toutefois été plus généreuse tandis que les ventes de Metro ont profité de l’inflation alimentaire.

Les cinq dirigeants se sont partagé un montant de 3,7M$ en primes annuelles, une progression de 13,7% par rapport à l’an dernier.

Pour sa part, le président et chef de la direction, Eric La Flèche, a obtenu une rémunération totale de 5,4M$, ce qui représente une augmentation de 6,8%. Sa prime annuelle a bondi de 15% à 1,5M$.

Dans la circulaire envoyée aux actionnaires, Metro explique que le conseil d’administration de la société a établi des «cibles élevées de ventes» pour déterminer le montant des primes. L’entreprise explique que ces cibles ont été dépassées durant la seconde moitié de l’exercice «puisqu’une inflation alimentaire significative a stimulé les ventes et a accéléré un déplacement des consommateurs vers les magasins à escompte, ce qui a été positif pour nos bannières à escompte».

En 2022, les revenus de l’entreprise, qui compte les enseignes Metro, Jean Coutu et Super C, se sont établis à 18,9 milliards de dollars (G$), une progression de 3,3%. Le bénéfice net, pour sa part, a augmenté de 2,9% à 849,5M$.

En septembre, au moment de la fin de l’exercice de Metro, l’inflation alimentaire s’établissait à 10,3% au Canada, selon les données de Statistique Canada.

Les ménages ne sont probablement pas arrivés au bout de leur peine à l’épicerie, selon des prévisions de l’équipe d’économistes du Mouvement Desjardins. L’inflation dans le segment alimentaire atteindra 5,6% en 2023, en moyenne. De 10,3% en novembre dernier, le rythme devrait se modérer 3,2% en décembre 2023.

Au moment où les grands épiciers canadiens sont montrés du doigt en raison de la flambée des prix des aliments, Metrose défend d’en tirer profit, tandis que ses marges sont demeurées relativement stables.

Malgré une augmentation des revenus de 8,3% à 4,4G$ au quatrième trimestre de son exercice 2022 (terminé le 24 septembre), la marge brute est demeurée stable. Elle atteint 20,4%, le même seuil que l’an dernier. À titre comparatif, la marge brute était de 20,2% en 2019, avant la pandémie.

Lors du dévoilement des plus récents résultats trimestriels en novembre dernier, la direction mentionnait qu’elle avait dû composer avec des pressions inflationnistes, notamment pour le transport et la main-d’œuvre.

Les grands épiciers canadiens font l’objet d’une étude du Bureau de la concurrence annoncée à la fin octobre. La démarche survient dans un contexte où l’inflation alimentaire s’intensifie, malgré une modération de l’inflation générale.