Les nouveaux philanthropes


Édition du 25 Novembre 2017

Les nouveaux philanthropes


Édition du 25 Novembre 2017

Par Benoîte Labrosse

C'est au sein de la génération Y (de 1980 à 1995) que les dons ont connu la hausse la plus marquée depuis 2013, selon «L'étude sur les tendances en philanthropie au Québec en 2017» publiée par Épisode. La firme montréalaise d'experts-conseils en collecte de fonds note que cette montée pourrait entre autres s'expliquer par l'«émergence d'une culture philanthropique». Les milléniaux apportent également de nouvelles façons de lever des fonds par rapport aux générations précédentes.

La Fondation Québec Philanthrope, qui gère un capital de 75 millions de dollars pour plus de 620 fonds consacrés à différentes causes un peu partout dans la région de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, est aux premières loges pour le constater. «Pour créer un fonds, il faut 10 000 $, et je vois de plus en plus de jeunes qui réalisent plusieurs activités de financement afin de recueillir cette somme, affirme sa directrice générale, Karen Bouchard. Leur motivation est très élevée. C'est extrêmement inspirant, surtout que leurs causes sont très variées : environnement, sport, jeunesse, etc.»

L'émergence des comités jeunesse

L'autre hypothèse d'Épisode expliquant l'augmentation des dons chez les 21-36 ans - trois sur cinq ont donné en 2016 - est le «développement récent par les organismes de nombreuses activités pour atteindre cette génération». Ceux-ci sont en effet de plus en plus nombreux à mettre sur pied des groupes de bénévoles qui se consacrent à repenser leurs événements-bénéfices. L'objectif est d'y attirer les professionnels de moins de 40 ans, âge limite de la jeunesse dans ce contexte, selon l'Institut Mallet pour l'avancement de la culture philanthropique.

La Fondation En Coeur, qui offre de l'aide directe aux enfants cardiaques et à leurs familles, a par exemple lancé, le 17 août, son Comité Jeunes Philanthropes En Coeur. «Nous voulons solliciter nos futurs grands donateurs au début de leur carrière, afin qu'ils demeurent longtemps avec nous et qu'ils deviennent nos ambassadeurs dans leurs réseaux», explique la directrice générale Sylvie Gérin-Lajoie. La présidente du comité, Carla Rodrigues, 35 ans, directrice principale chez Randstad Canada, a d'ailleurs elle-même approché la douzaine de membres. Pour plusieurs, il s'agit d'une première expérience philanthropique. «C'est très intéressant pour nous, parce qu'ils apportent une certaine fraîcheur, énormément d'énergie et une façon différente de voir», souligne Mme Gérin-Lajoie.

Le coup d'envoi du comité s'est ainsi fait en formule 5 à 8, avec DJ et bières de microbrasseries. «Les jeunes professionnels ont plus tendance à inviter leurs amis et leur réseau à ce genre d'événement, alors que les dirigeants d'entreprise plus âgés convient souvent leurs clients à notre souper-bénéfice gastronomique plus formel», remarque Samuel Malo, conseiller événements et communications chez En Coeur. Une formule qui séduit de plus en plus cette génération selon un sondage d'Épisode : «La gastronomie prend de plus en plus de place pour les Y (...) qui apprécient beaucoup plus les soupers-bénéfice qu'en 2013.»

Transformer les participants en donateurs

Toujours selon Épisode, les activités de collecte de fonds les plus prisées des générations Y et Z (nés après 1995) sont les défis sportifs. Un constat encourageant pour l'organisme Pour 3 Points (P3P), qui forme des coachs sportifs afin qu'ils deviennent des coachs de vie auprès de leurs jeunes athlètes. Leur tournoi de basketball a ainsi réuni cette année 16 équipes de quatre personnes, qui ont amassé 17 396 $.

«Chez les jeunes philanthropes, l'aspect expérientiel est très important ; ils ont besoin de participer à des événements, note Ericka Alneus, conseillère au développement philanthropique chez P3P. Ils n'ont pas la même relation aux dons que les personnes plus matures, qui ont été habituées à la charité.»

L'organisme montréalais fait d'ailleurs une distinction entre les participants à ses activités- bénéfices et les donateurs à sa campagne annuelle. «L'enjeu est de faire progresser les jeunes participants ponctuels en donateurs à long terme, observe Mme Alneus, notamment en leur proposant des événements thématiques conçus telles des " portes d'entrée " à la cause.» La récente soirée High School Dance a attiré plus de 600 personnes - et a permis à P3P de récolter 37 000 $ en faisant appel à leur nostalgie.

Omniprésente technologie

Sans surprise, les réseaux sociaux prennent une importance grandissante dans ce secteur. «Instagram et Facebook sont d'excellents moyens d'humaniser notre cause en racontant nos histoires», illustre Mme Alneus. Leur vitesse de diffusion est aussi très appréciée des organismes. «Les jeunes philanthropes réussissent à collecter énormément de sous en quelques jours et à mener des campagnes de promotion très efficaces en ligne», se réjouit Mme Bouchard.

La Fondation En Coeur mise beaucoup sur les outils technologiques pour attirer la relève philanthropique. «Cette année, nous avions une application pour notre souper gastronomique, qui permettait d'en apprendre plus sur les personnalités présentes et de miser à l'encan silencieux à partir de son téléphone, détaille M. Malo. C'était une solution de paiement rapide, et les gens ont adoré le côté interactif. Nous avons reçu d'excellents commentaires des plus jeunes là-dessus !»

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